Après avoir parlé du don d’organe, nous allons aborder le sujet du don du sang, don de plaquettes et don de plasma. En quoi consistent ces dons, comment se déroulent-ils, et surtout quelles sont les règles en vigueur en France, en Suisse et en Belgique ?

La différence entre don de sang, de plaquettes et de plasma

Lorsque l’on parle de sang, nous utilisons un terme générique qui englobe plusieurs composants différents. En effet, le sang est composé de globules, plaquettes et plasma.

Lors d’un don de sang, nous donnons les trois en même temps sans distinction.

Lors d’un don de plasma, notre sang passe dans une centrifugeuse : on ne s’intéresse qu’à la partie liquide du sang et l’on redonne à læ donneureuse les globules (blancs et rouges) ainsi que les plaquettes. Le plasma contient des éléments utiles pour des grand·es brûlé·es, des personnes immuno-déficientes ou hémophiles :

– l’albumine qui maintient et restaure le volume sanguin ;
– l’immunoglobuline qui aide à la production d’anticorps ;
– des facteurs de coagulation qui aident à la coagulation.

Lors d’un don de plaquettes, comme pour le don de plasma, on isole spécifiquement les plaquettes contenues dans le sang. Les plaquettes sont également récoltées lors d’un simple don du sang mais cela ne suffit pas en vue de la demande.

Les groupes sanguins et les rhésus

Tout d’abord, commençons par une petite explication autour du sang, du système ABO et des rhésus. Il y a quatre groupes sanguins et deux rhésus : A, B, AB, et O pour les groupes sanguins et positif ou négatif pour les rhésus. Ils sont déterminants lorsque l’on veut faire des transfusions sanguines. En cas d’accident, il est important de connaître son groupe sanguin ou d’avoir toujours sur soi une carte qui atteste de notre groupe sanguin.

Pour connaître votre groupe sanguin et votre rhésus, vous pouvez :

– faire une prise de sang : vous pouvez demander à votre médecien·ne de vous en prescrire une ;
– faire un don de sang : il suffit d’appeler le centre quelques jours après votre don et iels pourront vous en informer.

Les groupes sanguins sont déterminés en fonction des antigènes présents à la surface des globules rouges. Si vous avez des antigènes A, votre groupe sanguin sera A. Si vous avez des antigènes B, votre groupe sanguin sera B. Si vous avez des antigènes A et B, vous serez AB. Si vous n’avez pas d’antigènes A ni B, vous serez du groupe sanguin O.

Concernant le rhésus, c’est la présence ou l’absence de l’antigène D qui le détermine. Si vous avez cet antigène D, vous aurez un rhésus positif. Si vous ne l’avez pas, vous aurez un rhésus négatif.

Ce système, que l’on appelle le système ABO, est majoritaire, mais il faut savoir que ce n’est pas un système universel et qu’il en existe d’autres ! Il y a notamment le système Kell : votre groupe sanguin est déterminé en fonction de la présence ou de l’absence d’un antigène K.

Il a été dit plus haut que le groupe sanguin et le rhésus sont déterminants lors d’une transfusion mais qu’est-ce que cela implique concrètement ?

Nous ne pouvons pas recevoir n’importe quel type de sang. Idéalement, læ donneureuse doit avoir le même groupe sanguin que læ receveureuse pour que son sang soit accepté par l’organisme. Mais il y a des exceptions à ce principe. Les mêmes règles s’appliquent pour les plaquettes.

– Si vous êtes AB + (groupe sanguin AB et rhésus positif), vous êtes receveureuse universel·le. Cela veut donc dire que vous pouvez recevoir du sang d’un donneur A, B, AB et O, que le rhésus soit positif ou négatif.

– Si vous êtes O – (groupe sanguin O et rhésus négatif), vous êtes donneureuse universel·le. Cela veut donc dire que votre sang peut être transfusé à des receveureuses A, B, AB et O. Mais en contrepartie, vous ne pouvez recevoir que du sang de donneureuses O -.

En ce qui concerne le don de plasma, c’est l’inverse ! En effet, les personnes du groupe AB sont donneureuses universel·les et les personnes du groupe O sont receveureuses universel·les. Le rhésus n’entre pas en compte dans le don de plasma.

Où peut-on donner son sang ?

En France :

Pour savoir où vous pouvez faire un don de sang, plaquettes ou plasma, vous pouvez vous rendre ici sur le site de l’EFS (Établissement français du sang). Il suffira de rechercher votre ville pour savoir s’il y a un lieu de collecte fixe ou mobile près de chez vous.

En Belgique :

Pour savoir où vous pouvez faire un don de sang, plaquettes ou plasma, vous pouvez vous rendre sur le site de la Croix Rouge Belgique ou bien prendre contact au numéro 0800 92 245. Sur le site, il vous suffit d’entrer le code postal de votre commune pour trouver le lieu de collecte fixe ou mobile le plus proche.

En Suisse :

Pour savoir où vous pouvez faire un don de sang, plaquettes ou plasma, vous pouvez vous rendre sur le site Blutspende.ch et y entrer votre code postal pour connaître les dates et lieux des prochaines collectes. De plus, il existe une application mobile de don du sang, dont les infos se trouvent également sur Blutspende.

Comment se déroulent les différents dons ?

Sang

Il y a un minimum de 420 ml de sang prélevé et un maximum de 480 ml, selon le poids de læ donneureuse.

Le don de sang dure environ 45 minutes : dans ce temps, on compte l’entretien pré-don où l’on vous posera les questions, plus le prélèvement qui dure à lui seul entre 8 et 10 minutes, ainsi qu’un temps de repos après le don.

On ne peut pas donner son sang tout le temps : en effet, il faut respecter un délai de 8 semaines minimum entre 2 dons. De plus, la fréquence des dons de sang diffère selon le sexe de la personne. En France, une femme pourra donner son sang 4 fois par an alors qu’un homme pourra le donner jusqu’à 6 fois. En Suisse, le maximum est à 3 fois pour les premières et à 4 fois pour les secondes. En Belgique, aucune restriction sur ce critère n’existe.

Plaquettes

Le don s’effectue par rendez-vous. On vous prélèvera entre 450 et 650 ml de plasma riche en plaquettes. Le don en lui-même dure 90 minutes et il faut compter 2 heures en tout. Le délai entre 2 dons de plaquettes est de 2 semaines à 1 mois suivant le pays et l’on peut donner jusqu’à 12 fois par an en France. En Suisse et en Belgique, il n’existe pas de restrictions à ce niveau-là.

La Belgique a ici une spécificité : vous devez obligatoirement être du groupe O ou A.

Plasma

Pour le don de plasma, il faudra prendre rendez-vous. De plus, l’EFS demande un avis médical positif d’un·e médecien·ne afin d’effectuer le prélèvement. Il faudra compter environ 1 h 30 en tout, dont 1 heure pour le don en lui-même. On peut prélever jusqu’à 750 ml de plasma. En ce qui concerne la fréquence, un don de plasma peut être fait toutes les 2 semaines et l’on peut donner jusqu’à 24 fois par an.

Qui peut donner son sang, ses plaquettes ou son plasma ?

Il existe une série de critères déterminants si vous pouvez ou non effectuer un don de sang, de plaquettes et de plasma. Pour le don de plaquettes, nous avons déjà vu qu’en Belgique il faut être obligatoirement des groupes O et A, mais plus largement il y a aussi d’autres limitations.

L’un des premiers critères est celui du poids : vous ne pouvez pas donner votre sang, vos plaquettes ou votre plasma si vous pesez moins de 50 kilos. C’est un critère non négociable.

Un autre critère important, l’âge : vous devez être majeur·es afin de pouvoir donner votre sang, vos plaquettes ou votre plasma. L’âge maximal varie selon les pays : de 60 à 66 ans pour les nouveaux donneurs et de 70 à 75 ans pour les donneurs réguliers. Il est donc important de vérifier précisément ces conditions et de suivre les conseils de læ médecien·ne, qui peut vous conseiller l’arrêt du don, voire s’y opposer.

Une série de restrictions existe également en fonction de votre orientation sexuelle et de votre sexualité.

Ainsi, il est interdit aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec un autre homme de donner leur sang, et ce même s’ils utilisent des préservatifs, sauf en France où il doit y avoir un délai de 12 mois entre la dernière relation homosexuelle et le don. Il est aussi prohibé d’effectuer un don si vous soupçonnez votre partenaire d’avoir un comportement à risque, si vous avez plus d’un·e partenaire sexuel·le ou si vous avez eu une relation sexuelle contre paiement, que ce soit avec usage ou non d’un préservatif. Autrement dit, les hommes homosexuels ou bisexuels, les personnes polyamoureuses et les travailleureuses du sexe sont d’emblée exclu·es.

Il est par ailleurs recommandé d’attendre quatre mois après un changement de partenaire sexuel·le, même s’il s’agit d’un·e partenaire occasionnel·le, et que vous ayez utilisé ou non un préservatif.

De plus, une série de critères médicaux est à prendre en compte. Aussi, si vous ou votre partenaire êtes séropositife, ou porteureuse de l’hépatite C ou que votre partenaire ou cohabitant·e est porteureuse de l’hépatite B et que vous n’êtes pas vacciné·e, vous ne pouvez pas donner votre sang.

Si vous vous êtes fait extraire une dent, il faut attendre une semaine avant d’effectuer un don. Pour une dévitalisation ou tout autre soin dentaire, il faut laisser passer une période de 24 heures ; pour toute infection ayant entraîné une fièvre, 15 jours ; pour une opération ou une endoscopie, 4 mois ; pour un accouchement, une interruption de grossesse ou une fausse-couche, 6 mois. Il est également recommandé de laisser s’écouler 4 mois après avoir reçu du sang pour pouvoir à votre tour effectuer un don.

Il existe bien sûr d’autres critères médicaux :

– traitement comprenant la prise d’antibiotiques en cours ou arrêté depuis moins de 2 semaines ;
– prise de certains médicaments comme le Roaccutane® (qui est un médicament contre l’acné) ;
– infection ou fièvre de plus de 38 °C datant de moins de 2 semaines ;
– contact récent avec une personne atteinte d’une maladie contagieuse (le délai varie alors selon la période d’incubation) ;
– antécédent de paludisme (jusqu’à 3 ans après la dernière crise) ;
– vaccin datant de moins de 4 semaines (BCG, fièvre jaune, rougeole, rubéole, oreillons) ;
– traitement par hormones de croissance avant 1989 (à cause de la maladie dite « de la vache folle ») ;
– antécédent familial de maladie à prion, antécédent de greffe de cornée ou de dure-mère, antécédent de chirurgie de l’encéphale ou de l’œil avant avril 2001 et antécédent de transfusion ou de greffe.

Outre ces critères, vous ne pouvez pas donner votre sang si vous prenez ou avez pris de la drogue, ou si votre partenaire se drogue. Il est également indiqué d’attendre 4 mois si vous vous êtes fait·e tatouer, percer ou traiter par mésothérapie au pistolet ou acupuncture.

Il y a également des critères d’exclusion basés sur des voyages à l’étranger. Si vous avez effectué un séjour au Royaume-Uni entre 1980 et 1996, vous ne pourrez pas donner votre sang. C’est pour exclure tout risque de maladie dite « de la vache folle ». De plus, en Suisse, vous ne pourrez pas donner votre sang si vous avez été receveureuse d’une transfusion sanguine depuis 1980, pour la même raison. Il y a également des restrictions si vous avez voyagé dans des pays dits « à risque » (pays tropicaux, Amérique Latine, Proche et Moyen-Orient).

Pour finir, voici une liste de liens utiles :

– L’Établissement Français du Sang ;

Donneur de sang (Belgique) ;

Blutspende (Suisse).