Du 2 au 4 novembre 2018 aura lieu au Point Éphémère à Paris la première édition du SNAP Festival, consacré aux représentations des travailleureuses du sexe. J’ai rencontré Carmina, qui nous présente le projet.

Qu’est-ce que le SNAP Festival ?

SNAP veut dire Sex workers Narrative Art and Politics. Ce festival est une première en France, l’idée est de donner la parole aux travailleureuses du sexe, de présenter des œuvres de tout type, qui sont soit créées par des travailleureuses du sexe, soit créées dans un contexte où les travailleureuses du sexe étaient partie prenante dans le processus de réalisation des œuvres. Par exemple, le documentaire que j’ai fait avec Revue Far Ouest, je ne l’ai pas réalisé seule, mais j’ai pris part au processus de réalisation. Une programmation construite sur la base du Nothing about us without us [NDLR : Rien à propos de nous sans nous], une phrase que les travailleureuses du sexe utilisent pour préciser que quand on parle d’elleux, il faut que ce soit avec elleux et qu’iels participent en fait à cette prise de parole. Il s’agit également d’un festival dans lequel les travailleureuses du sexe – escorts, dominas, camgirls, acteurices pornos, etc. – se représentent, créent des images d’elleux-mêmes aux esthétiques très diverses, mais qui, toujours, viennent mettre à mal les stéréotypes sans cesse véhiculés sur « les prostituées » dans les médias et imaginaires dominants.
Le cœur du festival est de décréter que nos visibilités sont politiques, et que nous nous réapproprions les représentations et discours qui nous concernent.
 

Comment est venue l’idée de ce festival ?

Marianne Chargois est elle-même travailleuse du sexe et elle est très active, que ce soit dans la lutte pour l’accès aux droits et contre les discriminations au sein du STRASS, le syndicat des travailleureuses du sexe, dans la création de festivals (Explicit, WHAT THE FUCK ? FEST) – on la croise dans tous les festivals en Europe. Elle est activiste mais également performeuse, elle travaille depuis longtemps sur des formes de visibilités du travail sexuel, sur le changement de regard sur celui-ci. Son but est aussi de favoriser les proliférations de discours et représentations des concerné·es, dans le respect de l’hétérogénéité des profils qui composent les populations travailleureuses du sexe. C’est pour cela qu’elle a initié le collectif Art Whore Connexion, un collectif de travailleureuses du sexe qui crée une forme d’Art Pute, qui est un peu la phrase qu’elle a retenu pour ce festival : mettre en avant l’art pute par opposition à la façon dont les médias représentent les travailleureuses du sexe qui est toujours un peu voyeuriste, un peu scandaleuse et puis fausse la plupart du temps. Le festival est porté par le collectif, en partenariat avec le STRASS, et organisé par Marianne.
 

Affiche du film Là où les putains n’existent pas réalisé par Ovidie, 2017.

Affiche du film Là où les putains n’existent pas réalisé par Ovidie, 2017.

Quel type de programmation pourra-t-on découvrir ?

Le festival aura lieu au Point Éphémère. Il va y avoir plusieurs projections, toutes suivies de rencontres-discussions, des spectacles, performances, concerts, tables rondes… Par exemple, sont programmés des spectacles de Matthieu Hocquemiller, mais aussi une représentation de La Belle Indifférence de Gaëlle Bourges, et Daniel Hellmann va venir faire son happening Full Service. Ovidie sera également présente pour présenter Là où les Putains n’existent pas, qui est très attendu, sur le modèle suédois et sur le meurtre de la travailleuse du sexe suédoise Eva-Marree Smith Kullander, il y a quelques années. Une table ronde sur la pornographie aura également lieu avec des acteurices françaises, notamment Liza Del Sierra. Romy Alizé participera aussi à une conférence et présentera son travail photographique. Beaucoup de spectacle vivant, beaucoup de projections de films, de documentaires, de courts-métrages, de longs-métrages également. Il va y avoir un endroit piercing et tatouage, ainsi qu’une exposition, des tables rondes, des conférences, des rencontres avec les réalisateurices et avec des travailleureuses du sexe… et puis évidemment un peu la fête avec des DJ sets, des choses un peu comme ça.

Comment s’est construite cette programmation ? Il y a eu un appel à projets ?

Oui, tout à fait ! Étant donné que Marianne connaît beaucoup de personnes qui sont dans le travail du sexe, elle a lancé un appel. Les personnes ont soumis leur travail, mais il faut savoir aussi que comme Marianne connaît beaucoup les festivals, elle va elle aussi aller chercher les films, elle collecte des œuvres et contacts depuis qu’elle a commencé à mettre en place le festival, depuis plus d’un an. Par exemple c’est elle qui m’a demandé que je lui envoie le documentaire sur la webcam auquel j’ai contribué, parce qu’elle savait qu’il y avait ce film. Dans tous les cas, pour soumettre un projet, la condition sine qua none est que les personnes soient ou aient été travailleureuses du sexe.
 

Est-ce que le festival peut rencontrer des soucis au niveau légal ?

Aucun, les travailleureuses du sexe ne proposeront pas de services sexuels au festival, iels seront présent·es en tant qu’expert·es, artistes, militant·es, réalisateurices, performeureuses, etc.
De plus, être travailleureuse du sexe n’est pas illégal en France (même si toutes les lois qui existent entravent son activité).

Quels retours avez-vous eu depuis l’annonce du festival ?

Très positifs. Beaucoup de monde a soumis des projets, des performances, etc. Tellement qu’évidemment on n’a pas pu tout prendre. On ne peut pas diffuser tous les films qu’on nous a envoyé, on ne peut pas prendre toutes les performances qu’on nous a proposé non plus. Mais c’est une très bonne réponse et j’ai l’impression que même le grand public est assez anxieux de venir, et de pouvoir voir un peu ce qu’on va faire pendant le festival.

 

Photographie du spectacle La Belle Indifférence de Gaëlle Bourges. Crédits : D. Voirin.

Photographie du spectacle La Belle Indifférence de Gaëlle Bourges. Crédits : D. Voirin.

Le festival est-il ouvert aux personnes non sensibilisées au travail du sexe ?

Ce qu’on cherche à atteindre c’est justement le public qui n’est pas travailleur du sexe, qui n’est pas au courant, qui n’est pas forcément déconstruit, ni féministe. On cherche justement à aller chercher les gens pour leur faire comprendre, pour leur expliquer un peu le monde du travail du sexe. On voudrait éviter d’être face à un public qui est uniquement queer et travailleur du sexe et de rester dans un entre-soi. Là, justement, on veut que que ce soit aussi des gens non TDS qui viennent, des gens qui sont curieux un peu d’en savoir plus et qui veulent en apprendre plus sur la situation, qu’iels écoutent les personnes parler de ce qu’elles savent. Pas les reportages télévisés un peu voyeuristes. Pour moi la clef elle est là, c’est que le grand public vienne et vienne écouter ce qu’on a à dire. L’enjeu est de déconstruire les idées reçues sur le travail sexuel, d’assumer aussi une forme d’enjeu pédagogique qui expliquerait que lorsqu’il est question de travail sexuel, il est en réalité question de LGBTphobies et de sexisme, de migrations, de résistances des minorités exclues, d’empowerment et de féminisme.

« Ce qu'on cherche à atteindre c'est justement le public qui n'est pas travailleur du sexe, qui n'est pas au courant, qui n'est pas forcément déconstruit, ni féministe. »

La programmation a-t-elle été faite avec un regard pour la diversité ?

Absolument. Toute la programmation a été construite de façon à ce qu’elle soit représentative de la diversité des personnes qui exercent les métiers du sexe, bien sûr diversité des genres, diversité des corps, mais aussi diversité des parcours de migrations. Les tables rondes mettent également en discussion le législatif sur différents points : les nouvelles lois FOSTASESTA, la pénalisation des client·es, les effets des lois anti-migratoires sur les plus précaires et les séropositifes.

« Le travail du sexe et les travailleureuses du sexe sont un peu au milieu de toutes les questions politiques et sociales actuelles. (...) On veut reprendre la parole et déconstruire ces stéréotypes qui créent le stigmate. »

Comment est représenté le travail du sexe aujourd’hui ?

Le problème c’est que souvent dans les médias, il y a une manière de représenter le travail du sexe qui est toujours caricaturé. En gros, tu as le choix : c’est soit très stigmatisant soit racoleur. Ça va être l’image d’Épinal d’une domina avec du latex, super sexy mais caricaturée comme si c’était la réalité du travail du sexe, ou alors l’inverse, des filles qui sont montrées avec le visage flouté sur les trottoirs, un truc qui fait un peu sale et qui est vraiment stigmatisant. Donc en gros il n’y a le choix qu’entre ces deux représentations, alors qu’au final il y a un vrai enjeu politique dans le travail du sexe, que ce soit au niveau de la sexualité, des rapports de classe dans la société, des rapports de genres, de l’égalité homme-femme, de la place des personnes LGBT+ aussi. Finalement le travail du sexe et les travailleureuses du sexe sont un peu au milieu de toutes les questions politiques et sociales actuelles : le féminisme, la question queer, la migration, la liberté sexuelle… Le travail du sexe est vraiment au milieu de tout ça. Et pas du tout comme c’est représenté dans les médias. C’est ni un sujet pour vendre ni un truc un peu sale représenté grossièrement. C’est pour ça qu’on veut reprendre la parole et déconstruire ces stéréotypes qui créent le stigmate.
 

Le SNAP est-il fait dans un objectif de revendications politiques ?

Bien sûr, ce festival est éminemment politique. Les enjeux sont humains et réels : les travailleureuses du sexe sont constamment victimes de violences et de discriminations, le meurtre récent de Vanessa Campos illustrant bien le condensé de putophobie et de transphobie à l’œuvre. Les représentations infériorisantes à notre encontre ont des effets dans le réel, elles créent des violences inouïes envers nous.
 

Image du film <em>Daspu</em>.

Image du film Daspu.

Comment se situe la France par rapport à l’étranger sur les représentations des TDS ?

On représente toujours la France comme le pays des Droits de l’Homme mais il faut savoir que la situation en France est catastrophique pour les travailleuses du sexe. Les politiques abolitionnistes rendent nos vies invivables. On n’est pas vraiment un exemple, surtout sur ce genre de questions par rapport aux travailleureuses du sexe, surtout par rapport à celleux qui sont immigré·es ou transgenres. On est en retard par rapport à là où on devrait en être si on essayait de coller aux prétendues valeurs humanistes et historiques de la France. De plus en plus de pays européens adoptent le modèle suédois de pénalisation des client·es, à l’instar malheureusement de la France il y a déjà 2 ans. Mais ce sont des enjeux qui ne sont plus que nationaux, lorsqu’on voit que la loi FOSTA-SESTA votée il y a quelques mois aux États-Unis a des incidences sur les travailleureuses du sexe à l’international.

« On représente toujours la France comme le pays des Droits de l'Homme mais il faut savoir que la situation en France est catastrophique pour les travailleuses du sexe... »

Quelles perspectives pour le SNAP après la première édition ?

On espère qu’il va y avoir du monde, ça a l’air bien parti. On a une programmation qui est vraiment chouette et, pour une fois, où les travailleureuses du sexe ont la parole. Enfin les concerné·es peuvent s’exprimer.

 

Le programme du festival

Découvrir ici le calendrier par jour

Les longs-métrages

Las Gorasoles de Nicaragua – Florence Jaugey
Ce documentaire suit une partie des seize femmes TDS qui ont été nommées assistantes judiciaires par la Cour suprême du Nicaragua pour faciliter la résolution des conflits qui surviennent dans leur travail.

EMPOWER Perspectives de Travailleuses du sexe – Marianne Chargois
Série de trois portraits de travailleuses du sexe qui met à l’honneur leurs paroles, leurs combats et leurs engagements, réalisés en collaboration active avec les protagonistes.

Live Nude Girls Unite – Julia Query et Vicky Funary
Film documentaire à la première personne sorti en 2000, retraçant la grève et la syndicalisation des danseuses du bar à strip-tease le « Lusty Lady » de San Francisco.

Thema Domina : Kopfkino – Lene Berg
Huit femmes sont assises derrière une longue table vêtues de diverses tenues fétichistes sexuelles clichées et échangent autour de leur métier, qui est de réaliser les fantasmes sexuels de leurs client·es – soit comme esclaves, soit comme dominatrices.

Image du film Kopfkino de Lene Berg.

Image du film Kopfkino de Lene Berg.

Kaliarda – Paola Revenioti
Ce documentaire retrace l’histoire de Kaliarda, un langage argotique secret inventé par des travailleureuses du sexe grec·ques comme un moyen de protection, qui s’est développé à partir des années 1940.

Daspu – collectif Davida
Daspu Fashion Label a été créé par Davida, un collectif de travailleureuses du sexe basé à Rio de Janeiro qui cherche à renforcer la lutte contre la discrimination des travailleuses et travailleurs sexuels et à promouvoir la prévention des MST et du sida. Le film Daspu – putas prêt-à-porter suit les premières années de Daspu, ses protagonistes, ses performances, ses défis et ses succès.

Yes, We Fuck ! – Antonio Centeno et Raùl de la Moréna
Documentaire qui aborde la sexualité chez les personnes en situation de handicap.

Là où les Putains n’existent pas – Ovidie
Dans un réquisitoire convaincant, la réalisatrice Ovidie dénonce les abus de pouvoir commis par un État suédois prétendument protecteur, avec comme point de départ la tragédie d’Eva-Marree, privée de ses enfants pour prostitution puis tuée par leur père.

Les courts-métrages

Putes & Féministes 1 : POV et Putes & Féministes 2 : Auto-représentations
Discriminations putophobes, empouvoirement et dérision sont les moteurs de ces représentations créées par les personnes concernées.

Sex Work is Work
Sélection de courts-métrages internationaux donnant à voir les vies des travailleureuses du sexe dans différents contextes législatifs, leurs luttes, leurs résistances au stigma et aux discriminations.
 

Putes & féministes 2 - An Open Letter.

Putes & féministes 2 – An Open Letter.

Les spectacles

Concert de Lady McGrew, Hookers Do It Standing Up – a stand-up hip-hop mash-up
Pute le jour, artiste la nuit, directrice de Sex Workers Alliance Ireland par la peau des dents. Ses chansons hip-hop et reggae originales relatent autant de moments inattendus que son premier client, la perte hilarante de son meilleur client, des instantanés de la réalité des travailleuses du sexe, y compris les effets d’une nouvelle loi dangereuse en Irlande.

La Belle Indifférence – de Gaëlle Bourges
La Belle Indifférence dresse deux petits catalogues, l’un fait d’images, l’autre de récits. Le premier présente une série de nus trouvés dans la peinture occidentale entre le XVIe et le XIXe siècles ; le deuxième expose des voix égrenant tour à tour des récits d’histoire de l’art et des récits de travail sexuel.

Le Corps du Roi – Matthieu Hocquemiller
Dialogue entre Mathieu Jedrazak, performeur et chanteur lyrique, et Mimi Aum Neko, performeuse, trans activiste, travailleuse du sexe et réfugiée politique thaïlandaise. S’y mêlent des éléments autobiographiques et des références historiques allant de la Reine des Neiges au Roi de Thaïlande, d’Ulysse et Circé aux luttes des travailleureuses du sexe.

Soirée Perfs Put’
Les Perfs Putes, ce sont 8 travailleureuses du sexe qui analysent les multiples transgressions de frontières activées dans leurs vies : frontières de genre, de norme, d’usage de soi, sérologique, géographique.

Soirée Perfs Put’.

Soirée Perfs Put’.

SNAP SHOUTS : Concert de Clôture avec Zelda Weinen, Martin Dust, King Baxter

Full Service – performance interactive de Daniel Hellmann
Le performeur Daniel Hellmann est prêt à fournir tous les services que les passant·es ou les spectateurices pourraient souhaiter – tant que le performeur et læ participant·e parviennent à se mettre d’accord sur un prix. Le panel des services est considérable : « Je te fais un sandwich », « Je te fais une fellation », « Je fais tes impôts ». Full service est un jeu dont on ne connaît jamais l’issue.

Le Baiser de la Pute – LNI
Le Baiser de la Pute propose une dynamique public/auteurice autour d’échanges charnels tarifés. Il s’agit d’une invitation à déstigmatiser le travail sexuel, une proposition faite aux femmes de tirer profit du stigmate.
 

Les conférences et tables rondes

Wish You Would Hear: Sex Worker Visibility and Perceptibility, from Postcards to the Virtual Spacel – conférence de Alex Tigchelaar
Cette conférence se penche sur les impacts des propositions de lois SESTA/FOSTA et de la surveillance numérique des travailleureuses du sexe sous des lois états-uniennes draconiennes.

Sex Cam – projection et conférence de Carmina
Autour de la projection du documentaire Amateurs Professionnels coréalisé avec la Revue Far Ouest, Carmina abordera les questions de live cam, sex cam, webcam porno, de travail, de féminisme, d’empowerment et d’économie numérique.

Travail du sexe & Migrations : Crossings – Migrant Sex workers stories – projection et table ronde avec Luca Stevenson, Giovanna Murillo Rincon, Juan Florian, Calo Giacometti et Hélène Le Bail
Projection suivie d’une table ronde mettant en perspective les lois anti-migratoires, les législations sur le travail sexuel en France et en Europe, et leurs conséquences sur les vies des personnes en parcours de migration.

Porno : Représentations & Conditions de Travail – table ronde avec Romy, Liza Del Sierra, Alex Tivoli et Misungui
Porno-féminisme, porno mainstream, slut-shaming et conditions de travail seront discutés par les personnes qui le font, dans cette table-ronde qui sera rythmée par des projections de films courts

Et aussi…

Exposition collective : Parental Advisory Explicit Females
Sans surprise, Parental Advisory Explicit Females met à l’honneur l’autoreprésentation et l’art pute ! Les œuvres présentées ont toutes été créées directement par des travailleuses du sexe ou en collaboration active avec celles-ci, au sein de collectifs. L’exposition s’attache à rendre compte de la diversité des points de vue, des expressions et des identités des travailleuses du sexe en France et à l’international.

Espace piercing et tatouage : Bod Mod Dysphoria / Gordon B. Rec et Maxime Maes
Putes, queers, transgenre, freaks, pédés, dark shanti, cyborg… Gordon B. Rec et Maxime Maes ambitionnent de proposer de jolies modifications corporelles, accessibles à tou·tes, pour le plaisir des un·es et des autres, que vous soyez déjà complètement accro ou simple novice.

Rendez-vous les 2, 3 et 4 novembre 2018 au Point Ephémère pour la première édition du SNAP Festival ! On espère vous y voir nombreuxes. En attendant, vous pouvez retrouver toutes les informations sur leur site Web, et rester informé·es grâce à Facebook, Twitter et Instagram.