Tout le monde se souvient des cours d’éducation sexuelle au collège ou au lycée (enfin, si notre établissement a respecté la loi…). On se souvient tou·te·s particulièrement du fameux moment où l’éducateurice harangue la foule avec des flammes dans les yeux sur les risques de grossesse non voulue et parle du SIDA comme du croque-mitaine, cette menace lointaine qui atteint les imprudent·e·s. Résultat, ce sont en majorité les couples hétérosexuels et cisgenres qui se protègent, et le plus souvent seulement lors de la pénétration vaginale. Malheureusement, le VIH et les IST (infections sexuellement transmissibles) sont une réalité pour tout le monde, car chaque contact entre des fluides corporels (sécrétions vaginales, anales ou séminales, sang, salive) est potentiellement à risque, et il est important de se protéger lorsque nous ne sommes pas sûr·e·s de l’absence d’IST chez nous ou notre partenaire. Cet article a donc pour objectif de vous donner les connaissances nécessaires à la protection de votre santé et celle de vos partenaires, en toute situation.

Avant de commencer notre mise en situation, deux détails à savoir :

– pendant les règles, le risque d’infection est plus grand pour la personne menstruée et saon partenaire car le col de l’utérus est plus ouvert et le sang est potentiellement un fluide contaminant ;
– aucune protection n’est imperméable à l’herpès, mais cette maladie n’est pas transmissible tout le temps. Donc si vous ou votre partenaire en avez, soyez sûr·e d’en discuter au préalable.

 

La pénétration vaginale, anale ou buccale…

… avec un gode ou un pénis

Le préservatif externe c’est la base de la base, tout le monde le connaît, mais il est toujours bon de rappeler son utilité. Les préservatifs (externes ou internes) sont les protections les plus connues contre les IST et les plus faciles à trouver, en pharmacie ou dans des distributeurs.
Quelques précisions pourtant : il est impératif de changer de préservatif si l’on change de partenaire, ou si l’on change de type de pénétration (les bactéries présentes dans l’anus pouvant causer de graves infections et les dents pouvant endommager le préservatif). Évitez également d’utiliser des lubrifiants à base de silicone ou d’huile, qui peuvent abîmer le latex du préservatif. Privilégiez les lubrifiants à base d’eau.

… avec les doigts

On n’y pense pas assez : si vous avez des coupures sur les doigts, même infimes, les infections peuvent s’y faufiler – de la même façon, si vous avez des ongles trop longs, vous risquez de coupez votre partenaire, et les bactéries présentes sous vos ongles pourraient lui donner des infections. La solution est donc de mettre des gants. Vous pouvez utiliser des gants en latex jetables, vendus en supermarché ou dans les magasins de bricolage, ou bien investir, si vous le désirez, dans de jolis gants en cuir ou en latex réutilisables, sans oublier de les laver avec des produits appropriés entre chaque utilisation.
De la même façon que pour les godes et pénis, il ne faut pas changer de type de pénétration ou de partenaire sans également changer de gants.

 

Le cunnilingus, l’anulingus, ou la fellation

Même si les risques de contamination par une IST sont réduits lors de pratiques buccales, il est tout de même important de se protéger. Ceux-ci sont accrus lorsque la personne qui pratique reçoit des fluides sexuels (cyprine, sperme, liquide pré-séminal…) dans la bouche, qu’elle a des plaies de type aphtes, ou une maladie qui attaque les muqueuses de la bouche et de l’œsophage, comme une angine.
Pour vous protéger, vous pouvez utiliser une digue dentaire, ou un préservatif externe dans le cas de la fellation. Peu de pharmacien·ne·s vendent des digues dentaires (ou même savent ce que c’est), mais elles sont trouvables sur Internet ou dans certains centres de planification. Vous pouvez également en fabriquer une à partir d’un préservatif externe, en découpant le bout du préservatif, puis en le découpant dans la longueur.

 

Les ciseaux

Pratique fantasmée des mecs hétéros par excellence – car elle a été popularisée par les pornos lesbiens faits pour… le regard masculin et hétérosexuel –, elle présente cependant un problème : il n’y a aucun moyen de se protéger d’une infection de façon certaine. Soyez donc sûr·e de vous et de votre partenaire avant de vous lancer !

 

Le cutting [1], le whipping [2], les jeux de sang

Même si ces pratiques ne sont pas sexuelles au sens anatomique du terme, elles présentent tout de même des risques de contamination par des IST : prenez donc garde à ne pas recevoir le sang de votre partenaire dans les yeux, la bouche, ou les organes génitaux. Et n’oubliez pas vos gants !

Enfin, on ne le redira jamais assez, faites-vous dépister régulièrement, dans un centre de dépistage (gratuit) par exemple, ou en passant par votre médecin, c’est-à-dire au moins une fois par an, en demandant bien à votre médecin de rechercher toutes les maladies sexuellement transmissibles, pas seulement le VIH. Faites-le également lorsque vous entamez une relation sexuelle avec un·e nouvelleau partenaire, et n’oubliez pas d’en parler avec iel. C’est important, non seulement pour votre santé, mais également pour celle des autres ! Et si la vue d’un·e médecin vous rebute, n’hésitez pas à y aller à plusieurs.

Il y a beaucoup d’autres conditions et spécificités qui rentrent dans la question du dépistage. Pour cette raison, un article plus détaillé paraîtra bientôt sur le sujet. En attendant, protégez-vous, et continuez de vous amuser !

Notes

[1] Pratique sexuelle consentie qui consiste à se couper avec des lames, des aiguilles.

[2] Pratique sexuelle consentie qui consiste à fouetter saon partenaire.