Chez Simonæ, vous le savez maintenant, parler de femmes que nous admirons nous tient à cœur, et l’interview est pour cela le meilleur moyen. Et pour moi, la première, la meilleure, celle dont il faut parler, c’est elle : ma maman, fiduciaire indépendante et inspirante.

Tout d’abord, quelle est ta formation ?

J’ai suivi une formation à l’École de Commerce Supérieure de Sierre, en Suisse. C’était plutôt un choix par défaut, puisqu’à 15 ans je ne savais pas encore ce que je voulais faire. J’ai hésité entre plusieurs possibilités, entre autres professeure, et j’ai opté pour la comptabilité : ça avait l’air sympa, j’avais de bonnes capacités scolaires et j’ai suivi le mouvement. Ce n’était pas une révélation, je ne savais pas vraiment ce que je souhaitais et je suis partie là-dedans.

Raconte-moi un peu ton parcours.

J’ai été employée dans diverses entreprises en qualité de comptable, jusqu’à mes 30 ans, à la naissance de mon premier enfant. J’ai ensuite arrêté pendant 2 ans de travailler, puis mon mari et moi avons repris une cave et exploité l’œnothèque que nous avons construite (lieu de dégustation et de vente de vin) ensemble. J’ai au début participé au service et à la vente puis ai repris la partie administrative de l’entreprise. 7 ans et 2 enfants plus tard, j’ai dû quitter l’entreprise suite à l’échec de notre couple et j’ai retrouvé rapidement du travail à temps plein dans mon métier. Cependant, ma soif d’indépendance et ma lassitude de travailler pour des gens qui confondaient chiffre d’affaires et bénéfices m’ont poussée à créer ma propre fiduciaire en 2013.

Et aujourd’hui, comment ta vie professionnelle a-t-elle évolué ?

Mon entreprise, qui fonctionne au-delà de mes espérances, m’a permis d’engager du personnel à temps partiel, et de former une apprenante depuis octobre 2015. On m’a accordé une confiance quasiment illimitée lorsque j’ai débuté dans ma vie professionnelle et il est important pour moi à présent de transmettre mes compétences.

En 2014, je suis retournée sur les bancs de l’école afin d’obtenir le Brevet fédéral de spécialistes en finance et comptabilité. Il me permettra d’offrir de meilleures prestations à mes clients, du point de vue des conseils et des compétences.

Florence

« Florence, indépendante et battante. » Illustration de Florence avec une tasse de café à la main, un ordinateur, un téléphone portable et un stylo autour d’elle.

Quelles ont été tes motivations ?

La première de mes motivations est l’envie lire la fierté dans les yeux de mes enfants, qui ont aujourd’hui 18, 16 et 13 ans, et que j’ai dû élever seule depuis 9 ans.

La seconde est, comme je l’ai dit plus tôt, ma soif d’indépendance…

Et tes difficultés ?

Tout d’abord, en se lançant en indépendante, on n’a plus de patron·ne, et donc plus personne à qui se référer. C’est toutefois un point qui a beaucoup de positif également car être capable de répondre seule à ses interrogations et à celles des client·e·s, c’est très valorisant, et on gagne beaucoup en confiance en soi.

De plus, c’est compliqué de travailler à temps plein (en Suisse, de 40 à 42 h et demi, selon la profession) et de gérer à la fois 3 enfants, une maison et des cours, qui demandent beaucoup d’investissement.

La comptabilité est plutôt un milieu d’hommes. Est-ce que tu en as souffert, ou même as-tu été confrontée au sexisme à cause de ton travail ?

Oui. En tant que femme, dès qu’on est à un bureau, on est une secrétaire, là pour faire les cafés aux clients, ou passer l’aspirateur si les agent·e·s d’entretien ne sont pas disponibles un jour, et ceci malgré l’âge et les qualifications moins élevé·e·s des autres collaborateurs masculins.

Cependant, depuis que j’ai créé ma propre entreprise, je ne suis plus confrontée à tout cela. Je suis prise au sérieux.

Quels sont les conseils que tu donnerais à celleux qui aimeraient faire de même ?

Je ne peux que les encourager et leur rappeler cette belle citation :

Toujours rechercher la difficulté, non pas le danger. Aller de l’avant, tenter, oser… dans l’audace il y a l’enchantement.