Dans les contrées inexplorées du bassin, aux confins de l’arche des cuisses, protégée sous une toison pubère, se trouve, souvent, la vulve. C’est une créature effrayante à laquelle contes et légendes ont attachés l’idée de mal, d’impropreté, d’impureté. Que dire de ce qui s’en écoule ? Jugées indignes d’intérêt ou simplement dégoûtantes, les sécrétions vaginales sont pourtant les meilleures amies d’un·e propriétaire de vulve, il suffit juste de s’y intéresser d’un peu plus près.

Les pertes blanches

La plus méconnue des sécrétions et pourtant de loin la plus importante, car elle est un indicateur de la santé du vagin. Les pertes blanches, ou leucorrhées, sont avant tout le résultat de… l’auto-nettoyage du vagin. Cette merveille de la nature n’a en effet pas besoin d’aide pour être propre et il ne faut jamais, au grand jamais, essayer d’en nettoyer l’intérieur avec quoi que ce soit. L’idée selon laquelle le vagin doit être lavé est complètement erronée (mais on peut utiliser de l’eau ou un savon doux pour la vulve). Pendant ce processus, qui est quotidien, les pertes sont opaques et laiteuses et augmentent en période prémenstruelle.

On retrouve aussi dans les pertes blanches la glaire cervicale, produite par l’utérus lors de sa période fertile (qui est d’environ une semaine par mois). La glaire cervicale est très fluide et semblable à du blanc d’œuf par sa texture. À la fin de la période fertile, elle devient sèche et plus sombre.

Il est important de suivre l’évolution des pertes blanches et donc de ne pas utiliser de serviette hygiénique qui les absorbe ; ce qui risquerait en plus d’assécher les lèvres et de faire mal. Des pertes blanches d’une consistance anormale (mousseuse entre autres) peuvent être le signe d’une infection vaginale et notamment d’une mycose.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

 

L’odeur

Tout comme le pénis, le vagin a une odeur. Plus ou moins forte en fonction des personnes, du cycle menstruel ou encore de l’alimentation, elle n’est pas synonyme de manque d’hygiène. Tout comme les pertes blanches, elle ne doit inquiéter qu’en cas de changement important.

Machine

 

La Cyprine et l’Éjaculation Féminine

N’ayons pas peur de le dire, les avis divergent quand on parle du lubrifiant naturel de la vulve. Certain·e·s l’aiment, le recherchent et s’en délectent. D’autres, au contraire, le trouvent dégoûtant, et évitent d’y penser. Pourtant, comme toutes les sécrétions vaginales, elle n’a rien de sale. Ironiquement, l’émergence d’une substance similaire, originaire de l’urètre, met tout le monde d’accord: l’éjaculation dite « féminine ».
Même si certains professionnel·le·s de santé pensent encore qu’elle n’est qu’une légende, la quasi-totalité des sites pornographiques possèdent une catégorie “femme fontaine” ou “female ejaculation”. Que penser de ce fétiche d’une vulve qui jouit comme un pénis ? Qu’y a-t-il de plus attrayant dans une femme cis jouissant de la façon qui est traditionnellement associée à celle d’un homme cis, alors que quelqu’un·e qui mouille trop est jugé·e comme embarrassant·e ?

Peut-être que parce c’est une preuve physique, pour celleux qui n’en ont jamais fait l’expérience, de l’orgasme dit « féminin » -même si on peut techniquement éjaculer sans avoir d’orgasme, les deux n’étant pas liés. Là encore, certaines personnes sont persuadées que ça n’existe pas. Mais quand il apparaît une soit-disant preuve matérielle de son existence, la quête du plaisir devient tout de suite plus excitante. Ça leur donne l’occasion, pour une fois, de le rechercher.

 

Les règles

Moment redouté chaque mois pour la plupart des propriétaires d’utérus, les règles et le sang menstruel ne sont…. toujours pas sales. Pourtant, la peur des règles est ancrée depuis longtemps dans l’inconscient collectif, notamment à cause des religions, qui s’accordent pour la plupart sur le fait que les règles sont un “moment d’impureté”.

Dans l’Ancien Testament, “la femme qui aura un écoulement de sang restera sept jours dans la souillure de ses règles” (Lévitique 15, 19) durant ce moment, personne ne peut la toucher ou coucher avec elle sans être impur à son tour. Dans la religion juive, la nida (femme réglée) ne doit pas s’approcher de lieux ou d’objets sacrés comme les synagogues ou la Torah.
Dans la religion musulmane, il est interdit à la femme en période de règles – ou à toute personne tachée de sang – d’accomplir le salat, la prière rituelle (Boukhari), de lire le Coran (Tirimzi) ou de le toucher (Al-Waq’ia). Elle ne peut pas non plus entrer en relation sexuelle (Al-baqarah).
Dans l’Ouest du Népal, le Chhaupadi est une tradition selon laquelle une femme doit s’exiler de sa maison durant toute la période de ses règles et dormir dans un goth, une hutte minuscule dans laquelle elle s’expose à de gros risques sanitaires afin de ne pas contaminer la maison et les vivres de sa famille.

Vous l’aurez compris, les traditions ont la tête dure, et le dégoût général pour les règles n’est pas nouveau. Pourtant, ce n’est que du sang. Et à moins d’être hématophobe, vous n’avez aucune raison d’en avoir peur. Il a juste le malheur de sortir de l’endroit qui terrifie les hommes cisgenres : le vagin.