Le meilleur moment de la journée, pour certaines personnes qui ont des seins, c’est parfois, en rentrant de l’école ou du travail, celui où l’on se débarrasse de son soutien gorge. La cage thoracique se libère, et on peut enfin respirer. Mais en fait, pourquoi on se casse la tête à en mettre ?

Certes, le soutien-gorge convient à beaucoup de gens. Mais ses fervent·e·s défenseureuses auront beau accuser la qualité de l’attirail, une taille mal adaptée ou une mauvaise volonté, il y a juste des gens pour qui ça ne marche pas. Et ce n’est vraiment pas grave.

Une vie sans soutien-gorge, c’est d’abord une vie faite d’économies. On ne peut en vouloir à personne de penser à ses sous. Et puis, il ne faut pas se le cacher, des seins en liberté, c’est carrément joli, et ça peut être empowering.

J’ai arrêté les soutien-gorge il y a déjà quelques années parce qu’ils me faisaient mal aux côtes, quelque soit leur taille ou le prix que j’y mettais. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans mon corps que depuis que je m’en suis débarrassée.

Et là vous me direz : « Mais Eva-Luna, tu dis ça parce que tu fais partie du club des tiny titties, en vrai, c’est impossible pour des gros seins ! » Eh bien, ne vous y trompez pas ; vous avez l’approbation d’Aleeshay, pour vous encourager, si vous le voulez : « J’ai arrêté de porter des soutiens-gorge cet été. Après plusieurs mois à galérer pour trouver ma taille, j’en ai eu assez. Je commençais déjà depuis un moment à ne plus supporter ce sentiment de compression que me procuraient les soutiens-gorge, et du jour au lendemain j’ai tout bonnement laissé tomber. J’avais peur d’avoir du mal à respirer ou d’avoir mal au dos à cause du poids de ma poitrine mais au contraire, je respire tellement mieux depuis que j’ai pris cette décision ! »

 

Quand les dessous se font politiques

Le véritable obstacle à une vie épanouie sans soutien-gorge, c’est bien le regard des autres. Parce qu’apparemment, ce qui est caché sous nos vêtements est l’affaire de tou·te·s, et en particulier de celleux qui n’ont rien à dire dessus. Enfin, comme si c’était une nouveauté. Du fameux « T’as oublié quelque chose ce matin ? » au carrément grotesque « C’est dégueulasse ce que tu fais » (merci petit frère), il y en a pour tous les goûts et tous les tempéraments.

On peut également citer en parfait exemple de manque de goût ce récent article paru sur le Huffigton Post, qui prouve que les tétons féminins sont encore un tabou, alors que ce ne sont littéralement que des bouts de corps. Les mêmes que ceux des personnes assignées hommes à la naissance ; même si la censure, notamment sur les réseaux sociaux, s’évertue à faire croire le contraire. Le marché des cache tétons notamment, réservé exclusivement aux femmes, est symptomatique de ce problème. Comme si on avait besoin que l’idée même du téton féminin soit absorbée et dissoute dans le néant de ces ronds couleur chair d’un ennui terrible.

Et au pire, si on vous assène toujours qu’il faut les cacher, on ne peut que vous conseiller ceci :

 

Dita Von Teese

shake it off