Bonjour à tou·tes ! Nous revoici pour une nouvelle édition de notre série « Netflix & Learn » ! Nous avons mis les jours fériés du mois de mai à profit pour faire le plein de documentaires, et nous vous présentons nos huit visionnages et leurs critiques !

Nous en profitons pour remercier tou·tes les lecteurices qui nous ont fait des retours sur des documentaires dont nous avons déjà parlé, et celleux qui nous en ont recommandé !

A Plastic Ocean 1 h 40 – VOST uniquement

 
Attention, ce documentaire contient des images d’animaux morts, mourants ou malades.

 

Beige :

Les déchets en plastique sont un désastre écologique, ce n’est pas nouveau ; on parle même d’un « continent de plastique » situé au nord de l’océan Pacifique. A Plastic Ocean fait état de cette situation alarmante non seulement dans le Pacifique, mais aussi dans toutes les eaux du monde entier. Les images, souvent très dures, parlent d’elles-mêmes, et après visionnage, on se sent coupable de posséder des pots de yaourts dans son réfrigérateur, une bouteille d’eau en plastique dans son sac ou un briquet jetable dans sa poche. Bien que l’on connaisse les conséquences plus qu’inquiétantes, ce documentaire nous fait réaliser à quel point cela va loin ; j’ai personnellement été vraiment remuée, et je conseille d’avoir le cœur bien accroché lors du visionnage. Le bon point de ce documentaire est qu’il fait la part belle aux femmes scientifiques : ce ne sont pas uniquement des hommes qui sont montrés à l’image et ça change un peu.

 

Marsha P. Johnson : histoire d’une légende 1 h 45

 
Attention, ce documentaire est très dur à regarder. Il contient de nombreuses mentions de transphobie, d’homophobie, d’alcool, de suicide et de mort.

 

Luna :

Marsha P. Johnson est une figure incontournable des émeutes de Stonewall, et plus généralement des mouvements LGBT+ aux États-Unis de la fin des années 1960 à 1992, quand elle a été retrouvée noyée dans l’Hudson River.
Dans ce documentaire, on suit la militante Victoria Cruz qui enquête sur sa mort (qui a été très rapidement classée en tant que suicide par la police). On découvre aussi l’influence que Marsha P. Johnson a eu sur de nombreuxes militant·es, dont Sylvia Rivera, avec qui elle a travaillé pendant des années. C’est dense, peut-être trop, et on survole beaucoup de sujets sans avoir le temps de vraiment en parler, et au final, du « life and death » (la vie et la mort) promis par le titre original du documentaire, on a surtout la mort. Frustrant.

 

Iris 1 h 19 – VOST uniquement

 

 

Maëlys :

Ce documentaire nous emmène dans la vie d’Iris Apfel, icône de la mode qui se surnomme « la starlette gériatrique ». Connue pour son œil infaillible (et ses superbes lunettes), Iris sait combiner les vêtements et accessoiriser les tenues comme personne, dans un style coloré et extravagant, qui a fait d’elle une célébrité parmi les afficionad@s de la mode. Elle a passé toute sa vie à dénicher chaque objet ou vêtement, autant dans les collections de haute couture, que dans les boutiques artisanales ou les magasins de bijoux et accessoires à bas prix. Cependant, comme beaucoup de personnes de ce milieu, elle utilise des tenues et accessoires provenant d’autres cultures – comme une tunique cérémoniale de chamane par exemple – qu’elle accessoirise comme n’importe quel vêtement. On peut voir dans ce documentaire plusieurs exemples d’appropriation culturelle flagrants, que nous ne pouvons cautionner.
J’ai trouvé le documentaire intéressant sur le fond mais trop long pour son propos, on se perd et s’ennuie souvent au visionnage. Peut-être que mon ressenti vient du fait que je ne suis pas une passionnée de la mode, et donc très inculte sur le sujet, et que je n’ai du coup pas trouvé ce que je pouvais attendre d’un tel film.

 

Les Reines de la nuit 1 h 33 – VOST uniquement

 
Attention, ce documentaire contient des mentions de mort et de cadavre (il y a une scène très dure à ce sujet de 0h42mn à environ 0h44mn), des images d’euthanasie animale, des mentions de consommation de drogues et d’alcool, et des descriptions de violences policières subies. Il comporte également des images de nudité.

note : bande-annonce en espagnol non sous-titré

 

Maëlys :

María Jose Cuevas suit cinq femmes, reines des cabarets mexicains dans les années 1980. Sous les paillettes, on rencontre des femmes fortes et indépendantes, qui racontent leurs parcours de vie. On découvre que parfois, derrière la joie et l’assurance, existent des douleurs immenses ; deuil, dépression, addiction, maladie, prison, violences, ces femmes ont un vécu souvent loin de l’image qu’elles peuvent donner à leur public. Ce sont des témoignages très émouvants, en pleine réflexion sur leur rapport à la célébrité, à leur corps, leur famille, la religion, au public et à l’amour. On y parle aussi de la difficulté de vieillir dans un monde qui vous préfère jeune, et de tout le travail qu’elles font sur leur corps pour maintenir une apparence aussi jeune que possible (sport à outrance, chirurgie esthétique).
Ces femmes ont combattu pour être libres, et pour montrer que le corps dénudé n’est pas un tabou.
Ce documentaire est très prenant, je pense cependant qu’il aurait été intéressant d’avoir plus d’éléments de contexte. Leurs carrières sont un peu explicitées mais on ne sait jamais vraiment si elles exercent toujours ; pour certaines cela a l’air d’être le cas mais on ne sait pas vraiment dans quelles proportions, si elles sont toujours des figures médiatiques importantes notamment, ce qui empêche, à mon avis, de se saisir pleinement de la réflexion amenée.

 

Tyke Outlaw Elephant 1 h 20 – VOST uniquement

 
Attention, ce documentaire contient des images très difficiles de mort (animale et humaine), de violence et de tortures. Il contient également des mentions de sévices, de sexisme, de racisme.

 

Beige :

Tyke était une éléphante capturée au Mozambique à un très jeune âge, puis envoyée aux États-Unis afin d’être entraînée pour des numéros de cirque. En 1994, lors d’une représentation à Honolulu (Hawaii), Tyke s’en prend violemment à ses dresseurs avant de s’enfuir de la piste de cirque ; après avoir couru dans les rues de la ville, elle est abattue par la police. Le cas de Tyke a servi de point de départ à de nombreuses manifestations qui ont conduit à l’interdiction de l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques, non seulement à Honolulu mais également dans de nombreux pays.
Ce documentaire, très éprouvant à regarder, raconte l’histoire de Tyke en s’appuyant exclusivement sur des images d’archives et des témoignages de personnes impliquées dans l’affaire à l’époque. Il est conçu de façon à ce que læ spectateurice se fasse sa propre opinion : pour ou contre l’utilisation d’animaux sauvages à des fins récréatives ? L’histoire de Tyke est non sans rappeler celle de l’orque Tilikum, au sujet de laquelle le documentaire Blackfish avait été réalisé (nous vous en parlions dans une précédente édition de Netflix & Learn).
Une note positive par rapport à Tyke Outlaw Elephant toutefois : il existe aux États-Unis des sanctuaires, dont PAWS (Performing Animal Welfare Society), qui permettent aux éléphant·es issu·es de cirques, et qui ne peuvent donc pas retourner à l’état sauvage, de terminer leur vie paisiblement. Et si vous voulez prendre des nouvelles des autres éléphant·es aperçu·es dans le documentaire, cet article en anglais est rempli de photos et de vidéos qui font chaud au cœur !

 

Food Choices 1 h 45- VOST uniquement

 
Attention, ce documentaire contient des images de sang, de cicatrices, de morts d’animaux, ainsi que d’un homme à différents stades d’un cancer rare.

 

Vimairetta :

Réalisé par Michael Sewierski, un homme qui a décidé de se nourrir principalement à base de produits d’origine végétale et non transformés, Food Choices dénonce les mythes autour des soit-disant bienfaits des produits animaliers et des dégâts qui seraient provoqués par un régime alimentaire plant-based (végétalien). Ce documentaire fait intervenir plusieurs professionnel·les de santé, notamment des médecins spécialisé·es en nutrition. On sait que notre mode de vie occidental n’est pas viable sur le long terme et que nous consommons plus que ce que la planète peut fournir. Mais on nous répète depuis l’enfance que la viande permet de construire sa masse musculaire, que les laitages permettent une bonne croissance… Qu’en est-il vraiment ? Ce documentaire ne condamne pas purement la consommation de produits animaux, il a surtout vocation à informer. Il défend certes le régime à base de plantes suivi par son auteur, mais les propos sont tous sourcés et explicités.
Seuls gros points négatifs selon moi : le sempiternel parallèle Shoah / abattage des animaux que je trouve extrèmement indécent, et le discours grossophobes de certain·es intervenant·es.

 

To be a miss 1 h 22 – VOST uniquement

  Attention, ce documentaire contient des images réelles d’opération chirurgicale, ainsi que des mentions de sexisme, grossophobie et de mort.

 

Vimairetta :

Ce documentaire revient sur l’histoire des concours de beauté au Venezuela, et sur leur importance dans le pays. On suit trois jeunes femmes (deux ont à peine 17 ans), qui souhaitent candidater à Miss Venezuela. Sport à outrance, régime restrictif, chirurgie esthétique imposée pour répondre aux exigences de beauté anglo-saxonnes et d’Osmel Sousa, président de l’organisation Miss Venezuela : voilà ce qui attend les prétendantes au titre. Une grande partie de la vie des femmes vénézuéliennes semble tourner autour de la beauté : le Venezuela est le premier consommateur de produits de beauté par habitant·e, et c’est en moyenne un cinquième des revenus des femmes du pays qui passe dans l’univers du cosmétique. Les candidates suivies nous expliquent que pour beaucoup, ces concours de beauté sont une façon de se faire remarquer, un tremplin vers des carrières dans le mannequinat, la télévision… Le documentaire contient également des interviews de professeures d’université qui s’inquiètent de ce phénomène. Elles dénoncent un effet pervers du capitalisme qui réduit l’identité de la femme vénézuélienne aux concours de miss, et une globalisation des standards anglo-saxons. De plus, les jeunes femmes qui candidatent à ces concours se voient souvent obligées de renoncer aux études supérieures faute de temps ou de moyens ; les produits de beauté, les tenues et les frais d’inscriptions représentant des dépenses importantes.

 

After Porn ends 1 h 33 – VOST uniquement

 
Attention, description graphique de viol et de violences sexuelles

Mise à jour du 07/10/2018 : Après réception de commentaires concernant cette critique, je tiens à clarifier un certain nombre de points. Le but de cette critique est de dénoncer l’instrumentalisation des violences sexistes par ces documentaires dans le but de diaboliser la pornographie et, par extension, le sexe en général. Je soutiens et crois les victimes de ces violences, qui sont inadmissibles et doivent cesser. Je pense néanmoins qu’il est possible de produire des contenus pornographiques sans violence et de qualité, comme le démontre le travail de Carmina, ou encore le festival SNAP qui se tiendra bientôt à Paris.

 

Agathe :

After Porn Ends est un documentaire sur la vie d’ex-acteurices de films pornographiques. Il n’y a pas de voix off ni d’explication : les protagonistes parlent de leur expérience en continu pendant tout le documentaire. Beaucoup de sujets sont abordés en même temps, ce qui donne un résultat un peu brouillon et propice aux amalgames. Des hommes et des femmes sont interrogé·es mais iels sont tou·tes cisgenres et hétérosexuel·les. Une seule femme racisée est mise en avant et tou·tes ont plus de 50 ans.
Le format et la façon dont le sujet est traité m’ont agacée. On n’a aucun élément de contexte et l’impression générale qui en ressort est que les actrices ont toutes été forcées, droguées et manipulées. Leurs illusions ont été déçues, et elles sont maintenant femmes au foyer sans le sou. Cette impression est accentuée par le fort contraste que sont les hommes du documentaire. Aucun n’a de regret, aucun n’a subi d’ostracisation à cause de son métier et tous gardent un bon souvenir des tournages. Quelques images d’archives sont montrées (sans scène de sexe explicite) et offrent néanmoins une représentation correcte de la pornographie avant que l’émergence massive d’Internet ne vienne tout chambouler.

Nous espérons que cette sélection vous aura plu ! Comme d’habitude, n’hésitez pas à réagir en commentaires, et à nous en proposer de nouveaux pour une prochaine édition, qui ne saurait tarder ! À très vite !