Le 22 décembre 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé que le 11 février deviendrait désormais la journée internationale des femmes et des filles en science [1]. Petit topo de la situation.

Dans le monde

À travers le monde, force est de constater que les femmes demeurent minoritaires dans les filières scientifiques, que ce soit en tant que chercheuses, professeures ou décisionnaires. [2] Plusieurs raisons à cet état de fait sont à mentionner :

– d’une part, elles doivent faire face aux préjugés et stéréotypes lié·e·s à leur genre, ainsi qu’aux limitations culturelles et sociales ;

– d’autre part, elles sont plus touchées par la précarité et le défaut d’instruction que leurs homologues masculins, elles ont également davantage de responsabilités personnelles et doivent affronter sur leur lieu de travail remarques et attitudes sexistes, harcèlement et agressions sexuel·le·s.

Ces points les empêchent souvent d’entamer et/ou de poursuivre des études dans les matières scientifiques ou de parvenir à obtenir/garder un poste à temps plein ou des financements pour leurs recherches. [2 ; 3 ; 4 ; 5]

Par exemple, cette croyance sexiste voulant qu’un homme soit plus apte et compétent pour mener à bien une carrière scientifique a un impact négatif dès le lycée auprès des jeunes femmes qui, déstabilisées par les stéréotypes et l’insuffisance de leur préparation, cherchent alors à s’orienter vers l’enseignement technique ou professionnel ou les filières littéraires. Dans le cas de figure où elles poursuivent néanmoins dans le domaine des sciences, les clichés socio-culturels se perpétuent car elles choisissent en général des filières liées aux soins et au relationnel telles que la médecine et les sciences humaines et sociales, et délaissent l’ingénierie, la physique ou encore les mathématiques. [3 ; 6]

Éprouvette avec un liquide contenant les symboles du masculin et du féminin et le texte "Girls in Science" (Filles en science)

Éprouvette avec un liquide contenant les symboles du masculin et du féminin et le texte « Girls in Science » (« Filles en science »)

Quelques chiffres

Dans le monde, seulement 28% des chercheureuses en science sont des femmes. La région possédant le plus haut pourcentage de chercheuses est l’Europe du Sud-Est (48,5%), la région avec le plus bas pourcentage est l’Asie du Sud (16,9%). [7]

En Europe occidentale et en Amérique du Nord, elles sont en moyenne 32%. En France, le chiffre est de 26% ; en Belgique, 33% ; en Suisse, 32 %. Les femmes restent sous-représentées dans la recherche et le développement dans toutes les régions du monde. [7]

En 2014, dans l’Union Européenne, elles n’étaient que 11% à posséder le grade de professeure dans les matières scientifiques. [8]

En France, alors qu’en licence, les femmes sont majoritaires à 58%, la tendance s’inverse dès le doctorat où elles ne sont plus que 47% à obtenir le grade et 26% à poursuivre dans la recherche. En 2014, elles n’étaient que 29% à être à la tête d’une institution scientifique. Elles sont par ailleurs en général moins bien payées que les hommes et leurs perspectives d’avancement sont minces. En Belgique et en Suisse, les chiffres sont respectivement de 56% et 49 % pour la licence, 46% et 45% pour le doctorat et 33% et 32% pour la recherche. Les constats concernant le salaire et les perspectives de carrière demeurent identiques à ceux de la France. [7]

Selon la dernière enquête disponible du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publiée en octobre 2016, la proportion de femmes dans les disciplines scientifiques n’a progressé en France que de 4% entre 2004-2005 et 2014-2015. [9]

Même si elles arrivent à persévérer dans le milieu scientifique, leur travail est encore bien souvent marginalisé, minimisé ou invisibilisé. Les hommes continuent en effet à dominer la production scientifique dans la majorité des pays. Pour un article dont la première autrice est une femme, on en compte presque le double (1,93) dont le premier auteur est un homme. L’article a aussi moins de chance d’être cité. Les femmes sont également en moyenne moins invitées aux colloques et programmes scientifiques internationaux que les hommes. [4 ; 10 ; 11]

Pour finir, seuls 3% des Prix Nobel scientifiques ont été décernés à des femmes, soit 16 Prix Nobels en tout dont 2 décernés à Marie Curie pour les travaux menés avec son mari sur les radiations (Prix Nobel de physique, 1903) et pour ses recherches sur le polonium et le radium (Prix Nobel de chimie, 1911). [8]

Conclusion

En cette journée internationale des femmes et des filles en science, il demeure bon de se rappeler que dans certaines régions du monde les filles n’ont toujours pas accès à l’éducation et que la parité au sein de la recherche scientifique n’est pas encore acquise.