Avoir besoin d’une contraception, c’est bien beau, mais concrètement, comment faire pour se procurer autre chose que des préservatifs ?

Pas de mystère, vous avez besoin d’un·e professionnel·le de santé : sage-femme (en France uniquement), médecin généraliste, gynécologue, plus rarement endocrinologue. La consultation peut avoir lieu en cabinet de ville, à l’hôpital, ou en centre de planification familiale. À noter : vous n’aurez jamais d’obligation à un examen clinique. L’examen gynécologique, y compris la palpation des seins, peut vous être proposé si vous ressentez des symptômes inhabituels, mais n’est absolument pas nécessaire à la prescription d’une contraception. Et ce n’est pas moi qui l’invente, les recommandations internationales sont d’accord là-dessus : HAS en France, CDC aux USA, OMS au niveau mondial.

Les seules étapes nécessaires sont un interrogatoire détaillé et éventuellement une prise de tension artérielle.

Aucun examen complémentaire n’est utile avant la prescription : ni frottis, ni prise de sang. La prise de sang (glycémie, triglycérides et cholestérol) peut être prescrite pour vérifier la tolérance 3 mois après le début de la prise dans les cas des œstro-progestatifs ; son utilité est discutée, et les recommandations à ce sujet varient d’un pays et d’une société savante à l’autre. À l’heure actuelle, la majorité des prescripteurices la demandent, mais ce bilan (qu’évidemment vous choisissez de faire ou non) ne doit pas retarder la mise en place de la contraception.

S’il est inutile de vous déshabiller, il est par contre tout à fait justifié que votre prescripteurice vous pose des questions, beaucoup de questions, pour déterminer vos éventuelles contre-indications à certains contraceptifs. En vrac et de façon non-exhaustive, on vous demandera votre âge, votre poids, votre consommation de tabac, vos antécédents médicaux (notamment migraines et antécédents de thrombose), vos traitements médicamenteux en cours, vos antécédents gynécologiques (notamment IST), vos éventuelles grossesses et leurs complications, vos antécédents familiaux (notamment de thrombose), vos précédentes contraceptions et leur tolérance.

Une ordonnance de contraception devrait être rédigée pour un an. À part vous obliger à consulter plus souvent et vous mettre en danger d’être en rupture de contraception, une ordonnance plus courte n’a aucun intérêt dans l’immense majorité des cas. N’hésitez pas à insister auprès de votre prescripteurice !
Un argument fréquent est qu’une ordonnance de 3 mois, surtout la première fois, permet de faire le point sur votre tolérance avant de represcrire pour plus longtemps. Mais 3 mois passent tellement vite, et les délais de rendez-vous peuvent être tellement longs, c’est le meilleur moyen de se retrouver en rupture de stock. Vous êtes tout à fait en mesure de décider de consulter quand vous le souhaitez si vous n’êtes pas bien avec votre contraception.

En France

Les consultations, examens et une partie des médicaments liés à une contraception sont pris en charge à 65 % par la sécurité sociale. Le reste, hors cas de dépassement d’honoraires, est à votre charge ou à celle de votre mutuelle. Si vous bénéficiez d’une CMU ou d’une AME, la prise en charge est de 100 % avec tiers-payant obligatoire, et le dépassement d’honoraires est interdit, donc aucune avance de frais n’est à prévoir.
Les sages-femmes et les gynécologues sont hors parcours de soins, vous pouvez donc les consulter directement sans être adressé·e·s par votre médecin traitant.
Si vous êtes mineur·e entre 15 et 18 ans, tous vos soins de contraception doivent être pris en tiers-payant, mais selon votre couverture sociale, les 35 % restants peuvent être à votre charge.
Si vous êtes mineur·e ou si vous n’avez pas de couverture sociale, les centres de Planning Familial peuvent assurer vos consultations médicales et vous délivrer une contraception gratuitement et aussi longtemps que vous en avez besoin.

Les ordonnances de contraception peuvent être d’un an (contre 6 mois pour les autres médicaments), renouvelables par période de 3 mois. Et si vous avez une ordonnance de moins d’un an, même rédigée pour 3 ou 6 mois, les pharmacien·ne·s peuvent vous dépanner pour 6 mois de plus.

En Belgique

L’INAMI prend en charge partiellement les consultations, examens et une partie des médicaments liés à une contraception. Une consultation de gynécologue n’est remboursée au taux maximum que si vous êtes adressé·e par votre généraliste, et seulement une fois par an. Avant 21 ans, la prise en charge des contraceptifs est plus importante (de 3 €), sans être totalement prise en charge pour autant. Selon vos droits, le tiers-payant peut être appliqué pour la consultation médicale et la pharmacie.
Les centres de Planning Familial peuvent assurer vos consultations médicales et vous délivrer une contraception gratuitement ou à tarif préférentiel.

En Suisse

Les consultations de gynécologie font partie du forfait de base, donc sont prises en charge au-delà de la franchise. Les contraceptifs, eux, ne sont pas remboursés.
Dans certains cantons, des centres de conseil peuvent délivrer une contraception gratuitement si vous êtes mineur·e·s ou précaires.

C’est une phrase méga bateau, mais tellement vraie que je vous la sers malgré tout : la meilleure contraception, c’est celle que vous choisissez. N’hésitez pas à vous renseigner avant et après votre consultation par vos propres moyens ; et pendant la consultation, vous avez le droit de poser toutes les questions que vous voulez. Ça ne fait pas de vous un·e patient·e difficile ou pénible, c’est exactement à ça que sert une consultation médicale !

Des liens pour se renseigner :

Choisir sa contraception
Martin Winckler
Planning Familial

Et bien qu’un peu plus obscures, les recommandations :

Pour la France, la Haute Autorité de Santé
Pour les Etats-Unis (donc en anglais) le Center of Disease Control