Ce n’est pas un secret : voyager seul·e en étant identifié·e meuf peut faire très peur. Mais être seul·e, c’est aussi une très belle façon de voyager. On ne dépend que de ses propres horaires, on fait ce que l’on veut, et on est plus motivé·e à rencontrer des gens. Et quoi de mieux pour rencontrer des gens que de dormir sur leur canap’ ? Comme première approche, on fait pas mieux.

C’est ce que propose la fameuse plateforme Couchsurfing, qui en 2012 recensait 4,8 millions d’utilisateurices. Le principe est simple : prêter son canap’ à un voyageur pendant quelques nuits, et en échange, avoir soi-même accès à des millions de canap’ dans le monde.
J’entends déjà crier : « Mais c’est super dangereux ! », « Mais tu vas te faire cambrioler ! »…
Oui, le couchsurfing demande une certaine confiance en l’autre, et ce n’est bien sûr pas la tasse de thé de tout le monde. Mais si vous êtes prêt·e·s à tenter l’aventure, voici les conseils d’une nana qui a été des deux côtés du canapé.

Sécurité

Je n’héberge que des femmes. Je n’ai toujours hébergé que des femmes et ce sera toujours le cas, même si je vis aujourd’hui avec mon copain. La première raison était une raison de sécurité pour moi, puisque je vis dans un studio et que les couchsurfers dorment sur un matelas au pied de mon lit. Maintenant, je continue d’appliquer cette règle parce que je sais que beaucoup de voyageuses préfèrent – pour des raisons évidentes – être hébergées par une femme.
Bien sûr, cette règle, qui est marquée en gros et en gras sur mon profil, m’a apporté quelques disputes, mais la plupart des gars se montrent compréhensifs et passent leur chemin. Il y aura toujours quelqu’un qui prendra Couchsurfing pour une application de rencontres, mais face à ceux-là, l’ignorance est la meilleure des réponses.

Lorsque vous recherchez un·e hôte·sse, les premières choses à regarder sont les références qu’ont laissé les autres membres de la communauté sur son profil ; c’est la meilleure façon de s’assurer que quelqu’un·e est safe. Si iel a de mauvaises références, ou pas du tout de références, il est préférable de s’abstenir. Oui, ça fait un peu « il faut de l’expérience avant d’avoir de l’expérience », mais votre sécurité est plus importante.
Rencontrez votre hôte pour la première fois dans un lieu public, avant d’aller chez ellui.
Ayez un plan B : une auberge de jeunesse que vous connaissez à proximité, ou un·e autre hôte·sse qui pourrait vous héberger en urgence au cas où vous avez un problème – bien sûr, prévenez læ qu’iel est votre plan B avant, en lui demandant si ce statut lui va.

Trouver l’hôte·sse parfait·e

C’est un travail fastidieux, mais cela permet aussi de créer des moments et des rencontres mémorables.

La requête que vous envoyez est décisive. La langue utilisée sur Couchsurfing est l’anglais. N’envoyez pas de message copié/collé : il ne sera même pas lu. Vous vous adressez à des êtres humains, vous ne réservez pas un hôtel. Tou·te·s les hôte·sse·s sont différent·e·s, et adaptez vos messages en conséquence. Vérifiez également que vos dates sont compatibles avec la personne, car les couchsurfers ont tendance à voyager beaucoup. Lisez attentivement leur profil, et essayez de lancer un sujet de conversation sur quelque chose qui a retenu votre attention, que vous pensez pouvoir partager avec la personne, racontez une histoire drôle. Par exemple, beaucoup de couchsurfers sont végétarien·ne·s/véganes, et aiment échanger des recettes. Pourquoi pas parler de votre plat préféré, et proposer de cuisiner ensemble ?
Ne vous offusquez pas si vous n’obtenez pas de réponse : les hôte·sse·s dans les grandes villes reçoivent de dix à vingt demandes par jour, et répondre à toutes les demandes est un travail épuisant que beaucoup de personnes ont abandonné, surtout pour dire non.
Envoyez votre requête deux à trois semaines avant votre voyage. Oui, beaucoup de gens aiment tout planifier longtemps à l’avance, mais les hôte·sse·s ne savent pas s’iels seront chez elleux ce jour là dans trois mois, et ne pourront donc pas être sûr·e·s de vous accepter.
Enfin, cela peut paraître évident pour certain·e·s, mais apporter un petit quelque chose à une personne qui vous héberge gratuitement est la moindre des choses : de la nourriture ou une bouteille traditionnelle de chez vous, un bijou que vous avez réalisé vous-même, une chanson que vous improvisez, ça fait toujours plaisir et ça montre que vous êtes reconnaissant·e. À un hôte qui nous hébergeait en urgence avec trois amies à Amsterdam, par exemple, nous avions écrit un petit livre de recettes vegan, car nous avions parlé de cuisiner ensemble mais n’avions pas eu le temps.

Tout cela peut paraître très compliqué, mais une fois que c’est assimilé, on ne retient que les bons moments: ce n’est que grâce à Couchsurfing qu’on se retrouve à faire du naturisme à Amsterdam, à organiser une soirée salsa où l’on parle quatre langues pour la Saint-Valentin, ou à boire un verre de vin sur la butte Montmartre avec une nouvelle meilleure amie. J’espère sincèrement que vous tenterez l’aventure, vous aussi !