Avec Simonæ, vous avez l’assurance de ne pas voir d’homme cis hétéro mis en avant. En revanche, vous pouvez être certain·es d’y découvrir des artistes talenteuxes, notamment ici des tatoueureuses. Pour débuter cette rubrique, nous avions en tête nombre de personnes particulièrement douées, mais notre choix s’est porté sur Neco.

Neco.

Neco.

Neco a 26 ans et est issue d’une famille de 3 enfants. Née au nord du Japon à Sapporo, elle a grandi en France avant de passer son adolescence au Japon puis de revenir à Paris en 2012.

Elle a donc pris ses repères enfant dans un pays dans lequel les femmes tatoueuses sont bien plus rares qu’à Paris. J’ai eu la chance que Neco accepte de répondre à quelques questions, afin d’en savoir plus sur elle, son parcours et son art.

Quel est ton parcours ?

J’ai eu 4 ans d’hésitations avant de me lancer dans ce métier. On va dire que j’ai fait les bonnes rencontres au bon moment. Je suis heureuse d’avoir pu faire mon apprentissage dans mon pays natal, le Japon.

Quel style de tatouage réalises-tu ?

Je réalise tous les styles de tattoos sauf le réalisme pur. J’ai ma patte mais je suis toujours à la recherche de nouvelles techniques, de nouvelles inspirations. J’aime travailler le noir et accentuer les contrastes pour faire ressortir un côté dark sans tomber dans le gore ou le gothique. Il y aura toujours une touche d’inspiration japonaise que ce soit au niveau des patterns (motifs) ou des éléments. Je pars du principe que plus la personne porte du noir, plus elle brillera aux yeux des autres. Sans ombres il n’y a pas de lumière et vice versa.

Tu préfères travailler sur commande ou proposer des flashs [NDLR : un dessin préconçu par l’artiste, prêt à être tatoué une seule et unique fois] ?

Les deux me plaisent. J’aime parler du projet tranquillement avec læ client·e car je considère le tattoo comme un travail d’équipe. Mais quand un de mes dessins part « par hasard » pour un tatouage c’est flatteur aussi. Ce sont deux émotions différentes.

Tu te déplaces beaucoup en guest [NDLR : tatoueureuse invité·e dans un salon situé dans une autre ville] ou en convention ?

Pour l’instant je fais plutôt des guests et je prévois d’en faire encore plus. Le prochain aura lieu en Grèce si tout se passe bien mais avant ça je participe au Hypefest qui aura lieu les 27 & 28 août 2016 à la Cité de la mode et du design. Des flashes seront disponibles et les RDV sont ouverts !

Dessin de Neco.

Dessin de Neco.

Tu dirais quoi à la « toi du passé »
qui débute ?

« Sois patiente, plus calme et plus patiente. »

Des tatoueuses
dont tu aimes le travail ?

Kelly Violence !!! En ce moment je suis carrément in love de son travail.

Le projet de tatouage le plus chouette sur lequel tu as travaillé ?

J’aime chaque tatouage différemment. Les projets qui me font le plus kiffer sont ceux où j’ai carte blanche, où on me donne juste un thème et qu’on me laisse m’exprimer.

Le thème que tu aimes le plus tatouer en ce moment ?

En ce moment mes thèmes de prédilection sont les fleurs, les chats et beaucoup de mangas.

Que penses-tu d’une éventuelle formation reconnue par l’État,
comme un CAP ou autre ?

Why not? Si la formation comporte une étude de dessin niveau Beaux-Arts avec études de graphisme, une formation sur l’hygiène, le mécanisme de la machine… Pourquoi pas ? Ça pourrait faire un bon bac + 6.

Si tu ouvrais ton propre salon, comment tu l’appellerais ?

Goen Tattoo ! Le goen c’est le lien entre les gens, c’est quelque chose d’important au Japon. Dans les temples, avant de prier on lance une pièce de 5 yens (la pièce de 5 se dit aussi goen) pour que de bonnes choses nous arrivent (rencontres, santé, travail, etc.). Je suis dans un salon privé et beaucoup de personnes viennent grâce au bouche à oreille ! Vu le nombre de tatoueureuses qu’il y a en France je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui me choisissent plutôt qu’un·e autre. La relation qu’on a avec la personne que l’on va tatouer est très particulière. La confiance est présente dès le premier contact, la pudeur n’existe plus et je vais l’encrer à vie. On peut passer dix minutes comme plusieurs journées ensemble. On échange beaucoup de choses que ce soit passions, expériences de vie… C’est un plus pour moi et pour la personne. C’est ça le goen.

Tatouages réalisés par Neco.

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