La série « Artistes à suivre » est une série d’articles où l’on vous présente des créateurices, des hommes trans et des personnes non-binaires, en nous intéressant à tout type d’artistes. Aujourd’hui, pour notre neuvième édition, voici une spéciale « arts décoratifs » : de la céramique à la sculpture en passant par la haute couture, venez découvrir le talent de cinq magiciennes qui œuvrent au croisement de l’ornemental et du fonctionnel.

#1 Miss Boll

Dans son atelier de la butte clermontoise, Miss Boll explore l’esthétique et la symbolique du jeu d’échecs. Elle façonne de superbes plateaux de jeu mais s’intéresse aussi à toute l’histoire et l’iconographie de ce jeu qui a traversé les siècles et la planète à travers ses peintures. Miss Boll est aussi à l’initiative de nombre d’expositions, notamment l’exposition Échecs et arts, regroupant plusieurs artistes ayant réalisé des œuvres faisant écho au thème des échecs.
 

 

Échiquier réalisé par Miss Boll sur commande d’un client.

Échiquier réalisé par Miss Boll sur commande d’un client.

 
<em>Jeu figé</em>, acrylique sur toile 30 x 40 cm, Miss Boll.

Jeu figé, acrylique sur toile 30 x 40 cm, Miss Boll.

#2 Jessica Harrisson

Pride & Prejudice… & Zombies. Jessica Harrisson est une créatrice de céramique anglaise dont les sculptures délicates ont un univers bien à elles, entre le kitsch, le gothique et le gore – quand elles ne partent pas résolument dans une abstraction quasi-organique. En effet, elle joue habilement de ces rappels visuels aux figurines de porcelaine vintage, tout comme avec les codes de la culture tattoo… ou des carcasses de viandes. Ses œuvres enchanteresses à la grande virtuosité technique vous étonneront : comment les décrire au mieux  ? Elles ont l’air tirées d’un boudoir rococo dans lequel une faille temporelle se serait brutalement ouverte sur un concert de heavy metal ou un atelier de boucher. Petit clin d’œil à la vision de Sofia Coppola sur Marie-Antoinette, entre le décadentisme et les paires de vieilles Converses ? Ou à la folie de Dario Argento ? Quoi qu’il en soit, ses pièces uniques, coquettes mais pointues, sont aussi belles à regarder qu’à imaginer rêveusement décorant un intérieur branché.
 

 

<em>Ruby</em>, 2010, série Broken.

Ruby, 2010, série Broken.

 
<em>Painted Lady</em> (14), 2015.

Painted Lady (14), 2015.

#3 Claudia Fontes

Claudia Fontes transforme la porcelaine pour lui donner des aspects de textures variées et à la limite du vivant. Entre ses mains, elle est parfois poreuse, grumeleuse, douce, rappelant des matières organiques ou textiles que nous pourrions appréhender sous nos mains. On retrouve dans son œuvre une exploration des rencontres et du lien qui lie les êtres vivants, à travers notamment toute une série évoquant les interactions et particulièrement le toucher.
 

 

Untitled, 2016. Porcelaine. 8 7/10 × 5 1/10 × 5 9/10  in ; 22 × 13 × 15 cm. Claudia Fontes.

Untitled, 2016. Porcelaine. 8 7/10 × 5 1/10 × 5 9/10  in ; 22 × 13 × 15 cm. Claudia Fontes.

 
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Listening, 2016. Flaxseed paper porcelain. 5 9/10 × 7 9/10 × 3 1/10  in ; 15 × 20 × 8  cm. Claudia Fontes.” width=”1024″ height=”683″ class=”size-full wp-image-34934″> Listening, 2016. Flaxseed paper porcelain. 5 9/10 × 7 9/10 × 3 1/10  in ; 15 × 20 × 8  cm. Claudia Fontes.

#4 Eva Funderburhg

On retrouve dans le travail d’Eva Funderburhg une présence primordiale des corps et de leurs mouvements ou immobilités. Elle s’intéresse à l’organicité des choses, leur vie et leurs émotions, qu’elle nous partage à travers ses créatures de bronze et d’argile. En regardant ses sculptures, on est pris·e par toute une narration, entre rêve et réalité transformée.
 

 

<em>Awaken</em>, 2014, porcelaine cuite au feu de bois et bronze fondu, 45,5 x 43 x 48 cm. Eva Funderburgh.

Awaken, 2014, porcelaine cuite au feu de bois et bronze fondu, 45,5 x 43 x 48 cm. Eva Funderburgh.

 
<em>The Invader</em>, bronze fondu, porcelaine, acier. 56 x 18 x 20 cm. Eva Funderburgh.

The Invader, bronze fondu, porcelaine, acier. 56 x 18 x 20 cm. Eva Funderburgh.

#5 Coppelia Pique

Coppelia Pique est le nom de la marque d’une jeune créatrice de mode parisienne indépendante, Axelle Migé, qui a fait ses gammes à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Ses œuvres haute couture, architecturales et futuristes (en particulier les robes), représentent à elles seules un défi à la gravité. On les imagine aisément portées par les prince·sses de l’univers de Star Wars, un·e riche Verseau en mal de sensation forte, la Marchesa Casati ou pourquoi pas la diva bleue Plavalaguna du Cinquième Elément – sur scène, évidemment. Très inspirée par l’art contemporain (voir par exemple sa collection en hommage à Nikki de Saint-Phalle), Axelle Migé offre à qui les portera de véritables chrysalides intemporelles, hors des contraintes du monde de la mode, audacieuses et énigmatiques… mais toujours, toujours oniriques.
 

Coppelia Pique, Autum / Winter 2017.

Coppelia Pique, Autum / Winter 2017.

 
Photo de <a href="https://paulinedarley.com/">Pauline Darley</a>, modèle <a href="http://www.misspandora.fr/miss-pandora-louise-ebel/oreade/">Louise Ebel</a> pour Coppelia Pique automne/hiver 2013.

Photo de Pauline Darley, modèle Louise Ebel pour Coppelia Pique automne/hiver 2013.

Nous espérons que cette sélection d’artistes qui nous tiennent à cœur vous a plu  ! N’hésitez pas à retrouver les précédent·es Artistes à suivre pour encore plus de découvertes !