Rien de tel que de la poésie pour célébrer le retour des beaux jours et l’arrivée du printemps ! Nous avons donc profité du retour du soleil pour nous plonger dans la lecture de quelques recueils, adossées à un arbre dans un parc, histoire de bien coller au cliché !

Vous avez lu quoi chez Simonæ ?

Wanderingfowl
Pour commencer, j’ai lu Par-delà les mots d’Andrée Chedid, poétesse française d’origine syro-libanaise. Ce recueil m’a beaucoup plu, surtout parce qu’il suggère des images sans jamais rien esquisser de défini et de concret. Le sentiment suscité chez moi par cette lecture est assez difficile à expliquer, un peu comme une bulle de sérénité et de calme au milieu du monde qui va toujours trop vite. Les mots s’enchaînent sans que la cohérence soit toujours perceptible, mais c’est ce qui fait toute la beauté de ses textes, à mon sens.

Ensuite, je me suis tournée vers les poèmes écrits par Emily Jane Brontë. On associe souvent son nom aux célèbres Hauts de Hurlevent ou à ses deux sœurs, mais sa poésie est bien moins connue et à très injuste titre : beaucoup de ses poèmes sont de petits bijoux. C’est notamment le cas de « À l’imagination » ou de « Vent, éteins-toi dans la bruyère », qui m’ont particulièrement plu. Il y a une dimension très légère dans les thématiques et l’enchaînement des mots, mais aussi de fortes teintes mélancoliques par endroits. L’ensemble donne une œuvre vraiment riche et captivante.

Vael
[TW : racisme, sexisme, homophobie et maladie]
Je fais une légère entorse à la règle pour présenter la poétesse et militante féministe noire et lesbienne Audre Lorde. En effet, aucun de ses recueils de poèmes n’est traduit en français, seulement ses livres en prose (que je recommande vivement aussi, notamment Sister Outside : essais et propos, que je suis en train de lire et qui est passionnant). De façon générale, Audre Lorde a une écriture ciselée, elle compose des textes et poèmes très beaux, très justes. Elle aborde le racisme, le sexisme, et le croisement de ces deux oppressions, mais aussi la colère, le chemin vers la guérison, les relations amoureuses entre femmes… Aussi bien la forme que le fond sont touchant·es et fort·es.

J’ai découvert Audre Lorde grâce au podcast Audre Lorde, poète guerrière, diffusé sur France Culture (disponible au téléchargement gratuit et à la réécoute). C’est un excellent moyen d’entrer dans son univers et dans ses luttes : plusieurs personnes (sa compagne, une traductrice, un biographe, une éditrice…) interviennent pour parler à la fois de sa vie et de son œuvre, le tout ponctué par des extraits d’interventions ou d’entretiens qu’elle a donné·es.

Agathe
[TW : mention de termes négrophobes]
Ce mois-ci, j’ai lu Ariel de Sylvia Plath, traduit en français par Valérie Rouzeau. Nous avions déjà parlé de cette autrice et de son ouvrage La Cloche de détresse dans une précédente édition du Club de læcture. Ariel est un recueil facile à lire et je recommande tout particulièrement le poème intitulé « Les Danses nocturnes ». Cependant, il y a un bémol et de taille : plusieurs occurrences du mot « nègre ». Le bilan est donc mitigé, car certains poèmes sont vraiment beaux, quand d’autres sont ouvertement racistes.

 

Et en avril, on lit quoi ?

Avril commence par un A, comme Arendt : nous lirons donc de la philosophie ! Et, bien sûr, retrouvez-nous sur les réseaux sociaux avec #læcture.

Bonne læcture !