Vous vous demandez probablement quel est l’intérêt de connaître le contenu du sac d’un·e inconnu·e ? Le sac et ce qu’il contient, quelle que soit la personne, reflète sa vie. C’est encore plus vrai pour les personnes avec une particularité de santé [1] parce qu’elles dépendent, parfois de manière vitale, de divers objets. Cet article a pour but de montrer que dans quelque chose d’aussi trivial qu’un sac se cachent les éléments dont ont besoin ces personnes pour vivre dans un monde de valides.

Mon sac

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Mon sac est un tote bag vert avec des motifs de plantes beiges. Il est assez grand pour contenir plein de bazar tout en étant très solide ! Voici le bazar en question :

  • Un livre, en ce moment : Sorcières, Sages-femmes & Infirmières – Une histoirE des femmes soignantes. Vimairetta en avait parlé dans une Lecture Flash et j’ai tout de suite accroché au propos. J’ai toujours un livre sur moi et je profite de chaque moment disponible pour lire, que ce soit dans le métro ou à la fac !
  • J’ai un portefeuille et un porte-monnaie pour mes papiers et ma petite monnaie. Les deux sont assez vieux mais je n’en ai jamais trouvé d’aussi pratiques et solides.
  • J’ai aussi des lunettes de soleil, adaptées à ma vue de personne très myope. Là où j’habite, le soleil brille environ deux fois par mois mais ces lunettes sont beaucoup trop belles pour être laissées au placard. J’ai encore le fol espoir qu’elles attirent le beau temps…
  • Un des indispensables de mon sac est aussi mon tarot divinatoire et le carnet de notes qui va avec. Je tire les cartes depuis longtemps et mon tarot a un rôle un peu doudou. J’adore tirer quelques cartes dans le bus le matin, ou faire un tirage surprise à quelqu’un·e de mon entourage. Je note les interprétations dans un petit carnet que je conserve avec le jeu. Le tout se balade librement dans mon sac ! Si le jeu est un peu patiné par l’usage, les cartes sont résistantes et n’ont pas été abîmées.

Je n’aime pas l’idée de posséder plusieurs sacs, ou plusieurs portefeuilles. Je préfère acheter quelque chose de solide, qui tiendra longtemps, et recycler ou donner une seconde vie quand l’objet est trop abîmé pour l’utiliser.

Ma pochette

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Ma pochette constitue l’élément central de mon sac. Elle apparaît compacte mais l’intérieur est digne du sac de Mary Poppins. Je me sers de ce qui est dedans presque tous les jours !

  • Des mouchoirs lavables : les mouchoirs à usage unique polluent, m’irritent le nez et ont tendance à faire gonfler la facture des courses en cas de rhume. Je m’en suis donc fabriqué un petit stock version lavable à partir d’un vieux T-shirt. Je m’en sers comme d’un mouchoir jetable, la différence étant que je le jette dans mon panier à linge sale et non à la poubelle !
  • Une serviette hygiénique lavable. Ce modèle vient de la boutique de Coffin Rock, dont nous avions interviewé la créatrice. J’adore le motif et la praticité de la serviette, qui se plie pour n’être pas plus encombrante qu’une version jetable. Très pratique en cas de règles imprévues ! J’ai également un tampon. Je n’en mets jamais, je n’ai aucune idée de ce qu’il fait là… Il servira sûrement à dépanner quelqu’un·e.
  • Du gel hydroalcoolique. Il me sert souvent parce que je n’ai pas toujours accès à de l’eau chaude et du savon hors de chez moi.
  • Un chiffon à lunettes avec un joli motif. Avant qu’on me l’offre, j’optais pour la technique du nettoyage de lunettes à la barbare, soit avec un coin de vêtement. Maintenant mes lunettes sont un peu mieux entretenues, et avec classe s’il vous plaît !
  • J’ai également un petit sachet d’herbes aromatiques, concocté avec amour par une personne que j’aime beaucoup. Je l’ai depuis presque un an et il parfume toujours aussi bien ma pochette.

Zoom sur mon handicap : la déficience auditive

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Enfin, nous arrivons au cœur de mon sac, de ma pochette et surtout de ma vie. Les objets suivants me sont indispensables au quotidien. Quand je ne les ai pas, mon autonomie en prend un coup.

  • Les boîtes de mes appareils auditifs. Souvent confondues avec des souris d’ordinateur high tech, ces boîtes me servent à ranger mes appareils quand je ne suis pas chez moi. Sans elles, je n’enlève pas mes appareils auditifs. Ils coûtent bien trop chers pour que je me permette de les abîmer ou de ne pas en prendre soin. Les prix varient selon la marque, le type d’option sur les appareils et la capacité de remboursement de la mutuelle de la personne. Les miens ont coûté environ 3 700 euros.
  • Les piles pour faire fonctionner mes appareils auditifs. Elles sont indispensables et le type de pile varie selon le type d’appareils. Une plaquette coûte entre 6 et 7 euros et dure environ un mois. La sécurité sociale rembourse 12 plaquettes par an, une fois dans l’année. C’est à la personne d’avancer les frais sur une année entière avant le remboursement. Il est donc hors de question de perdre ne serait-ce qu’une plaquette tant le remboursement est calculé au mois près.
  • Un fil de nettoyage. Il est gratuit et fourni avec les appareils. La partie de l’appareil qui va dans l’oreille se bouche régulièrement à cause du cérumen. Il faut alors démonter l’appareil pour venir nettoyer l’intérieur avec ce fil spécifique. Quelle que soit l’intensité avec laquelle je nettoie mes appareils et les objets de nettoyage, il y a toujours du cérumen partout. Le handicap n’est pas aseptisé !
  • En parlant de nettoyage, voici les lingettes spéciales pour nettoyer les appareils. Je ne peux utiliser qu’elles pour le nettoyage, tout autre produit étant susceptible d’endommager l’appareil. Une boîte d’une trentaine de lingettes coûte en moyenne 10 euros et n’est pas remboursée. Le nettoyage doit cependant se faire tous les jours pour contribuer au bon fonctionnement des appareils auditifs.
  • Last but not least : les piles usagées. Il y en a partout. Vraiment partout. J’essaye de les centraliser pour les déposer dans des centres de collecte mais j’en retrouve systématiquement au fond de mon sac, de ma pochette et dans des endroits divers chez moi.

C’est la fin de ce premier article « Dans mon sac… ». Nous espérons qu’il vous a plu et a été instructif, et si le sujet vous intéresse, nous en écrirons probablement d’autres !

[1] L’emploi de l’expression « particularité de santé » vise à englober le plus de personnes possibles. Tout le monde ne se définit pas nécessairement comme « handicapé·es » ou « malade ». Le choix de la terminologie appartient à chaque personne concernée, n’hésitez pas à demander à votre interlocuteurice pour ne pas commettre d’impair !