Désagréables au possible, incommodantes dans la vie de tous les jours, blessant le corps et le mental, les mycoses sont parfois tenaces. Heureusement, il existe des moyens de s’en débarrasser ! Tour d’horizon.

La mycose génitale, c’est quoi ?

La mycose est le résultat peu agréable du développement d’un champignon, le Candida Albicans, au niveau des parties génitales, ce qui entraîne une inflammation. Habituellement présent de façon tout à fait inoffensive, notamment au niveau de nos intestins et de notre peau, il peut, pour diverses raisons provoquant une acidité du vagin, se multiplier et amener à une mycose. Il est fréquent d’évoquer les mycoses vaginales, mais il ne faut pas oublier que cette infection touche aussi les pénis, en particulier la zone du gland.

Sexuellement transmissible, la mycose génitale se caractérise par plusieurs symptômes.

  • Au niveau de la vulve, il apparaît des démangeaisons, des rougeurs sur les lèvres par exemple, qui se combinent le plus souvent à des pertes vaginales importantes et plus épaisses qu’habituellement, avec une odeur désagréable. L’inflammation de la zone entraîne aussi une sensation de brûlure, sur les lèvres mais aussi à l’entrée du vagin.
  • Au niveau du pénis, la mycose se caractérise également par des démangeaisons et une sensation de brûlure. Il est possible aussi observer un gonflement et des rougeurs au niveau du gland. Cependant, la mycose est parfois très discrète au niveau du pénis (« asymptomatique »). Il est possible de développer une mycose sans en ressentir les symptômes physiques, et ainsi de la transmettre à saon ou ses partenaire(s) sans le savoir. N’hésitez donc pas à demander à votre médecin·e de faire un test pour la mycose, et à aussi utiliser un traitement , si elle a été déclarée chez votre partenaire.

Comment apparaît-elle ? Comment l’éviter ?

Plusieurs facteurs peuvent donner un terrain favorable à la mycose. Si elle semble parfois arriver sans raison, il est en fait possible d’identifier plusieurs façons de l’éviter, ou tout au moins la limiter.

L’hygiène intime

Une mycose vaginale reflète un dérèglement au niveau de la flore vaginale. Si celle-ci peut apparaître par manque d’hygiène, elle peut aussi être le résultat d’un nettoyage trop agressif de la zone.

Première chose, oubliez les douches vaginales ! Le vagin est autonettoyant, insérer de l’eau, ou même pire, du savon ou autres produits nettoyants, c’est à coup sûr entraîner des dérèglements ! Et pour la vulve, laver à l’eau suffit. Cependant, si vous n’êtes pas à l’aise avec cette idée, vous pouvez par exemple utiliser du savon d’Alep (idéalement à environ 40 % d’huile pour éviter une sécheresse).

À bannir :

  • les douches vaginales ;
  • les savons dits « intimes » à la composition douteuse, qui vont bien souvent dérégler votre flore eux aussi ;
  • pendant les mycoses, évitez, si possible, de prendre des bains, car l’humidité va renforcer l’inflammation et le développement du champignon.

S’essuyer correctement aux toilettes. Pour ne pas contaminer le vagin avec des bactéries intestinales et augmenter le risque d’infection, il faut essuyer de l’avant vers l’arrière au niveau rectal. Pour la vulve, évitez de l’essuyer trop agressivement : si vous êtes sensible, ne la frottez pas, tamponnez-la doucement. Vous pouvez également vous rincer à l’eau claire après la miction, lorsque c’est possible (c’est plus efficace et moins irritant), puis tamponner délicatement après pour essayer l’eau.

Pour le reste, il faut prendre garde à à la recontamination :

  • lavez les draps et les vêtements en machine, au moins à 30 °C, plus si vous le pouvez, dès l’apparition de la mycose. Pour plus de sûreté, vous pouvez laver à nouveau après la fin du traitement. Concernant les serviettes de bain, lavez-les à au moins 60 °C si le tissu le permet. N’hésitez pas à utiliser du vinaigre blanc à la place de l’assouplissant : il a un effet désinfectant. Vous pouvez également passer vos culottes, shortys, boxers… au fer à repasser une fois sec·hes ;
  • ne partagez pas vos serviettes de bain. Lavez-les plusieurs fois durant le traitement contre les mycoses. Idéalement, une serviette de bain ne devrait pas être utilisée plus de 3 fois (afin d’éviter la prolifération des bactéries). Faites-les toujours bien sécher après utilisation ;
  • désinfectez le siège des toilettes au vinaigre blanc pour éliminer les bactéries.

Quelques précautions à prendre de façon quotidienne

Quand on est souvent sujet·te aux mycoses, on finit par être obligé·e de modifier plusieurs choses dans notre vie de tous les jours.

Le choix des vêtements

Au niveau de l’habillement, privilégiez les sous-vêtements confortables et 100 % coton, de même au niveau des vêtements. Porter des habits trop serrés empêche les parties génitales de respirer, et les tissus synthétiques sont de véritables nids à mycoses. Les leggings ou les pantalons très moulants peuvent mettre par exemple l’équilibre de votre flore en danger. Si la jupe permet aux parties génitales de mieux respirer qu’un jean serré, le collant pose le même souci. Cependant, les leggings en coton, pas trop moulants, peuvent être une solution.

Évitez également de garder sur vous des vêtements humides, à la plage ou à la piscine. Attention au maillot de bain ou aux vêtements mouillés qui vont favoriser les mycoses : essayez d’avoir des vêtements de rechange secs à mettre dès la sortie de l’eau. De même après avoir transpiré, au sport par exemple. Pour dormir, être nu·e permet à la vulve de respirer. Cependant, si vous préférez porter un pyjama, choisissez-le large et en coton.

Quelles protections périodiques adopter ?

Les protections périodiques peuvent jouer un rôle dans l’apparition des mycoses. En effet, les serviettes jetables et les tampons peuvent être irritant·es, notamment à cause de leur composition. Certaines personnes portent des protège-slips de façon quotidienne par exemple, pour protéger les sous-vêtements des pertes vaginales (qui sont tout à fait normales, c’est la fonction autonettoyante du vagin). C’est vraiment à déconseiller si l’on peut s’en passer.

À chacun·e de choisir la protection périodique qui lui convient, bien évidemment. Cependant, chez certaines personnes, l’utilisation de tampons va accroître le risque de mycoses par exemple. La coupe menstruelle (parfois à stériliser plusieurs fois pendant le cycle lorsqu’on a une flore sensible aux mycoses), ou les serviettes hygiéniques lavables sont à privilégier quand c’est possible.
Dans tous les cas, il est nécessaire de changer ou de vider sa protection toutes les quatre heures maximum pour éviter la stagnation.

Quelle alimentation pour ne pas nourrir sa mycose ?

Concernant l’alimentation, manger trop acide ou trop sucré peut entraîner des dérèglements de la flore, tout comme une mauvaise hydratation. L’acidité va abîmer la flore, et le sucre est un « carburant » pour le Candida Albicans. Évitez autant que possible tous les sucres raffinés (ils se cachent partout).

Direction les toilettes, aussi souvent que nécessaire

Ne vous retenez pas d’aller aux toilettes si vous avez la possibilité d’y aller ! Retenir une envie d’uriner peut entraîner des mycoses, ainsi que des cystites, des calculs rénaux, voire des caillots sanguins.

Les antibiotiques peuvent provoquer des mycoses

Une des causes du dérèglement de la flore est la prise d’antibiotiques. Il existe parfois des traitements alternatifs à ceux-ci, n’hésitez pas à en parler à votre professionnel·le de santé, qui saura vous conseiller et adapter sa prescription au mieux. Vous pouvez également, sous le contrôle de votre médecin·e, prendre des probiotiques afin de conserver l’équilibre de votre flore.

Il faut parfois changer de contraception (jusqu’à trouver la bonne)

Les changements hormonaux peuvent aussi être à l’origine d’un développement excessif de mycoses, notamment au niveau des contraceptifs ou d’une grossesse. Il est aussi possible de voir des mycoses se développer avec d’autres contraceptifs : le préservatif, dont nous parlerons un peu plus bas, ou le DIU au cuivre, qui reste un corps étranger susceptible de déséquilibrer la flore.

Prendre soin des muqueuses

Pour éviter les mycoses, vous pouvez lubrifier quotidiennement votre vulve afin d’éviter la sécheresse vaginale. L’huile de coco est notamment très utile dans le combat contre les mycoses. Vous pouvez en appliquer un peu matin et soir sur la vulve, notamment si vous sentez que vous êtes en période de « risque » (fatigue, alimentation non adaptée, vêtements serrés, chaleur estivale…). Il est aussi possible d’en insérer un peu à l’intérieur du vagin, si la flore est fatiguée et que vous sentez qu’elle commence à s’acidifier.

Si vous n’aimez pas l’huile de coco, ou que vous y êtes allergique, vous pouvez aussi utiliser de façon externe de l’huile d’amande douce ou de bourrache par exemple, ou d’autres lubrifiants adaptés (faites attention à leur composition).

Bien se sécher après la douche

L’humidité permet aux mycoses de se développer ; il faut prendre un soin tout particulier à bien se sécher une fois sorti·e de la douche. Puisque les muqueuses sont fragiles, il est possible de tamponner (et non de frotter fort) la zone avec une serviette parfaitement propre et sèche. Il faut prendre garde à commencer devant (lèvres) pour finir par s’essuyer derrière (et non l’inverse, pour ne pas se recontaminer).

Pour être sûr·e que la zone est bien sèche, il est possible de passer quelques instants, à une faible chaleur et à une bonne distance, le souffle du sèche-cheveux. Cela permet de s’assurer que les replis des lèvres et le sillon interfessier sont bien secs. Ne le faites pas à pleine puissance et à la chaleur maximum !

Sexe et mycose

Si vous avez des rapports sexuels, la mycose génitale peut avoir des conséquences à ce niveau-là.

Le sexe lors d’un traitement contre la mycose

Souvent la question du sexe lorsque l’on a une mycose est posée : que faire ? Et bien, si la mycose ne va pas nécessairement se transmettre d’un·e partenaire sexuel·le à un·e autre, il est déconseillé d’avoir des rapports pendant le traitement, avec ou sans pénétration. Comme expliqué plus haut, la mycose est souvent plus difficile à détecter sur les pénis, attention à la contamination et recontamination entre partenaires. Il peut arriver qu’une personne enchaîne les mycoses sans raison apparente et que celles-ci soient dues à une recontamination à cause du contact avec un pénis où la mycose ne serait pas visible. Si une mycose ne se transmet pas nécessairement, le risque est tout de même présent.

De plus, les rapports sexuels pendant les mycoses risquent de fragiliser encore plus la flore vaginale, qui est déjà en train de péniblement se battre contre les champignons.

Le sexe en dehors des périodes de mycoses : la prévention d’abord

En dehors des périodes de mycoses, les rapports sexuels ne sont évidemment pas à déconseiller, mais là encore, il est possible de prendre quelques précautions (en plus des précautions anti-MST et IST déjà nécessaires) :

  • faire attention à la bonne lubrification du vagin ! Un vagin qui n’est pas assez lubrifié va être irrité, ce qui peut entraîner un dérèglement de la flore et ainsi créer un terrain propice pour une mycose. Il faut utiliser un lubrifiant adapté. Si vous n’utilisez pas de préservatif externe (et que vous avez fait les tests nécessaires), vous pouvez par exemple appliquer de l’huile de coco. Cependant, elle n’est pas compatible avec les préservatifs car comme tout corps gras, elle les rend poreux. Préférez donc un lubrifiant à base d’eau (très souvent vendu en pharmacie ou en grande surface) ;
  • concernant les préservatifs, chez certaines personnes, le latex peut déclencher une légère réaction allergique au niveau vaginal, qui entraîne des microlésions à l’intérieur du vagin pendant le rapport. Préférez donc des marques sans latex ;
  • pour réduire les risques d’infection, votre ou vos partenaire(s) (et vous-même) devez avoir les mains propres. Cela peut paraître basique mais c’est souvent oublié. Lavez-vous les mains juste avant tout rapport sexuel, pour éviter d’introduire des bactéries non bienvenues dans le vagin. De même pour les sextoys et autres objets utilisés, nettoyez-les avant toute utilisation !
  • après un rapport, allez tout de suite aux toilettes pour uriner et pour ne pas laisser vos parties génitales baigner dans l’humidité. Cela évite ainsi non seulement de favoriser une mycose mais aussi les infections urinaires (cystites), par exemple.

Comment traiter la mycose ?

Si vous développez une mycose, ou toute autre infection génitale, il est nécessaire d’aller voir un·e professionnel·le médical·e pour confirmer le diagnostic. Un·e gynécologue, un·e sage-femme, un·e médecin·e généraliste… allez voir une personne en qui vous avez confiance et qui saura vous recevoir rapidement.

Cela est nécessaire pour poser le bon diagnostic, notamment pour des démangeaisons qui peuvent passer pour des mycoses mais qui n’en sont pas, comme les irritations locales sans mycoses ; les traitements antimycosiques feraient alors plus de dégâts qu’autre chose.

Les traitements habituels

Le traitement habituel pour les mycoses vaginales se compose d’ovules à insérer dans le vagin (souvent plusieurs, parfois un seul, cela dépend des mycoses et des posologies) et d’une crème à appliquer sur la vulve.

Pour une mycose au niveau du pénis, une crème suffit souvent.

Ces traitements sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Cependant, il ne faut pas oublier que ce sont des soins qui restent tout de même agressifs pour la flore. Il est donc nécessaire d’être sûr·e du diagnostic pour ne pas l’agresser inutilement. De plus, certains ovules et certaines crèmes conviennent mieux à des personnes qu’à d’autres. Il est donc préférable de définir le traitement avec un·e personnel·le de santé.

Dans tous les cas, respectez bien le temps de traitement. Parfois, vous ne sentirez plus de démangeaisons ou d’irritations au bout de deux ou trois jours, cela ne veut pas dire que la mycose est complètement partie.

Évitez aussi d’utiliser les ovules et crèmes en traitement « préventif ». Il est possible d’avoir des mycoses de façon régulière, par exemple à la suite de voyages longs où l’on reste assis·e, mais utiliser un ovule en amont du possible développement de la mycose va fragiliser votre flore. Le traitement est à appliquer dès l’apparition des premiers symptômes, jamais avant.

Et quand cela ne suffit plus ?

Des solutions plus naturelles existent. Cependant, elles ne conviennent pas à tout le monde et ne vont parfois pas suffire pour certaines mycoses. Elles restent tout de même moins agressives et peuvent être utiles notamment aux personnes qui sont très sujettes aux mycoses, puisqu’elles attaquent moins la flore et donc la fragilisent moins.

Comme évoqué plus haut, l’huile de coco est une alliée. Elle est antifongique et antiseptique, tout en étant douce et en respectant votre flore. Vous pouvez donc l’utiliser comme une crème, sur la vulve ou sur le pénis, mais aussi en ovule vaginal. Pour lutter contre la mycose, vous pouvez ajouter (au niveau externe seulement), une goutte d’huile essentielle d’arbre à thé, antifongique et antiseptique, et de lavande aspic, réparatrice et apaisante (nous rappelons qu’il faut toujours utiliser les huiles essentielles mélangées dans une huile végétale, jamais pures directement sur la peau). Vous pouvez appliquer l’huile de coco régulièrement au long de la journée, cependant n’ajoutez pas des huiles essentielles à chaque fois, celles-ci sont à utiliser avec modération.

Un autre ami : l’ail. Antifongique, il permet donc de lutter contre le champignon envahisseur. Pour cela, insérez une gousse d’ail bio, épluchée et entière, au fond du vagin, comme un ovule, au coucher, pour la retirer au matin. Si la mycose ne passe pas dès la première nuit, continuez les jours suivants. Vous pouvez même en mettre en journée, en changeant la gousse toutes les 4 heures au maximum idéalement. Pour faire rentrer la gousse plus facilement, pensez à lubrifier : l’huile de coco est évidemment conseillée, mais vous pouvez utiliser également un peu d’huile de bourrache.

Les probiotiques peuvent également aider à renforcer la flore vaginale, notamment contre le Candida Albicans, responsable des mycoses. Vous en trouverez dans tous les produits fermentés, comme la choucroute, le tempeh, le miso et le kéfir. L’utilisation de yaourt (non sucré !) en application locale (en imbibant un tampon par exemple) fait partie des conseils les plus fréquemment trouvés sur Internet, mais n’ayant pas trouvé de source médicale fiable le mentionnant, nous vous recommandons d’en discuter avec votre médecin·e ou sage-femme au préalable.

Pour apaiser, vous pouvez aussi faire un bain de siège au bicarbonate de soude ou au vinaigre. Celui-ci va aider à rétablir le pH vaginal, cependant il ne soignera pas la mycose.

Après votre traitement, une fois la mycose vaincue, votre flore vaginale peut se retrouver encore déséquilibré, affaiblie. Il existe aussi des traitements pour l’aider à se reconstruire et se rééquilibrer, qui sont à définir avec læ professionnel·le de santé qui assure votre suivi.

Nous rappelons que si vous avez régulièrement des mycoses, elles peuvent être causées par un autre problème de santé, il est donc important d’avoir un suivi régulier d’un·e professionnel·le de santé. Les sages-femmes peuvent notamment assurer le suivi.