Nous sommes le 17 octobre et c’est aujourd’hui la journée mondiale du don d’organes et de la greffe. C’est donc l’occasion idéale pour s’informer sur le sujet : qui peut donner, qu’est-ce que l’on peut donner, comment exprimer le consentement à donner ou au contraire le refus d’être donneureuse autant de son vivant qu’après sa mort. Tout cela sera abordé dans cet article.

Questions pratiques

Que pouvons-nous donner ?

Cela peut paraître bête comme questionnement mais en pratique, il y a des nuances. En effet, on peut être donneureuse d’organes mais aussi donneureuse de tissus et de cellules.
Parmi les organes, nous pouvons donner le cœur, les reins, les poumons, le foie, le pancréas, les intestins.
Parmi les tissus humains, on peut donner la peau, la cornée, les valves cardiaques, des os, tendons, veines et ligaments.
Parmi les cellules, on peut faire don de sa moelle osseuse, de ses globules rouges, de son plasma et de ses plaquettes.

Qui peut donner ?

Potentiellement tout le monde ! Nous reviendrons sur le consentement un peu plus tard dans l’article. Après le consentement, ce qui est déterminant, c’est la santé de læ donneureuse. Si l’on prend le cas d’une personne en bonne santé, en France, il est possible de faire don de son cœur jusqu’à 65 ans. Pour les poumons, c’est jusqu’à 70 ans, le foie jusqu’à 80 ans, les reins jusqu’à 85 ans et pour les cornées, le donneur peut avoir plus de 90 ans.

Exprimer son consentement ou son refus : que nous dit la loi ?

Le consentement est la notion centrale lorsque l’on parle du don d’organes. La loi nous dit également que le don doit être gratuit et anonyme.

Si l’on décède et que l’état de santé des organes permettent de les prélever en vue d’une greffe, les médecins vont consulter le Registre national des refus. Si le nom de la personne décédée y figure, iels ne pourront prélever ni organes ni tissus. Si le nom n’y figure pas, la loi considère qu’elle est donneuse. C’est ce qu’on appelle le consentement présumé. Jusqu’au 1er janvier 2017, les proches étaient consulté·es, et s’iels affirmaient que la personne était contre, on ne pouvait pas prélever ses organes. Ce n’est plus le cas, si nous ne sommes pas inscrit·es sur le Registre national des refus, nous sommes obligatoirement considéré·es comme donneureuse.

Si l’on veut vraiment être donneureuse, il faut se procurer ici la carte de donneureuse d’organes à garder tout le temps sur soi. Si les médecins la trouvent, cela indique le consentement total.

Comment s’inscrire sur le Registre national des refus ?

La liberté de disposer de son corps doit continuer même après la mort. Les campagnes incitant au don d’organes sont très importantes mais il est tout aussi important d’informer des possibilités de refus du don de ses organes.
Concernant le refus du don de ses organes ou tissus, il y a deux cas de figures qui se présentent :

Le refus partiel

On peut décider de donner certains organes mais pas d’autres. Dans ce cas, une inscription au RNR n’est pas nécessaire. Il vous suffit soit d’en parler aux proches, soit de l’indiquer sur la carte de donneur ou encore de l’écrire sur papier libre à garder sur soi.

Le refus total

Dans ce cas, il faudra s’inscrire au RNR. Vous pouvez faire la démarche en ligne ou télécharger ce formulaire qu’il faudra envoyer par voie postale à l’Agence de la biomédecine (Agence de la biomédecine, Registre national des refus, 1 avenue du Stade de France, 93212 SAINT-DENIS LA PLAINE CEDEX), accompagné d’une photocopie d’un document officiel d’identité (carte d’identité, passeport, permis de conduire, titre de séjour). Vous pouvez demander une confirmation de l’inscription et dans ce cas, il faudra joindre une enveloppe timbrée et libellée à votre adresse.

C’est une démarche qui peut paraître un peu laborieuse mais c’est la seule façon de s’assurer qu’aucun organe ne sera prélevé. Si, après inscription au registre, on change d’avis, il faudra écrire une lettre simple disant que l’on ne souhaite plus être sur le registre.

Le don de son corps à la science

Ce n’est pas la journée du don à la science mais c’est une question qui peut être également abordée lorsque l’on parle du don d’organes. Ce que l’on appelle donner son corps à la science est le fait de mettre à disposition notre corps aux facultés de médecine afin que les étudiant·es ou chercheureuses utilisent notre corps à des fins d’entraînement, de découverte du corps humain et de l’anatomie humaine ou à l’avancée de la science si notre cas est particulier.

Pour cela, il suffit de contacter par écrit une faculté de médecine pour faire part de sa volonté de leur donner votre corps à votre mort. La faculté va demander de compléter une fiche de renseignements, une photocopie d’un document d’identité et une enveloppe timbrée à l’adresse de la personne afin de lui envoyer un carte de donneureuse. Lors du décès, si une personne possède cette carte, son corps sera emmené dans une faculté de médecine. Sans cette carte, pas de don du corps à la science.

Il faut savoir que le corps donné à la science ne sera pas rendu à la famille. C’est l’établissement qui a pris en charge le corps qui procédera à l’inhumation ou la crémation. Dans ce cas, les cendres peuvent être données à la famille.
Vous pouvez consulter ce lien pour plus de précisions.