Le New Collective est une organisation d’artistes géorgien·ne·s ayant pour objectif de parler des problèmes économiques, politiques et sociaux de leur pays à travers des performances artistiques. Violence cachée, que trois artistes réaliseront le 24 septembre dans le cadre du Détour, explore, par le biais de la couture, les subtilités des violences faites aux femmes, que l’on se force souvent à ne pas remarquer.

Pourquoi avoir choisi le medium de la couture
pour parler des violences faites aux femmes ?

La couture est une activité qui a toujours été associée aux femmes, car c’est un art qui nécessite la délicatesse que nous sommes toutes censées avoir en tant que femmes. Mais cette beauté n’est que façade, car nous l’utilisons pour parler de choses très graves et qui arrivent tous les jours. En Géorgie, la société est très patriarcale car fondée sur l’image historique du guerrier, les hommes sont les chefs de famille et les femmes ont l’habitude d’être soumises.

Quelle est cette violence dont vous parlez dans votre oeuvre ?

C’est la violence ordinaire dont sont victimes toutes les femmes: la violence des stéréotypes de genre, qui les confinent dans leur rôle de mère et de femme, et la violence -physique et psychologique- de la part des hommes. Quand nous avons commencé le projet, trois femmes venaient d’être tuées par leur mari en Géorgie.

 

Pourquoi avoir quitté la Géorgie
pour performer -pour la première fois- à Paris ?

C’est vrai que ça paraît malhonnête de venir jusqu’en France pour parler des violences faites aux femmes en Géorgie, mais je pense que notre sujet est universel. Les violences faites aux femmes sont les mêmes quelque soit le pays, même si les raisons de ces violences diffèrent parfois. Je pense que toutes les femmes peuvent se retrouver dans les paroles et les actes que l’on évoque à travers notre performance.

 

Comment voulez-vous impliquer le spectateur
ou la spectatrice dans votre performance?

Nous y réfléchissons encore, mais nous voulons vraiment impliquer les passants dans notre œuvre. Peut-être y aura-t-il une ou plusieurs cérémonies avec du thé, comme si c’était une conversation entre femmes à la maison. Mais cela va sûrement évoluer.

Le festival Détour : art et sexisme a pour objectif, le temps d’un weekend, de faire réfléchir autrement sur les thèmes du genre et de la rue. Les 24 et 25 septembre à La Fabrique MC11, 11 rue Bara à Montreuil. Plus d’infos sur la page Facebook.  


 

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