L’association Nina et Louise a été crée par un groupe de cinq étudiantes en Master Gestion et Direction de Projets Culturels à l’Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle. C’est dans le cadre d’un de nos cours que nous avons décidé d’établir un projet culturel mettant en valeur le matrimoine parisien. Pour ce faire, nous avons pris la décision de rédiger plusieurs articles sur quelques arrondissements parisiens en les présentant sous un jour nouveau : celui du matrimoine.

Qu’est-ce que le matrimoine ?

Ce terme permet de désigner ce qu’on appelle traditionnellement le patrimoine mais en mettant l’accent sur la création culturelle des femmes. Il s’agit d’un néologisme politique qui permet de souligner l’importance que les femmes ont dans la culture mais aussi la façon dont elle ont été invisibilisées. Le mot « matrimoine » a d’ailleurs été revalorisé par l’association HF Île-de-France qui est à l’origine des Journées du Matrimoine, journées qui se déroulent en même temps que les Journées du Patrimoine (21 et 22 septembre 2019). En effet, cette association œuvre activement à la revalorisation des grandes figures féminines qui ont fait notre histoire culturelle. Dans son article « La place des femmes dans le patrimoine », publié dans la Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication, Bernadette Dufrêne problématise la position des femmes dans le paysage culturel. En effet, elle démontre que les femmes sont bel et bien présentes mais qu’elles sont très minoritaires dans les grandes institutions. On remarque donc une inégalité certaine entre l’investissement des femmes dans et pour la culture, et l’importance qui leur est octroyée dans ce domaine. C’est donc tout là que se situe l’intérêt de notre démarche : revaloriser des femmes et les espaces qu’elles ont occupés et que l’histoire a choisi de ne pas retenir.

Le matrimoine du 18e arrondissement : la butte aux femmes

Au nord de Paris, sur la rive droite de la Seine, se trouve le 18e arrondissement. Riche d’un patrimoine conséquent, ce quartier semble a priori être connu de tou·tes. Mais ne serait-il pas quelque peu figé dans les clichés nostalgiques d’une butte de Montmartre d’antan peuplée d’artistes (La Bohèèème) et du Moulin Rouge ? L’arrondissement est le fruit de la réunion, en 1860, des communes de Montmartre et de la Chapelle. Il comprend plusieurs quartiers aux ambiances et paysages tou·tes plus différent·es les un·es les autres, et c’est justement cette diversité qui en fait toute la beauté et la richesse.

Lire la suite
Loading