Du 26 au 30 mars, le salon l’Atelier du Sensible organise Trans.cendance, une semaine de tatouage autour de la transidentité.

L’Atelier du Sensible a ouvert à Bordeaux l’an dernier, et attache énormément d’importance à son accueil des personnes LGBT+, racisées, en situation de handicap ou ne correspondant pas aux standards de beauté. Le milieu du tatouage étant fréquemment critiqué pour ses discriminations sexistes, LGBTphobes, validistes et grossophobes, ce genre d’initiatives est importante.

Poulby, la tatoueuse résidente, est queer, féministe et végane. Elle a créé cet atelier comme un cocon en accord avec son militantisme : « Nous revendiquons le droit de s’approprier son corps peu importe son histoire. »

Elle tient à ce que chacun·e se sente bien accueilli·e, car une séance de tatouage implique souvent de se mettre à nu au sens propre comme au figuré, et cela peut être particulièrement difficile pour les personnes ne correspondant pas aux standards de la société. En proposant un lieu respectueux et bienveillant, la clientèle du shop s’est naturellement composée de personnes appartenant à des groupes minorisés, et Poulby s’efforce de répondre au mieux à leurs besoins.

Dans quelques jours aura lieu la première édition de leur évènement Trans.cendance : « Une semaine de tatouage gratuit, dans l’intimité, la bienveillance et le partage sur et avec des personnes trans. »

Cet évènement est né de discussions avec des concerné·es et démontre bien en quoi le tatouage peut être thérapeutique. Poulby tatouera à cette occasion sur des cicatrices post-opératoires pour les recouvrir, ou bien des motifs de fierté trans.

Le but de cette semaine est d’aider celleux pour qui le tatouage pourrait être bénéfique, pour s’approprier leur corps, pour faire la paix avec lui, mais qui n’en ont pas forcément les moyens, les personnes transgenres étant souvent précaires (difficulté d’accès à l’emploi, situation familiale parfois compliquée, frais médicaux pas forcément remboursés…). Pendant toute la durée de Trans.cendance, le shop sera fermé au public, et les participant·es auront la possibilité de se rencontrer et d’échanger tranquillement : un petit-déjeuner sera proposé le matin, ainsi qu’un temps de parole en non-mixité le soir.

Pour ce qui est des tatouages sur cicatrices, Poulby s’est rapprochée de dermatologues et de kinésithérapeutes pour adapter au mieux son travail aux spécificités de la peau cicatrisée. Pour les personnes souhaitant un tatouage sur une cicatrice, il faut que celle-ci ait au moins un an et soit achromique [1], et il peut être utile de faire une séance de massage avec un·e kinésithérapeute pour assouplir la peau au préalable.

L’évènement est ouvert à toutes les personnes transgenres, sans qu’aucune justification ne leur soit demandée. Pour cette première édition, Poulby sera la seule tatoueuse, ce qui limite le nombre de places à une vingtaine. La plupart des créneaux sont déjà réservés, mais n’hésitez pas à envoyer un message à poulbydermographie@gmail.com, avec « Trans.cendance » en objet du mail.

Nous espérons que cette édition de Trans.cendance sera un succès, et que d’autres éditions auront lieu ! En attendant, n’hésitez pas à visiter le site de l’Atelier du Sensible ou le compte Instagram de Poulby, pour voir ses travaux précédents, et nous déclinons toute responsabilité quant à une soudaine envie de tatouage !

Infos pratiques

Trans.cendance, du 26 au 30 mars 2019 au salon l’Atelier du Sensible (69 cours de la Somme, 33800 Bordeaux).

[1] Plus claire que la peau autour.