Vous en avez probablement fait l’expérience : il est parfois compliqué, une fois sensibilisé·e aux différentes luttes, de trouver des films (ou autres œuvres culturelles) qui ne heurtent pas nos convictions.

Alors, si vous voulez jouer à vous faire peur ou tout simplement profiter d’un film à l’ambiance lugubre sans tomber sur de la transphobie, du validisme ou du racisme toutes les deux scènes, nous vous avons préparé une liste de films moins oppressifs que la moyenne.

Aucun d’entre eux n’est complètement safe, c’est normal. Quand nous disons que “nous sommes tou·te·s problématiques”, ça s’applique aussi aux œuvres culturelles. Nous avons décidé d’écarter tous les films ouvertement oppressifs, mais avons dû en intégrer qui ne sont pas parfaits au niveau représentation, sous peine de ne rien avoir à vous proposer.

Toutefois, si l’un des films que nous vous proposons vous paraît trop problématique pour avoir sa place dans la liste, n’hésitez pas à nous le signaler, quelque chose a très bien pu nous échapper !

L’Étrange Pouvoir de Norman (Paranorman)

 

Eris :

Du stop motion cute, un plot twist, de la perception extra-sensorielle, que demander de plus ?

Halloween : la nuit des masques (Halloween)

 

Luna :

Je ne suis pas une fan du genre, mais j’ai beaucoup aimé Halloween. C’est objectivement un bon film, bien filmé, bien joué (Jamie Lee Curtis est phénoménale), la musique est parfaite, la tension est bien gérée… Rien que par curiosité de cinéphile, ça vaut le coup !

 

Laura :

Aaah John Carpenter. Un des mes premiers films d’horreur, il a alimenté une bonne partie de mes cauchemars d’enfance. Si le titre ne vous dit rien, je vous en dresse l’histoire en quelques mots : Michael Meyers, tueur psychopathe interné dans un hôpital psychiatrique à l’âge de 6 ans pour le meurtre de sa sœur, finit par s’échapper et revenir dans sa ville natale pour poursuivre son œuvre. (Ambiance.) La bande sonore est top, elle me file irrémédiablement des frissons et il est fort probable que vous l’ayez déjà entendue au moins une fois.

The boy

 

Lysérith :

Une femme qui fuit un compagnon problématique se retrouve babysitter dans un manoir isolé, sauf que l’enfant qu’elle doit garder est une poupée. J’ai beaucoup aimé l’imagerie et l’écriture, la situation est vraiment étrange, le personnage a la même réaction que celle que j’aurais pu avoir et ça change des clichés.

Hocus Pocus

 

Vimairetta :

Un de mes premiers films d’Halloween et première fois que j’entendais parler de l’origine de la fête par quelqu’un d’autre que ma mère.

The Thing

 

QueenBecca :

S’il n’y avait qu’un film de Carpenter à retenir, pour moi ce serait celui-là. Partant d’un postulat de base ultra-classique (des gens enfermés dans un lieu au milieu de nulle part) le film déroule une atmosphère angoissante. Que ce soit par ses plans (une nuit noire où l’on ne voit pas à 2 mètres, les plans larges du début qui renforcent le sentiment d’isolement) par ses personnages (fuient-ils car ils sont contaminés, ou car ils ont peur ?) ou bien encore la musique du très grand Ennio Morricone, le film est une réussite sur tous les points. À mon sens, la menace n’est finalement pas la créature mais le comportement individualiste des humains de la base, qui en se séparant et s’isolant laissent beaucoup plus de marge de manœuvre à l’organisme alien.
Ce que j’aime dans les films d’horreur, c’est que la peur n’est que la partie émergée du film, qui traite de messages bien plus profonds. Malheureusement ce film en fait tellement passer qu’une mini critique ne suffirait pas à tous les développer. Je me contenterai donc d’évoquer tous ceux que je retiens :

Carpenter critique-t-il le racisme des Américains qui refusent l’intégration des étrangers ? Délivre-t-il un message raciste en disant que les étrangers cherchant à s’intégrer sont des menaces à éliminer ? Déplore-t-il la perte de l’individualité au profit d’une volonté d’intégration cherchant en tout point à ressembler à l’autre ? Je n’ai malheureusement que trop peu de temps pour analyser en détails ces messages, mais si vous avez une théorie je serai ravie de la lire.

 

Laura :

Carpenter again. Il me semble que cet individu a perturbé une bonne partie de mes rêves d’enfant. J’ai pas mal frissonné en visionnant ce film, et pas uniquement parce que l’histoire se situe dans une station de recherche paumée au beau milieu de l’Antarctique. Comme je vis dans une grotte, j’ai appris récemment qu’une préquelle à l’histoire était sortie en 2011 donc si le cœur vous en dit il y a matière à se faire une soirée thématique.

Occulus (The Mirror)

 

Lysérith :

Une femme et son frère retournent dans leur maison d’enfance pour comprendre qui a tué leurs parents. La menace dans ce film est super intéressante.

Coraline

 

Eris :

Joli conte en stop motion, adapté de Neil Gaiman, dans lequel une jeune fille déçue par la banalité de son entourage et délaissée par sa famille entend les sirènes d’un univers très coloré, différent et enivrant où chacune de ses connaissances a un « double » et où ses « autres parents » vont la couvrir d’amour et d’affection au point qu’elle ne veuille plus les quitter. On retrouve une ambiance « eery » propre à Gaiman, ce qui rend le film plus angoissant que réellement flippant

Lazarus effect

 

Lysérith :

Des scientifiques trouvent un moyen de ramener les morts à la vie mais ils reviennent différents. Je ne pensais pas qu’on pouvait rendre un laboratoire hyper éclairé effrayant.

The conjuring 1 & 2

 

Lysérith :

Que ce soit le cas du fantôme d’une sorcière hantant une famille ou celui d’un vieil homme terrifiant demandant aux locataires de quitter sa maison, les aventures du couple Warren sont toujours fascinantes et super bien racontées par James Wan.

 

Laura :

Si je ne devais recommander que deux films pour passer une soirée horrifique cet Halloween, je citerais probablement ces deux-là car ils m’ont fortement marquée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas réellement eu peur ni éprouvé un sentiment de surprise pendant un visionnage. Les deux histoires, bien que différentes du point de vue du scénario, sont prenantes et bien mises en scène. Les jump scares (ces procédés de fripon pour faire sursauter læ spectateurice) sont bien dosés. Si vous êtes fan, je vous conseille également Insidious 1 et 2. James Wan, tu envoies du lourd.

La forêt de l’étrange (Over the garden wall)

 

Luna :

Court mais intense, effrayant mais drôle, n’hésitez pas, prenez 1 h et follow the candy trail

Casper

 

Luna :

Oui, je sais. Mais je n’aime pas les films qui font peur. Et il en faut bien quelques uns qui conviennent aux gamin·e·s, non ? Ne vous moquez pas d’un de mes premiers crush !

 

Laura :

Casper, c’est le genre de films que je me plais à revoir de temps à autre. Ça ne fait pas peur, l’histoire se déroule dans un manoir abandonné hyper classe et les fantômes sont sympas. Si vous ne voulez pas avoir d’œuvre inachevée à la fin de votre vie : foncez voir ce film.

Alien, le huitième passager (Alien)


 

Laura :

Je vous pose l’histoire : un vaisseau spatial perdu au fin fond de l’espace, sept membres d’équipage, une créature extraterrestre bien décidée à tou·te·s les tuer. Je ne me suis jamais ennuyée devant Alien, l’histoire se tient de bout en bout, on voit très peu la créature et l’héroïne est badass. À titre d’informations, la saga « Alien » se prolonge avec trois autres films, respectivement sortis en 1986, 1992 et 1997. J’évoquerai également Prometheus, qui s’inspire de l’histoire originale, et les deux Alien vs Predator.

 

QueenBecca

Alien, Alien, Alien. Comment vais-je pouvoir en parler sans entacher la légende. Si ce film ne m’a jamais fait peur et ne me fera jamais peur, c’est celui qui m’a fait comprendre d’où venait l’indicible angoisse que j’éprouve devant les films d’horreur des années 1980. Dans ces films on sait que la menace existe, mais c’est finalement le fait de ne pas la montrer qui crée le sentiment d’angoisse. Est-elle près de vous, ou bien se promène-t-elle au loin? Elle vous aura, c’est certain, mais quand ?
Laura s’étant déjà chargée de l’intrigue, je la pitcherai donc plus que brièvement :
Sept routiers de l’espace retournant vers la terre dans un vaisseau vétuste sont déroutés vers un signal de détresse par l’intelligence artificielle du vaisseau. Mais ce qu’ils découvriront dépassera de loin leurs simples compétences de convoyeurs de l’espace.

Mais si Alien est un film qui m’enchante, c’est également pour les messages qu’il contient. En effet, comment ne pas y voir une critique acerbe du capitalisme, qui sacrifie sa main d’œuvre pour le compte d’un profit toujours plus grand, et ce malgré sa dangerosité ? Je ne pourrai m’engager plus loin dans cette comparaison, ne voulant pas divulgâcher le film.

Pour moi Alien est également féministe : rien que la forme phallique de la créature de H.R Giger contre laquelle se bat “l’héroïne” en est une preuve certaine. Il y aurait beaucoup à dire sur cette facette du film, mais les risques de spoiler étant bien trop importants, je consacrerai un article à ce film dans les mois à venir.

Quand à vous conseiller le reste de la saga, le 2 est un must-watch qui aborde le thème de la maternité ; le 3 est à voir seulement si vous n’avez toujours pas étanché votre soif d’Aliens et pour le 4, c’est à vos risques et périls.
En tout cas, je vous souhaite un bon film, et souvenez-vous, “Dans l’espace, personne ne vous entendra crier.”

La Cabane dans les bois (The Cabin in the Woods)

 

Lysérith :

Le film d’horreur le plus cliché de tous les temps, en apparence.

 

QueenBecca :

On m’avait vendu ce film comme un fort mauvais film d’horreur. Et pourtant, même s’il part d’une overdose de clichés, tant au niveau des personnages (le stoner, la bimbo, le sportif…) qu’au niveau de l’histoire (des jeunes partant faire la fête dans une cabane au milieu de la forêt) ce film aura réussi à me surprendre plus d’une fois.

En effet le postulat de base s’efface très vite, au profit d’une histoire secondaire très bien trouvée, dont je ne parlerai pas ici, pour ne pas vous gâcher le film.

Je reprocherai quand même au film une dernière demi-heure mal exploitée, et le fait que la menace du début manque clairement d’inventivité.

Carmilla

 

Eris :

Alors, oui c’est une websérie, pas un film en soi, mais étant donné que la saison 1 en son intégralité dure 2 h 20, et qu’on a tendance à la dévorer d’une traite, je pense qu’on peut presque la considérer comme tel !
Inspirée par, et se voulant une suite contemporaine de la novella Carmilla, cette série en actuellement 4 saisons et un film suit le vlog d’une étudiante en journalisme à l’université de Silas qui se retrouve assignée une nouvelle partenaire de chambre étrange après que la précédente a mystérieusement disparu, et se rend compte que ce n’est pas la seule.
Je suis un·e grand·e fan de cette série, ne serait-ce que pour son humour, ses retournements de situations, son scénario… (et on va pas se mentir, avoir des personnages de lesbiennes et un personnage récurrent non-binaire n’est pas non plus pour me déplaire, un peu de représentation !)

Le projet Blair Witch (The Blair Witch Project)

 

Laura :

Aka Le film que j’ai vu beaucoup trop jeune et qui m’a hanté pendant plusieurs années car j’étais persuadée d’avoir visionné un enregistrement vidéo authentique. Avec le temps et l’arrivée d’Internet, je me suis rendu compte qu’il n’en était en réalité rien et qu’il s’agissait bien là d’une œuvre de fiction ayant recours à un procédé cinématographique particulier : la caméra subjective (caméra = point de vue d’un des personnages). Nous y sommes désormais un peu plus habitué·e·s car de nombreux films tels que REC, Cloverfield ou encore la série des Paranormal Activity reposent sur le même procédé. N’empêche à ce moment-là, ça m’avait bien fait flipper. Le film nous raconte l’histoire de trois étudiant·e·s en cinéma qui, armé·e·s de leurs caméras, s’étaient rendu·e·s dans la forêt de Blair pour tourner un documentaire sur la légende d’une sorcière. Comme vous vous en doutez, tout ne se passe pas exactement comme prévu. La force du film repose sur son pouvoir de suggestion auprès du ou de la spectateurice : Pas de grands effets spéciaux, pas d’images choquantes, votre imagination se charge de faire le travail.

Avec tous ces films, vous devriez avoir de quoi occuper votre soirée du 31, et même quelques-unes après ça… N’hésitez pas à nous proposer un film que vous aimez en commentaire, qu’on puisse, nous aussi, renouveler un peu nos stocks !