L’été est là, tout comme les moustiques, les journées rouges Bison Futé et comme toujours, notre brave Club de Læcture ! Après une baisse de participation à la rédaction, beaucoup d’entre nous se sont laissé·e·s tenter par le thème « Juillet, c’est BD ! »

Vous avez lu quoi chez Simonæ ?

Personnellement, j’ai lu Paradise Kiss de Ai Yazawa, qu’on connaît surtout pour Nana. Je suis pas toujours friande des shôjô (« manga pour fille ») parce que je me reconnais rarement dans ses héroïnes qui peuvent être assez cucul. Mais j’ai énormément apprécié son héroïne, Yukari. Alors que celle-ci se rend au lycée, elle est emmenée dans un petit atelier de couture après un malaise. Celui-ci a été provoqué par George et Isabella, deux étudiant·e·s dans une grande école de stylisme et à l’allure… originale. Iels lui proposent d’être leur mannequin pour le défilé de leur école, défilé qui leur permettra de valider leur dernière année d’études. Après avoir hésité, l’adolescente accepte, notamment pour plaire au beau George qui ne la laisse pas indifférente…

Yukari, rapidement surnommée « Caroline », est un peu naïve mais elle est aussi déterminée et très attachante. Les personnages sont variés et j’ai eu un grand coup de cœur pour Isabella, qui est, on le comprend rapidement, une femme trans. Je trouve ça dommage qu’elle ne soit pas plus mise en avant et que Caroline tombe amoureuse de George qui mérite souvent deux claques. J’aime beaucoup l’univers de la mode, et les soucis de Caroline (notamment par rapport à ses parents et à son avenir) m’ont touchée. Paradise Kiss n’échappe à quelques clichés du style mais reste très plaisant et aborde des thèmes forts sous ses dehors de « manga girly », et je l’ai beaucoup aimé.

Du côté de la rédaction, Pénélope Bagieu a été une lecture de référence pour deux membres avec ses albums Les Culottées !

J’ai adoré découvrir ces parcours de femmes que je ne connaissais pas. Elles m’ont fait rire et pleurer pendant 2 tomes. Ces femmes ont pris vie sous la plume talentueuse de Pénélope Bagieu et sont une preuve que la prise de pouvoir par les femmes est possible.

Agathe

J’ai allègrement profité du thème de ce mois-ci et de mes vacances bien méritées pour faire le plein de bandes dessinées. Je ne suis pas une lectrice assidue de BD et autres comics d’habitude mais j’aime bien acheter de temps en temps le travail de certaines illustratrices que je suis sur Internet. Pour mon anniversaire, ma mère m’a offert les deux tomes des Culottées, par Pénélope Bagieu. Cette série est vraiment géniale, racontant en quelques pages la biographie de femmes plus ou moins célèbres, qui n’ont pas hésité à prendre le contrôle de leur vie et d’aller jusqu’au bout de leurs rêves. Les strips peuvent être lus gratuitement sur le blog du Monde, du coup je connaissais déjà le contenu. Mais les deux livres en eux-même sont magnifiquement édités et, entre chaque biographie, on peut profiter d’une très belle illustration inédite en double page.

Shamr0dia

Shamr0dia qui ne s’est d’ailleurs pas arrêtée là dans son marathon de lecture de BD !

Ensuite, j’ai lu Le Sexe de la vraie vie de Cy et L’Origine du monde, de Liv Strömquist. Cy raconte à l’aide de petits strips hauts en couleur la sexualité et ses déboires. Les histoires sont très naturelles et permettent de « désacraliser » l’acte sexuel en montrant ses bons et ses mauvais côtés, dans des situations très diverses et inclusives.

Mais mon coup de cœur a été pour L’Origine du monde. Si ce livre a un style graphique très simple, que je n’apprécie pas au premier abord, il n’en est pas moins parfait pour le message à transmettre. Strömquist lève le voile sur des siècles de répression sexuelle et de théories farfelues sur le sexe dit féminin, et nous permet d’apprendre plus sur cet organe génital si peu connu au final, à cause des tabous imaginés par la société patriarcale. Elle traite aussi de la binarité du genre, via l’exemple des enfants intersexes qu’on réassigne à la naissance, tout en soulignant l’absurdité et la violence de ce type d’opération.

Carmille_NA s’est plongée dans le tome 1 des aventures de Kamala Khan alias Ms. Marvel, une jeune ado et récente super-héroïne !

Kamala Khan est une adolescente presque comme les autres. Quand on appartient à l’univers Marvel, cela signifie devoir gérer quelques pouvoirs surhumains en plus de sa vie au quotidien. Lorsque Kamala se découvre super-héroïne et héritière de Captain Marvel (Carol Danvers), qu’elle admire, elle découvre également un moyen de réconcilier ses désirs d’adolescente (tout ce qu’elle veut, c’est faire la fête avec les autres lycéen·ne·s dans ce premier tome) et ceux de sa famille qui préfèrerait qu’elle s’intéresse plus à ses études. C’est également un moyen pour elle d’affirmer son identité d’américaine d’origine pakistanaise et musulmane, moquée par différents personnages dont la blonde Zoé, aussi populaire que propre à balancer des clichés racistes. Son identité de super-héroïne se superpose donc à ce sentiment de dédoublement, sans jamais tomber dans un manichéisme simpliste. Le projet de Marvel avec All-New Marvel Now ! était de proposer des séries nouvelles et plus modernes en 2015. Ms. Marvel parle à toute une génération américaine racisée et féminine, à l’image de sa créatrice Sana Amanat qui désirait créer une série pour explorer la diaspora américano-musulmane, et plus largement à tout·e adolescent·e à qui on impose des labels dans lesquels iel ne se reconnaît pas forcément, comme l’explique l’autrice Gwendolyn Willow Wilson. La série allie action et humour avec brio, le tout sur fond de recherche d’identité. Lorsque Kamala obtient pour la première fois ses pouvoirs, elle dit vouloir être Captain Marvel : « être belle et trop cool et moins agressive et moins compliquée. » Elle émerge transformée en son double blond, image faussée par le désir d’être « quelqu’un d’autre. Une fille cool ». Elle laissera tomber ce costume pour s’affirmer : si elle ne sait pas encore, à la fin du premier tome, comment concilier ses désirs personnels et ceux de sa famille, elle sait du moins ce qu’elle n’est pas, et ce à quoi elle aspire. Aider les gens, même si elle doit mentir à sa famille, même si cela veut dire vivre dans le secret de sa double identité. Et c’est tellement plaisant de voir cette héroïne en herbe se chercher et aller botter les fesses des méchant·e·s.

« Miss Marvel a un message. C’est Jersey City. Ici, on parle fort, on marche vite, et on n’accepte pas le manque de respect. Point barre. »

Pour Petiteminipizza et Agathe, ce sont deux séries de manga qui ont été (re)lues : Chi et Fruits Basket !

Ce mois-ci, j’ai relu un de mes mangas favoris, Chi, une vie de chat de Konami Kanata. Ce manga tout mignon nous raconte l’histoire d’un chaton femelle trouvé dans la rue par une famille japonaise. Au départ, iels ne pensent pas le garder car iels n’ont pas le droit d’avoir d’animal de compagnie, mais qui peut résister à de grands yeux, de la fourrure si douce et des petits ronrons ? Pas moi en tout cas. Ce manga est découpé en petits chapitres qui contiennent chacun une péripétie de Chi, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’histoire avec fil rouge en filigrane. J’aime beaucoup ce manga qui se lit vite et me réconforte toujours. Les dessins sont plutôt enfantins et pleins de couleurs, et tellement mignons. Un must read à mon avis pour tout·e amoureuxe de chats qui souhaite se détendre.

Petiteminipizza

Fruit Basket s’annonçait comme un shôjô classique, mais s’est révélé être bien plus que ça. Beaucoup de thèmes abordés sont toujours d’actualité ! Je trouve personnellement l’héroïne un peu fade mais tous les personnages qui gravitent autour d’elle sont d’une immense richesse. L’histoire est originale, belle et douce. Je recommande donc si vous avez besoin d’une lecture-câlin !

Agathe

Et maintenant, une annonce de la rédaction

Quand nous avons pensé ce club de læcture, nous avons proposé des thèmes que nous vous avions présentés en décembre 2016. Cependant, deux d’entre eux seront changés : celui du mois d’octobre et celui de novembre.

Celui d’octobre était « Horroctober », et il allait donc porter sur les histoires horrifiques, un peu étranges, un peu effrayantes. Le souci est que j’ai peur que cela fasse trop doublon avec les thèmes de mars (fantastique/SF) et de juin (policier/thriller) et que je me retrouve à vous présenter une liste de livres uniquement constituée d’œuvres déjà proposées.

Ainsi, de « Horroctober », nous passons à « Bioctober » où nous lirons des (auto)biographies. Point important : vous aurez le droit de lire des hommes pour ce mois-là puisqu’il sera peut-être compliqué de trouver 15 à 20 biographies sur des femmes écrites par des femmes. Donc, vous pourrez lire des biographies traitant de femmes autrices, artistes, politiques, activistes, etc., écrites par des hommes.

Pour novembre, le thème « Nouvelles de Novembre » ne change pas de nom, mais le mot « nouvelles » change de sens. Nous devions au départ nous pencher sur des nouvelles/histoires courtes écrites par des autrices. Mais comme la plupart des autrices de nouvelles traitent également d’autres genres, comme le roman, il faudrait faire de longues recherches pour trouver UN recueil de nouvelles dans une bibliographie (comme celle de Marguerite de Yourcenar). Nous allons donc plutôt lire des correspondances. Mais peut-être que je proposerai aussi quelques titres de nouvelles et recueils de nouvelles en plus, car la correspondance… ça peut être un peu chiant à lire, il faut l’admettre.

Et en août, on lit quoi de beau ?

Ce mois-ci, nous nous intéressons à des autrices peu (re)connues venant de pays qui ne sont pas souvent représentés dans les librairies de nos vertes contrées avec le thème « Aoutsiders » ! Bon d’accord, il y a une États-unienne, mais c’est une Premières Nations.

Sur ce, je vous souhaite de bonnes læctures et je vous revois le mois prochain !