Aujourd’hui en France, environ 15% de la population est considérée comme obèse et près d’un·e français·e sur 2 est en “surpoids”. ( Ces chiffres sont obtenus grâce à l’IMC qui, on le sait, est loin d’être une science exacte).
Egalement, au 1er janvier 2016, on dénombrait un peu moins de 200 000 médecins (toutes disciplines confondues) en France.
Le rapport entre ces différents chiffres?
Aucun, si ce n’est que sur les réseaux sociaux il semble y avoir beaucoup plus de médecins que ce qu’annoncent ces statistiques.

En effet, rare sont les personnes obèses qui n’ont jamais reçu de messages de gens supposément concernés par leur poids au point de s’inquiéter pour leur santé!

“Tu devrais faire du sport au lieu de manger des hamburgers. C’est pour toi que je dis ça hein”

“T’es pas grosse, t’es en train de mourir.”

“Mange une salade plutôt que des pâtes, c’est meilleur pour toi”

“T’as pas honte de montrer ça à tou·te·s tes abonné·e·s? Tu vas les influencer à être en mauvaise santé”

Autant de mots doux reçus uniquement parce que des gros·ses osent poster des photos d’elleux.
Si on se réfère à toutes ces personnes qui semblent avoir des connaissances étendues sur l’obésité, la population de médecins sur Twitter doit approcher des 3 millions, au bas mot. Ca ne colle pas avec les 200 000 évoqués précédemment…

MAIS ALORS, iels ne seraient pas dans le domaine médical ? On nous aurait menti ?
Iels seraient donc “seulement” grossophobes.

GROSSOPHOBIE : oppression systémique des personnes grosses, par les aménagements publics et médicaux, les médias, les insultes quotidiennes…

“Dégraisse parce que tu vas avoir des problèmes pour respirer dans quelques années”

“Tu fais la promotion de l’obésité, tu fais du mal aux personnes qui te suivent”

“Oublie Twitter et va faire un jogging”

“Tu vas mourir bientôt vu la gueule que doit avoir ton coeur”

“C’est normal qu’on s’acharne sur toi, tu dois prendre conscience de ton problème”

Ces professionnel·le·s de l’obésité paraissent d’ailleurs faire une fixation sur celle-ci.
Alors que je prenais la parole sur tout autre chose (l’affaire sur le technicien d’Orange et le harcèlement à domicile), j’ai personnellement reçu 285 messages privés.
Environ 95% d’entre eux parlaient de mon poids. Aucun rapport avec le sujet de base, donc.

Sous couvert d’une bienveillance toute relative “c’est pour toi que je dis ça”, certaines personnes participent non seulement à une culture du harcèlement plutôt bien rodée (“C’est pas du harcèlement, je n’ai envoyé qu’un seul message”… x 285) mais également à la grossophobie du système.

Mais comme on me l’a si bien dit, “La grossophobie n’existe pas, grosse vache”.