Ça n’a surement pas échappé à celleux d’entre vous qui vivent dans ou à proximité d’une ville : ces dernières semaines, il était courant de se réveiller dans un brouillard compact, que les causes météorologiques seules ne suffisaient pas à expliquer. Il était majoritairement dû à la pollution et notamment à l’accumulation de polluants chimiques.

Vous avez sur ce lien une liste assez exhaustive des polluants de l’air.
À ces polluants s’ajoutaient des conditions climatiques propices à la formation du brouillard, qui consistent en une condensation de l’humidité de l’air près du sol : des températures anormalement douces pour la saison, un air humide et une brusque baisse des températures la nuit.
Je me doute que vous avez déjà dû lire ou entendre environ mille informations sur ce récent pic de pollution, mais je vais me permettre d’en rajouter une couche.
Parce que je trouve personnellement – et j’insiste sur le personnellement parce que je ne suis peut-être simplement pas tombée sur les bons médias – que si on a bien insisté sur « Oui il y a un pic de pollution mais regardez on prend des mesures hihihi » il y a deux choses dont on a peu entendu parler : la portée réelle de ces mesures et les conséquences sur la santé. Et c’est un phénomène récurrent dès que l’on parle de problèmes environnementaux. Je vais donc essayer, à ma petite échelle, de vous pondre quelques articles informatifs sur le développement durable, les problèmes actuels et ce qui en découle.

Le développement durable est l’idée que l’on peut vivre, construire et consommer de façon responsable et respectueuse de l’environnement afin de préserver les ressources et l’écosystème pour les générations futures. La nécessité de mettre en place ce développement a été reconnue au niveau international par la déclaration de Stockholm en 1972 mais eh, on dirait bien que ça n’a pas trop bougé depuis dis donc.

 

Les conséquences sur la santé

Autant il est difficile, en France, de se sentir directement concerné·e par la montée des eaux (surtout si on manque d’informations), autant il est plus difficile d’ignorer que l’on fait une crise d’asthme. La première conséquences de la pollution de l’air est l’augmentation des maladies respiratoires. Et rien de tel qu’un après-midi avec un bébé souffrant de bronchiolite pour vous donner des envies d’interdiction totale et brutale des engins à moteur.
Vous allez me dire, la bronchiolite, ça passe. Soit. Mais il y a aussi une augmentation des maladies chroniques comme l’asthme, qui touche aujourd’hui deux fois plus d’enfants qu’il y a quinze ans (et même le gouvernement le dit juste ici).
Pourquoi, me demanderez-vous ? Eh bien parce que tous ces petits polluants invisibles et microscopiques s’installent tranquillou-bilou dans nos bronches, les encombrent, et nous empêchent de respirer correctement. Voire, dans les cas les plus extrêmes, se mélangent au « bon » oxygène et voyagent avec lui dans le corps (pour les particules les plus fines. N’ayant pas trouvé de chiffres fiables sur les conséquences de cette transmission dans le sang, je n’irai pas plus loin).

 

« Alors oui mais le gouvernement a proposé des mesures ! »

Oui. Parlons-en.
Je le dis et le répète : proposer le vélo comme la solution est, en l’état des choses, complètement irresponsable. Le vélo entraîne un effort, donc on aspire plus d’air qu’en marchant, donc on s’auto-empoisonne les poumons, le tout en voulant bien faire pour la planète. Surtout quand on est coincé·e derrière le pot d’échappement d’un camion à un feu rouge et qu’on se retrouve en crise d’asthme à mi-chemin de son travail (toute similitude avec une situation vécue serait fortuite).
Le vélo sera une solution quand l’air sera moins pollué et qu’on aura des pistes cyclables.

Alterner la circulation est discriminant pour les personnes qui ne peuvent faire autrement pour se rendre au travail. Interdire les véhicules anciens l’est pour les personnes qui n’ont pas les moyens de remplacer leur voiture. D’autres en ont parlé mieux que moi.

Le covoiturage est une bonne solution : aux États-Unis, de plus en plus d’avantages sont proposés pour encourager ce mode de déplacement, comme des voies réservées aux heures de pointes, mais c’est loin d’être le cas en France (et, disons le, c’est surtout possible aux USA grâce à leurs autoroutes à six voies) (six voies, sérieusement. Qui a besoin de six voies ?) (Mais je digresse).

 

« Mais alors ? Il n’y a aucune solution ? »

Il y en a plein ! Mais le problème c’est : les sous. Pour qu’une solution soit mise en place à grande échelle, elle doit être intéressante économiquement. On ne le dira jamais assez : on peut fabriquer des moteurs propres depuis des années, mais il n’y a pas eu de commercialisation plus tôt parce que le pétrole rapportait plus que ces énergies. Eh bien c’est la même chose pour toutes les initiatives du développement durable : avant d’être mises en place, elles doivent être avantageuses du point de vue économique. Oui, c’est triste. Mais c’est une réalité.
L’action au niveau individuel est de plus en plus facilitée par… le commerce. Si Herta a sorti une gamme de produits végétaliens en plus de son jambon, ce n’est pas parce que son CEO a eu une révélation, mais parce qu’il y a un public pour ces produits. Ils rapportent.

Je conclurai cet article ainsi : les actions à votre échelle ne sont pas inutiles. En changeant la demande, on change l’offre. C’est en modifiant nos habitudes que nous changerons durablement la société (dans la mesure de nos possibilités évidemment : je ne vais pas demander à quelqu’un dont la voiture est le seul mode de transport de la brûler).
Mais je pense que vu l’ampleur du travail, chacun peut apporter sa toute petite pierre à l’édifice. Et que nous ne sommes pas impuissant·e·s face à l’envergure du phénomène, même si les dégâts sont, a priori, irréversibles. On peut encore sauver les meubles (en matériaux recyclés). Et ça, c’est beau.