Il y a quelques semaines, le musée d’Aquitaine, situé à Bordeaux, a lancé une exposition sur l’île de Tromelin où, suite à un naufrage, des trafiquants ont abandonné 160 esclaves malgaches. Ils ne seront secourus que quinze ans plus tard : Seul·e·s sept femmes et un bébé (né·e sur l’île) auront survécu.

Plusieurs rédacteurices de l’équipe ont découvert l’exposition et avaient envie de la voir. Je ne sors que très rarement dans les musées, mais j’étais sur place… ma conscience professionnelle a fait le reste.
Cette information ne servira qu’à me dédouaner si vous jugez ma critique de l’exposition incomplète ou non pertinente.

On va commencer par ce qui est à mon sens le gros plus de l’exposition : la forme.

Dès l’entrée, une carte est peinte sur le mur, il y a un bruit de vagues, on a la certitude de ne pas se tromper de salle. Ensuite, de grands plateaux en bois avec de la peinture vernis en relief (il m’en faut peu) donnent de nombreux détails sur la Compagnie des Indes, son histoire, Madagascar, le contenu des navires marchands… On trouve aussi quelques objets du 18e siècle en assez bon état, j’y reviendrai. Il y a même une carte interactive avec textes explicatifs pour montrer le chemin réalisé par l’Utile, le bateau qui a transporté les esclaves et fait naufrage. C’est là qu’on m’a définitivement perdue.

Le fond (parce que mine de rien c’est quand même le but de l’exposition) :

Je vais commencer par ce qui m’a gênée, car je suis comme ça : si le thème officiel de l’exposition est « Tromelin, l’île des esclaves oubliées », elle est surtout un prétexte pour présenter l’histoire de la Compagnie des Indes. Les objets exposés ne sont pas en relation avec l’Utile, mais avec les Antilles françaises (tonneaux de rhum, vêtements…). Le commerce d’esclaves est assez peu traité.
Ceci dit, les différents trafics menés à Madagascar, île d’où étaient originaires les esclaves abandonné·e·s sur l’île de Tromelin, sont plutôt bien détaillés. De plus, les informations sur la contrebande et le naufrage de l’Utile sont de première main puisqu’elles viennent du journal de l’écrivain du bord.

OK tout ça c’est cool, mais si je veux y aller ?

L’exposition est proposée par le musée d’aquitaine à Bordeaux (Tram B, arrêt du même nom) jusqu’au 30 Avril 2017. Le prix est de 6€50 pour les plus de 18 ans, 3€50 pour les étudiants (NB: Envoyer note de frais à la rédaction). Toutes les informations sont disponibles sur le site du musée.

Vous pourrez également trouver sur le site des photos de l’exposition, que je n’ai pas intégrées dans l’article pour des raisons de droits d’auteur.