Mise à jour du 05/09 18h : L’article a été modifié suite à des remarques pertinentes de nos lecteurices, merci pour vos retours !

En tant que propriétaires d’utérus, nous connaissons presque tou·te·s les contraintes liées à ses déboires mensuels : les douleurs physiques se lient à la peur des taches rouges et à l’ennui qu’est le devoir d’aller aux toilettes toutes les quelques heures. Mais une petite amie pointe doucement le bout de sa tige en silicone : la coupe menstruelle, et sa révolution est déjà en marche. La très aimée série Orange Is The New Black lui a même rendu un discret hommage dans l’épisode 5 de la saison 4, alors qu’une dramatique pénurie de tampons et serviettes hygiéniques se déroule à Litchfield.

Taystee

Extrait d’Orange is the new black, Taystee danse dans un couloir.

 

La cup, c’est quoi ?

La coupe menstruelle, ou cup pour les intimes, est une petite coupe en silicone, au bout de laquelle peut être attachée une tige qui aide à la retirer. Elle bloque l’entrée du vagin et permet de retenir les écoulements pendant les règles. Même si la forme inhabituelle peut faire peur, on prend vite le coup. Lorsqu’on la retire, il suffit de la rincer à l’eau claire, puis de la réinsérer.
Car oui, la cup est réutilisable, et c’est là que se trouve son principal atout : si on l’a toujours sur soi, on n’est jamais exposé·e à la galère – et humiliation, malheureusement – de se retrouver à saigner librement. En plus de l’aspect pratique, elle est respectueuse de l’environnement, car elle évite les milliers de déchets produits par la fabrication et l’utilisation de tampons ou serviettes.
Au-delà de ces avantages déjà miraculeux, elle facilite également les contacts sexuels. Même si la pénétration reste impossible, le bien-aimé clitoris devient accessible sans problème. Discrète, elle permet aussi, au grand bonheur de beaucoup, de dormir nu·e.

 

La cup, c’est cher ?

Plus cher qu’un paquet de tampons, certes, puisqu’elle coûte entre 13€ et 25€ (ou entre 25 et 45 CHF) selon les marques. Mais le rapport s’équilibre très vite lorsqu’on sait que la cup a une durée de vie d’entre 5 et 10 ans. Les avantages sont évidents: ne plus être esclave des tampons et serviettes, que l’on doit s’acheter chaque mois, c’est s’offrir une plus grande liberté de mouvement. C’est pour ces raisons qu’on l’utilise dans certaines missions humanitaires.

 

Mais, c’est sale !

Le silicone avec lequel est faite la cup est le matériau le plus propre au monde : il est totalement lisse et les bactéries ne peuvent pas s’accrocher dessus. C’est pour cela qu’il est utilisé pour créer des objets en contact avec les fluides humains, comme les implants chirurgicaux, ou des sex-toys. Il suffit de rincer la cup à l’eau claire pour la nettoyer, et de la stériliser à l’eau bouillante entre chaque cycle.
Pourtant, le manque d’hygiène est la principale critique lancée contre la coupe menstruelle. Pourquoi ? Elle provient de l’idée faussement répandue selon laquelle les règles sont sales, dégoûtantes, malsaines. Parce qu’un livre écrit il y a des milliers d’années a décidé qu’une femme qui a ses règles est impure pendant sept jours. Parce que le sexe des femmes est jugé comme sale, tout comme leurs sexualités et leurs pratiques personnelles. Même si, paradoxalement, il est aussi le trophée ultime que s’arrachent les hommes au grand concours de la virilité. Même si, dans notre société, nous avons souvent la chance d’éviter de sérieux problèmes d’hygiène. La femme est sale une semaine par mois parce qu’elle est femme.
La cup, en plus d’être une avancée pratique, peut être un instrument de réappropriation de nos utérus et de nos corps car, quand on la porte, on sait que l’on n’a rien à craindre de ce qui se tient entre nos jambes.

 

La cup, solution miracle ?

La cup ne convient pas à tou·te·s, notamment aux personnes souffrant de vaginisme, et nous n’avons pas tou·te·s envie de l’utiliser. Aucun problème ! Il existe d’autres protections, que ça soit les tampons et les serviettes jetables, les serviettes lavables, les sous-vêtements de règles ou bien la méthode du « flux instinctif libre », il y a donc largement de quoi trouver ce qui vous convient !

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