En octobre 2017 a ouvert à Bordeaux un endroit un peu particulier : Sibylles, à la fois salon de thé et salon de tatouage bienveillant. Il s’agit d’un lieu s’inscrivant dans une démarche féministe, totalement en accord avec les valeurs défendues chez Simonæ.
Nous avons fait la rencontre de Charlee, propriétaire et créatrice de ce salon atypique.

Quel est ton parcours ? Comment en es-tu venue à créer ton salon de thé ?

Après l’obtention de mon bac, j’ai commencé à faire de l’organisation de concerts, un peu de management, car j’adorais être dans la musique et bosser avec des artistes. Je ne me suis jamais vraiment vue artiste moi-même. Je ne pouvais pas apporter quelque chose de suffisamment important à l’art pour pouvoir en faire, donc j’ai préféré aller voir de l’autre côté et les appuyer. J’ai travaillé dans ce milieu un petit moment, avant de faire une sorte d’année de césure où j’ai travaillé pour une marque de cosmétique cruelty-free [NDLR : produits non testés sur les animaux].

Après cette expérience, j’ai repris des études en évènementiel puis en webmarketing et communication numérique. Durant mes stages et alternances, j’ai toujours fait en sorte de choisir des entreprises en accord avec mes valeurs – économie circulaire, économie solidaire… Ma dernière alternance s’est déroulée en tant que chargée de communication chez Destination, la première marque de café bio en France, qui produit aussi du thé. J’ai été formée à tout ce qui a trait au label bio, au-delà du fait de ne pas utiliser de pesticides : une façon différente de cueillir le thé par exemple, qui s’effectue manuellement, et qui est donc beaucoup plus respectueuse de l’environnement. Mon parcours se situe donc entre le côté créatif et le côté éthique.

Une fois mes diplômes en poche, je me suis rendu compte que j’avais envie de monter mon propre projet ; je savais que je voulais être indépendante, faire les choses par moi-même, et, pour ça, je cherchais l’idée qui me correspondrait. Puis j’ai assisté à une conférence de l’association Regards croisés le 8 mars 2017, et ce fut un déclic ; huit femmes y décrivaient leurs parcours, et notamment la photographe Nathalie Kaïd, qui est l’autrice du livre S’aimer tatouée, et qui travaille sur le rapport des femmes tatouées à leur corps. Ces interventions étaient tellement inspirantes et tellement fortes que j’ai inversé ma problématique ; au lieu de monter un projet en me demandant comment y insérer mes valeurs, je me suis plutôt demandé ce que je voulais vraiment faire, et comment y intégrer le côté entrepreneuriat. Deux jours après, j’étais fixée, et c’était parti.

Mon parcours se situe entre le côté créatif et le côté éthique.

Sybilles est une façon de lier deux passions : le tatouage, étant moi-même assez tatouée et ayant l’intention de continuer, et l’alimentation bio avec tout ce qui tourne autour du thé, de la gastronomie. Je souhaitais aussi réinventer l’approche du tatouage au travers d’un lieu éthique et qui serait forcément féministe.

Le salon a ouvert le 18 octobre 2017, soit sept mois après mon idée initiale ; je me suis « speedée » car je voulais que ça avance. Étant encore au chômage à ce moment-là, j’ai pu me consacrer à 100 % à mon projet ; pour moi, c’était plus simple de lancer mon propre projet plutôt que de suivre le brief de quelqu’un·e d’autre, car je pouvais vraiment mettre une part de moi à l’intérieur.

Pourquoi Sibylles ?

En créant ce lieu, je voulais parler des femmes, de leur rapport au corps. En effet, le tatouage est un véritable mode d’expression. C’est vraiment quelque chose que l’on peut utiliser pour se réapproprier notre corps, pour exister, c’est un vecteur de confiance en soi, ça a un côté thérapeutique… Le rapport des femmes au tatouage est réellement quelque chose de passionnant.
Les Sibylles étaient les prophétesses dans l’Antiquité, et elles étaient très respectées, très écoutées et très suivies. On les décrit souvent comme les ancêtres des sorcières, qui représentent vraiment, pour le coup, les femmes traquées parce qu’elles ont choisi d’être libres et de disposer de leur corps et de leur esprit. J’étais initialement partie sur l’idée des sorcières, mais le terme « sorcière » lui-même est un peu galvaudé, donc j’avais envie de trouver un clin d’œil un peu plus subtil.

Le nom Sibylles est venu grâce à ma sœur, qui est docteure en histoire des arts antiques. Je cherchais quelque chose en rapport avec les sorcières et elle m’a dit : « Mais pourquoi tu ne parlerais pas des Sibylles ? » J’ai choisi de le mettre au pluriel car cela représente les Sibylles ; toute personne qui pousse la porte du salon devient un peu une Sibylle à son tour.
 

Photographie de la partie salon de thé de Sibylles.

Photographie de la partie salon de thé de Sibylles.

On voit souvent le tatouage comme quelque chose de « masculin », avec par exemple la fameuse image du « motard tatoué », alors qu’une femme très tatouée est souvent perçue comme plus « vulgaire » et serait plus encline à se faire tatouer de plus petites pièces. Que penses-tu de ces stéréotypes de genre ?

Justement, je vois de plus en plus de femmes, quel que soit le milieu, qui osent faire de grosses pièces visuellement plus fortes, ce qui était plus compliqué il y a encore quelques années. Je trouve que, dans la réappropriation, dans ce côté « sorcière », il y a le fait que les femmes se font tatouer parce qu’elles en ont envie, peu importe que cela soit perçu comme « vulgaire » ou « mauvais genre ».

Néanmoins, dans le milieu du tatouage, ce que j’ai ressenti et qui est une réalité aussi, c’est que ces stéréotypes de genre sont très présents. Les femmes sont souvent hypersexualisées ; les tatoueuses, pendant très longtemps, se devaient d’avoir un look rock’n’roll, tatouées de partout, un peu sexy. Depuis quelques années, les codes sont en train de bouger – doucement – comme dans beaucoup de métiers et de milieux. On commence à aller vers quelque chose d’un peu plus sain, d’un peu plus libre.

L’idée de ce lieu, c’était d’appuyer ce processus d’ouverture et de donner la parole aussi aux femmes tatoueuses, ou, en fait, à toute personne qui ne se sentirait pas forcément à l’aise dans le « milieu », entre gros guillemets… Il y a plein de shops et de tatoueureuses respectueuxes qui ne rentrent pas dans ces stéréotypes, mais ces clichés restent encore parfois une réalité aussi et il faut en parler.

Sibylles permet donc de disposer d’un lieu ouvert aux artistes qui ne se conforment pas au code du patriarcat et qui ont envie de changer les choses. Sibylles met plus à l’aise les client·es qui ont envie d’autre chose, et qui n’ont pas forcément envie d’entrer dans un shop en ayant une crainte par rapport à ces stéréotypes, indifféremment de leur genre. Par exemple, on a même des hommes cisgenres hétéros qui viennent ici et qui n’ont pas à « montrer leurs muscles ». Le patriarcat et les stéréotypes de genres, c’est crevant pour tout le monde. Ici, c’est ouvert à tout·es, donc on peut s’en affranchir.

As-tu des client·es qui souhaitaient se faire tatouer depuis longtemps et n’osaient pas à cause du poids des stéréotypes et qui, chez Sibylles, ont enfin trouvé un accueil bienveillant et la possibilité de réaliser leur projet de tatouage ?

On a beaucoup de client·es, principalement des clientes, qui nous ont dit que ça faisait des années qu’iels attendaient de se faire tatouer, mais qu’iels n’avaient pas envie de pousser la porte d’un shop classique juste à cause de l’image, indifféremment des tatoueureuses génialaux qu’on peut y trouver.

Le fait qu’on revendique ce côté féministe, ouvert, chaleureux et bienveillant rassure beaucoup : on retrouve ici des personnes qui n’osaient pas forcément pousser la porte d’un salon classique et qui viennent ici. À ce titre, la partie salon de thé permet un accès complètement dédramatisé au salon de tatouage. Des client·es viennent, commandent leur thé, commencent à le boire puis disent : « Bon, du coup je voulais voir si l’endroit était cool, et maintenant je peux parler de mon projet. »

Imaginons qu’on pousse la porte d’un salon classique, en entrant on se sent mal à l’aise ; on a poussé la porte, on est devant l’accueil, et on se sent obligé·e de parler du projet, de demander les tarifs, alors que parfois on voudrait juste partir. Le fait de tenir ici cette autre activité qui est le salon de thé permet une échappatoire ; si la personne ne se sent pas bien ici, elle peut boire son thé, s’en aller, et hop, pas de comptes à rendre. Je voulais casser l’obligation sociale de discuter ou payer un tatouage que l’on ne sent pas. On a aussi l’inverse : des gens qui n’étaient pas du tout venu·es pour des tatouages et qui repartent avec un projet !

Quel type de clientèle reçois-tu ? Est-ce que ce sont plus majoritairement des femmes qui viennent, ou aussi des hommes ou des personnes non binaires ?

La clientèle est hyper variée. Nos client·es les plus jeunes ont tout juste 18 ans car iels prennent rendez-vous à dix-sept ans pour leurs dix-huit ans. On va bientôt faire un premier tattoo en septembre pour une dame qui a plus de soixante ans. On a choisi de ne pas tatouer les mineur·es, même sous autorisation parentale ; c’est un choix que j’ai fait, car les tatouages faits lorsqu’on était mineur·e finissent souvent par se faire recouvrir.

On a aussi des personnes qui viennent avec leur(s) parent(s), qui sont rassuré·es de voir l’endroit, de pouvoir visiter la salle de tatouage, et de poser des questions. On reçoit aussi bien des personnes déjà très tatouées à qui le lieu a parlé, que des personnes qui viennent pour un premier tatouage ; par exemple en ce moment, on est en train de faire sur une cliente une manchette [NDLR : bras complet] comme premier tatouage.

Notre clientèle est composée de beaucoup de personnes issues de la communauté LGBT+ car, effectivement, notre démarche parle. Je suis active dans la communauté depuis que j’ai 17 ans, et c’était important de concevoir ce lieu comme un lieu mixte, où toute personne est la bienvenue, mais qui reste ancré dans des valeurs et une communauté plutôt féministes et LGBT+. C’est reposant pour les personnes queers et transgenres de venir ici sans avoir de comptes à rendre, sans malaise ; car, au-delà du jugement, aussi bien dans le milieu du tattoo que partout dans la société, il y a souvent une maladresse, une ignorance qui font que c’est plus rassurant de se rendre dans un shop qui est sensibilisé à ces problématiques.

On a également des clients hommes cishérétos, qui sont certes un peu plus rares ; on ne va pas se mentir, le côté féministe affirmé, cela « crispe » beaucoup, mais quand ils viennent ici, ils se rendent compte qu’en fait, c’est cool ! Cela arrive qu’ils viennent pour accompagner leur copine et que finalement, ce soient eux qui repartent avec un projet !

Donc le spectre de notre clientèle est très large, et c’est très bien comme ça. On veut pouvoir être accessibles à tout le monde.
 

Photographie de la partie salon de thé de Sibylles.

Photographie de la partie salon de thé de Sibylles.

L’autre spécificité de ton salon est d’être un lieu végane. Comment cela s’articule-t-il au niveau de l’acte du tatouage ?

Dans la partie salon de thé, tout n’est pas 100 % végane mais on a des options vegan-friendly et on souhaite continuer dans ce sens. Dans la partie tatouage, tout ce que l’on peut trouver en végane le sera ; par exemple, les encres sont véganes, ce qui n’est pas très difficile car beaucoup de grandes marques de tattoo, en termes d’encres, sont véganes. La composition ne change pas, simplement, c’est cruelty-free. Il n’y a normalement pas d’ingrédients d’origine animale dans les encres de tatouage, même quand elles sont testées sur les animaux. Et parmi les encres certifiées véganes, on a du rouge aussi, alors qu’habituellement il s’agit d’une encre faite à partir de cochenilles.

On achète le papier carbone qui sert de transfert pour les tatouages en végane dès que possible ; pour l’instant, on ne le trouve en végane que pour le thermocopieur, quand on imprime le motif sur papier. En revanche, quand on le fait à la main, on n’a pas trouvé de marque qui soit labellisée. Au niveau des produits, à la place de la lanovaseline [NDLR : graisse issue de la peau du mouton], on utilise de la vaseline mais sans produit d’origine animale, ainsi qu’un produit certifié végane et enrichi en vitamines pour aider la peau à se reconstruire sur les sessions un peu longues.

Y-a-t-il une raison pour laquelle tous les salons de tatouage ne passent pas au tout-végane ?

Pour ce qui est des encres, beaucoup en utilisent des véganes mais ne le revendiquent pas forcément, car la démarche de véganiser le reste a aussi un coût. Par exemple, le produit réparateur qu’on utilise coûte quatre à cinq fois plus cher que la vaseline. C’est souvent plus facile pour l’acte de tatouage de prendre des produits très génériques ; ainsi, la plupart des tatoueureuses utilisent de l’essuie-tout, alors que de notre côté, on s’en sert exceptionnellement, et on préfère se servir de compresses stériles, parce que c’est plus doux et que ça fait moins mal. En fait, beaucoup de choses sont une question de coût à tout point de vue. Trouver les fournisseureuses véganes demande un peu plus d’efforts. Mais je pense que ça vaut le coup ; si on peut faire quelque chose en cruelty-free, pourquoi ne pas le faire ? Il faut que cela parte d’une envie, et dans le milieu du tattoo, je pense que beaucoup de gens doivent rejeter le véganisme un peu par principe.

Le fait de dire qu’on utilise des produits véganes, ça fait venir des gens, c’est sûr, mais je ne vois pas ça comme quelque chose de négatif, un aspect commercial. C’est aussi savoir toucher des gens qui ont envie de ce service-là.

 

Une veilleuse licorne à côté d'un produit de soin de tatouages.

Une veilleuse licorne à côté d’un produit de soin de tatouages.

 

Qui sont les deux tatoueuses résidentes de ton salon ?

Eliname a fait une école d’illustration, puis est partie à New York avec son book sous le bras à la recherche d’un apprentissage. Elle a rencontré un tatoueur, Ugo, qui l’a prise sous son aile dans son shop à Tijuana, au Mexique, où elle a appris à tatouer. Elle adore voyager, a un peu la bougeotte ; je suis super contente de l’accueillir, de la rencontrer et de voir son boulot. On voit vraiment qu’elle est très inspirée par le côté illustration, elle aime faire des choses très dynamiques, les animaux sont son sujet de prédilection, ainsi que le végétal.

Mük a appris à tatouer à Sapporo, au Japon, il y a huit ans. Elle a ensuite dû faire une longue pause dans sa pratique, puisqu’elle est retournée dans son pays natal, la Corée du Sud, où la pratique du tatouage est illégale. Elle a tenté de le faire malgré tout, mais en tant que femme elle se sentait menacée, donc elle a préféré se reconcentrer sur la peinture. C’est une artiste plutôt Beaux-Arts, tandis qu’Eliname est plutôt illustration. Lorsque Mük a voulu se remettre au tatouage, elle a croisé mon chemin. Le lieu lui a plu, on s’est super entendues tout de suite, on a beaucoup de choses en commun et c’était évident de travailler ensemble.

Comment choisis-tu les guests qui viennent tatouer dans ton salon ? Ou bien est-ce que sont elleux qui te choisissent ?

On se choisit ! En fait il y a plusieurs de cas de figures : ça peut être des gens que je connais, comme par exemple Jacky Tatouages, qui vient régulièrement et que j’ai connu via le tatouage bien avant que j’ouvre le shop. Ça peut aussi être des artistes que j’ai connu·es par un·e intermédiaire, d’autres que je ne connais pas personnellement mais à qui j’écris pour leur proposer de venir, d’autres encore qui m’écrivent d’elleux-mêmes, donc je regarde leur travail pour voir si ça me convient.

À chaque fois que des invité·es doivent venir, je leur parle des valeurs du salon, je leur dis que c’est hyper important qu’iels partagent ces valeurs. Par exemple, j’étais en contact avec une artiste russe qui faisait un travail magnifique et qui cherchait des guests en Europe. Quand je lui ai parlé de nos valeurs, du fait qu’on a beaucoup de personnes LGBT+ qui viennent se faire tatouer, du fait qu’on met au centre le respect de toute personne, je n’ai plus jamais eu de nouvelles.

Partager nos valeurs est quelque chose d’absolument indispensable. On est ouvertes à tout le monde, et j’aime privilégier la prise de parole des personnes queers, transgenres, racisées… toutes les personnes qui vivent des oppressions systémiques quelles qu’elles soient, et ça sera toujours une priorité pour moi.

Par exemple, la semaine du 19 au 23 juin 2018, on a organisé une Pride Week, où deux tatoueuses qui s’identifient comme queers sont venues tatouer : Chimaera Universe et Katie Mcpayne, qui est aussi racisée et dont les flashs sont aussi souvent militants. En tant que membre moi-même de la communauté LGBT+, j’essaie toujours de choisir des artistes, sinon concerné·es, qui sont des allié·es et qui ont au moins cette sensibilité.

Quelle est ta position vis-à-vis de l’appropriation culturelle dans le tatouage ?

On fait attention au salon de ne pas tomber dans l’appropriation culturelle. Même si les artistes français·es ont appris auprès de personnes concernées, cela me mettrait très mal à l’aise de proposer des symboles sacrés qui ne font pas forcément partie de la culture occidentale.

Mais il y a aussi beaucoup de sincérité chez les gens ; on nous a déjà demandé des unalome ou des tatouages de style maori, et on leur explique qu’à moins qu’un·e artiste dont c’est la culture vienne et propose ce genre de tatouage, on ne tatoue pas de symbole religieux d’une culture qu’on ne maîtrise pas.

Ainsi, il y a des choses qui sont un peu sur le fil et c’est à nous de trancher ; dans tous les cas, on ne fait pas de tatouage traditionnel, sauf si on accueille des artistes dont c’est la culture. Par exemple, Mük a des ami·es au Japon qui font de l’irezumi, et si on arrive à les faire venir, cela pourrait être vraiment chouette.

Comment s’opère le choix des produits, des fournisseurs pour le salon de thé ? Comment as-tu choisi les noms de tes thés ? [NDLR : chaque thé porte le nom d’une femme]

J’ai deux activités à gérer : le salon de thé et le salon de tatouage. Je m’occupe de la prise de rendez-vous, de l’accueil, je dégrossis les projets, je donne des conseils sur les emplacements, les motifs, les prix, les soins… afin que les artistes aient juste à se poser pour tatouer. Je ne peux malheureusement pas envisager de préparer de gâteaux ou de tartes moi-même pour le salon de thé ; en étant seule, cela serait ingérable. Pour ces aspects, il y a des dilemmes et des arbitrages, des compromis à faire. Je suis toujours à la recherche de la meilleure solution.

 

Un présentoir à gâteaux sur lequel se trouvent des cartes à médailles comme par exemple une carte « <em data-recalc-dims=

Hand over your fairy cakes » (Donnez vos gâteaux féériques) avec une médaille « Fighting invisible battles » (Combattant·e de batailles invisibles).” width=”3872″ height=”2592″ class=”size-full wp-image-39580″> Un présentoir à gâteaux sur lequel se trouvent des cartes à médailles comme par exemple une carte « Hand over your fairy cakes » (Donnez vos gâteaux féériques) avec une médaille « Fighting invisible battles » (Combattant·e de batailles invisibles).

 

Concernant les noms que j’ai donné aux différents thés servis dans mon salon, c’était surtout l’occasion de participer à la visibilité des femmes, de s’inspirer d’elles dans une logique d’empowerment. Je voulais donner des prénoms de femmes importantes, de manière à représenter une diversité certaine mais toujours avec un lien avec le féminisme ou la communauté LGBT+. Par exemple, le thé Laverne a été nommé en hommage à Laverne Cox, militante très active, au croisement des luttes, car elle est une femme noire et transgenre. Il y a des femmes scientifiques également. Il faut montrer les femmes dans toute leur diversité et leur puissance et qui ont marqué l’histoire à leur niveau. Cela va des Sibylles à Laverne Cox.

On vient de sortir un thé avec le prénom de ma maman, Hasmig, pour représenter toutes les femmes qui ne sont pas dans les bouquins ; ces femmes sont aussi admirables à leur façon dans notre monde. On valorise souvent la force, mais nombre de femmes luttent à leur façon.

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