Se revendiquer féministe est encore un acte courageux. La société actuelle fait en sorte que les femmes cisgenres qui affirment – à raison – avoir le droit de faire ce qu’elles veulent soient mal vues, sans parler des personnes trans, non-binaires ou agenres dont l’existence est tout bonnement silenciée.

Beaucoup de blanc·he·s grandissent dans des familles où on essaye de leur inculquer la haine des étrangers et des personnes racisées, et beaucoup de petites filles apprennent que la place de l’homme est centrale et que la polygamie c’est ok mais la polyandrie il ne faut pas abuser quand même.

On apprend aux petites filles à vider le lave-vaisselle, débarrasser la table, pendant que les garçons restent tranquillement à discuter. On leur dit que les études d’accord, mais les enfants surtout.

Se développer dans un environnement tel que celui-ci entraîne forcément des enfants à penser de la même manière, et à devenir des adultes sexistes et misogynes. Oui, même les filles, c’est ce qu’on appelle le sexisme intégré.

Mais lorsqu’en grandissant on ouvre les yeux et que se développe notre conscience féministe, il n’est pas simple de vivre avec des parents de cet acabit.

Se rebeller face à un parent misogyne, raciste, toxique n’est pas chose aisée, d’autant qu’à tous ces qualificatifs s’ajoute bien souvent “âgiste”, c’est à dire qu’iels considèrent que si on a moins de 18 ans on n’a rien à dire.

Mais ce n’est jamais vrai. Votre opinion compte tout autant que celle d’un adulte. Si vos parents se comportent ainsi, il ne faut pas prendre ce qu’iels disent de vous ou des autres pour argent comptant. Vos opinions sont valides, et vous avez le droit d’exprimer ce que vous pensez.

Vous ne devez aucune soumission à vos parents. Oui, même si ce sont justement vos parents. Couper les ponts dès que possible peut être une solution si vous en ressentez le besoin. Mais tenir jusqu’au départ de la maison peut s’avérer très difficile. Alors jusque là, répétez-vous en boucle “Je suis important·e, mes décisions sont valides, mes opinions aussi”.

Et dès que possible, exprimez-vous.  Vous entendez des inepties toutes la journée, mais imaginez ce que ressentent les gens visé·e·s par celles-ci. Si on laisse couler, rien ne bougera.

Une fois qu’on a ouvert les yeux sur le monde, la marche arrière est impossible. Battez-vous pour ce en quoi vous croyez, et, surtout, stay safe.