Oui, c’est vrai ça, pourquoi ? On nous a longtemps dit d’en faire pour maigrir ou rester mince ;  on sait aujourd’hui que le sport ne fait pas nécessairement maigrir. Scoop il est vrai, Teddy Riner étant connu pour sa silhouette ascétique, tout comme Emilie Andéol, tous deux… Champions olympiques de judo en 2016. Oups.

Mise à jour du 12/09 15h : Suite aux remarques d’un·e lecteurice, nous avons modifié la partie sur le sentiment d’accomplissement qui était validiste.

Valides, non-valides, validisme ?

De la même manière que le discours s’adressant “à tout le monde” s’adresse le plus souvent à la majorité cis-blanche-het, le validisme est son équivalent en terme de santé. On part souvent du principe, sans penser à mal, que tout le monde est valide. Que cette jeune femme qui prend l’ascenseur pour un étage, c’est une fainéante, et que cet homme qui ne se lève pas de son strapontin alors que le métro est bondé aussi. Bravo, vous venez d’être prise en flagrant délit de validisme ! Pas de soucis, ça arrive à tout le monde, et le principal c’est de s’en rendre compte et de revoir ses a priori.

Mais comment se fait-ce ?

(je sais que vous l’avez lu autrement)

Votre corps est un cellier. Un très beau cellier, mais un cellier. Quand vous vous faites à manger, vous trouvez relativement logique de piocher d’abord dans vos ressources fraîches plutôt que dans les conserves, n’est-ce-pas ? C’est pareil avec votre corps ; il va chercher ce qu’il peut puiser immédiatement, c’est-à-dire le sucre, notre carburant principal, avant d’aller chercher dans nos réserves de graisse.

Il est donc bien plus simple de sauter un repas pour brûler 500 grammes que d’aller courrir 2 heures. Notez que je ne vous conseille PAS de sauter un repas ; votre corps a besoin d’énergie de manière régulière au long de la journée. Quand vous ressentez la sensation de faim, c’est que votre corps réclame du carburant. Vous ne rouleriez certainement pas avec la loupiote du réservoir d’essence allumée ; il en est de même avec votre corps.

Du coup, si maigrir n’est pas l’objectif principal, pourquoi faire du sport ? Voici une petite liste personnelle à laquelle vous pourrez à loisir ajouter ou retirer des items.

 

#1 Ça défoule

Vous avez eu une dispute avec quelqu’un•e ? Ça s’est mal passé à la maison/au boulot/ à l’école ? La CAF ne vous a pas encore versé votre allocation pour la 4ème fois d’affilée ? Il serait bon d’évacuer. En effet, l’énervement, le stress, ou même la dépression sont une histoire d’équilibre entre les neurotransmetteurs de votre cerveau. Or, le sport active des neurotransmetteurs et libère certaines hormones comme l’endorphine. La fatigue physique due au sport permet un sommeil généralement meilleur (“bonne fatigue” vs “mauvaise fatigue”) car après une activité physique intense, le corps se relâche (parfois brusquement, d’où la nécessité de pratiquer avec précaution, on y reviendra).

Cricri ne fait manifestement pas assez de sport.

Cricri ne fait manifestement pas assez de sport.

 

#2 Ça apporte un “sentiment d’accomplissement”

Je pense que c’est assez humain d’aimer réaliser quelque chose. Que ce soit avoir une bonne note à l’école, mettre un but, finir un projet artistique, terminer un bouquin… Faire du sport, c’est souvent essayer de repousser ses limites.
Et c’est souvent possible, du moins quand on est une personne dite “valide”, c’est à dire sans handicap physique ou douleurs chroniques. Pour les personnes concernées, faire du sport et prendre plaisir à se réaliser par ce biais se parre d’un difficulté supplémentaire. Heureusement, il existe des sports adaptés à chacun, que ce soit des sports doux comme le tai-chi-chuan, ou des exercices en compagnie de son ou sa kinesitherapeute.

Pour ceux et celles qui ne sont pas limités par leur santé, dépasser ses limites, ça peut être une pompe/une montée d’abdos de plus. Si votre maximum de pompes, c’est 5, essayez d’en faire 6. Juste, essayez. Et si jamais vous y arriviez ? Si lors de vos gainages, vous tenez 10 secondes, essayez de tenir 11, etc.
C’est pas facile. Surtout quand on n’est psychiquement pas capable de faire l’effort. Parfois, le jeu en vaut la chandelle, et faire 6 pompes c’est vraiment pas mal, je vous assure. Et si vous avez des douleurs persistantes après l’effort, allez voir votre médecin, ce n’est pas forcément le plus intelligent de “serrer les dents”.

 

#3 Le sentiment d’ici et maintenant

Peut-être que ça ne parlera pas à tout le monde, mais dans les différents sports pratiqués, j’ai pu ressentir ce truc. D’être complètement dans l’instant qu’il faut. C’est la passe dans un sport de balle exactement au bon moment, c’est se sentir exactement dans son mouvement en natation, c’est faire bondir son cheval exactement au moment de franchir l’obstacle… C’est le ippon à la Emilie Andéol lors de sa finale, c’est le geste parfait. Si je devais comparer ce sentiment, je dirais que ça donne le même effet que les GIFs/vidéos “satisfying”, cette sorte d’étourdissement agréable.

 

#4 La distraction

Oui, pendant que vous faites votre jogging en écoutant Eyes of the Tiger (on sait), vous ne pensez pas forcément à votre dossier à rendre, à la vaisselle à faire, à ce commentaire d’arrêt beaucoup trop long et difficile. Ou… Pas pareil. Je ne vais pas prétendre avoir eu des idées de génie en faisant du sport, mais sortir de son quotidien une ou deux (ou cinq) fois dans la semaine pendant un temps et un lieu donné permet soit de penser à autre chose, soit d’avoir un regard autre. La stratégie que l’on met en place dans le sport de confrontation peut nous donner une astuce pour résoudre un problème du quotidien qui, selon moi est aussi affaire de stratégie : comment négocier avec mon chargé de TD pour rendre un devoir plus tard, comment esquiver un sujet de dissertation trop complexe en le contournant, comment voir ma vaisselle comme un défi (pas + de 5min pour tout finir)…

 

#5 Rencontrer des gens

Oui, même en faisant son jogging. Croiser læ voisin·e qui promène son chien, læ gamin·e de votre rue qui zone avec ses potes, d’autres personnes qui courent… En club, c’est même tarif, on rencontre des gens qui ne vont pas être à coup sûr nos potes, mais des camarades lors des séances de souffrance préparation physique/musculation.
Ou on peut croiser Drake. Chill.

Oui mais moi j’aime vraiment pas le sport, je fais quoi/comment ?

Alors déjà il faut identifier ce que l’on n’aime pas dans le sport. La compétition ? Ce n’est pas obligatoire. La course à pied ? Moi aussi je déteste, l’astuce : éviter les sports sur de grands terrains, les entraîneurEs ont tendance à nous en faire faire le tour au pas de course. Quelle idée. La confrontation ? Il y a des sports de confrontation (foot, tennis, sports de combat…) et des sports où l’on peut juste se confronter à ses propres performances. Si l’on ne va pas en compétition, on peut faire de la natation en cherchant à battre uniquement son propre record. Par exemple.

Puis, identifier ce qu’on aime. Regarder un peu les sports, voir ce vers quoi on se sent attiré. Les JO sont assez parfait pour ça, d’ailleurs ! La stratégie de l’escrime, les sensations en BMX, la puissance et la précision en canoë-kayak… Si un sport vous accroche devant un écran, c’est déjà un bon point ! Mais pour la suite, il va forcément falloir…

Essayer. Cet article est astucieusement écrit à la période parfaite pour entamer une activité physique : la rentrée ! Dans pas mal de communes en France s’organisent des forums associatifs/sportifs pour découvrir les assos sportives/culturelles/militantes/etc. L’entrée y est généralement gratuite, c’est le week-end, on peut y aller entre potes. Croyez-moi, si les enfants adorent tester des sports, les adultes ne sont jamais en reste dès lors qu’il s’agit de faire l’andouille… Ces forums sont souvent en septembre, tout comme le VitalSport, initiative de la chaîne Décathlon qui dans les magasins partenaires (à voir à proximité de chez vous) invite plusieurs associations sportives locales pour faire découvrir, tester et… vendre de l’équipement sportif #capitalismetoujoursprésent. Septembre, c’est aussi le bon moment pour aller faire un tour directement en club sportif pour des séances d’essai qui sont assez souvent gratuites, ou au moins à prix réduit.

 

Oui mais le sport ça coûte cher, et il faut se déplacer jusqu’au lieu…

Pour ce qui est de l’argent, oui, une licence sportive coûte cher. Trois possibilités d’aide : votre CE donne parfois une aide pour les licences sportives des enfants et des salariés. Votre CAF, selon votre quotient familial peut donner des aides (surtout pour les enfants, mais on crache pas dans la soupe), tout comme votre mairie ! Je pense notamment au Coupon Sport de l’Agence Nationale des Chèques Vacances.
Seconde option, si vous êtes étudiant·e, faire du sport à l’université. Le panel est souvent assez large, pour une licence à l’année peu chère (~20€ dans ma fac). Plus, si vous choisissez d’en faire une option, ça peut ET être gratuit ET vous valoir une bonification sur votre semestre. *wink wink*
Troisième option, vous êtes au collège/lycée, vos parents n’ont pas trop les sous pour du sport en club… Essayez le sport à l’école. Pas l’EPS, hein, mais ce qu’on appelait de mon temps l’UNSS : le choix est souvent réduit, mais c’est une possibilité.
Dernière option : faire du sport par soi-même. Marcher, courir, muscu à la maison, yoga…

 

J’ai peur d’être nul·le/de pas y arriver

Le sport, c’est comme tout : ça s’apprend. On ne naît PAS champion·ne ! C’est avec des années de travail, des milliers d’heures d’entraînement que l’on en devient expert. Personne ne vous demande d’être le prochain Florent Manaudou ou la prochaine Laura Flessel. Surtout, le sport est une discipline où votre premier concurrent, c’est vous-même. Trop exigeant·e, vous allez vous décevoir et vous décourager. L’essentiel, c’est de rechercher le plaisir. Sachez le, personne ne vous jugera plus durement que vous, même læ coach ! En septembre, tout le monde est un peu rouillé·e après deux mois sans pratique, c’est le moment idéal pour débuter, parce que les premiers mois sont assez doux, le niveau monte crescendo.

 

J’ai aucune volonté, comment je peux m’y tenir ?

Le sport est vraiment censé être un moment de loisir, d’amusement et de détente. A partir du moment où le sport ne vous apporte rien de positif… Il est temps d’en changer/d’arrêter. Quand je dis rien, c’est rien. Je sais ce qu’est la flemme d’aller au sport. Puis une fois dans le bain du terrain/salle/dojo, on s’éclate. Mais si même pendant la séance, vous vous sentez pas jouasse d’y être, il vaut mieux s’arrêter… Qui sait, vous reprendrez peut-être dans quelques semaines ? Les coups de mou, ça arrive, et ce n’est pas grave. Vous loupez un entraînement ? Ok. Deux ? Ok. Cinq ? Si ça ne vous manque pas à un moment, c’est que la décision de stopper était peut-être la bonne sur le moment, et que l’an prochain, vous chercherez un nouveau sport, voilà tout.

Sur ce, je vous laisse, j’ai aquaponey.

Bonus

Quelques vidéos que j’aime à propos de sport


OUI la danse C’EST du sport, MÊME dans sa chambre, MÊME en culotte laissez-moi

Bonus DEUX (on vous gâte)

A partir du 7 septembre, les Jeux Paralympiques de Rio sont sur la piste (jeu de mots) ! Simonæ soutient évidemment les athlètes handisport et vous donne rendez-vous sur le site de France Télévision pour le streaming via votre PC/smartphone/tablette, sur France 4 pour des directs, et France 2 en soirée pour une centaine d’heures de transmission ! Calendrier des épreuve ici