Sur internet, le sexe est accessible, photos, vidéos ou bandes son, porno ou érotique, payant ou gratuit, payé ou gratuitement, professionnellement ou en amateur… les sites et les genres sont multiples. Parmi le porn amateur, le sexe « en live » est de plus en plus courant, la plupart des sites porno ont un espace live, mais on le trouve le plus souvent sur des sites dédiés. Sur ces sites se côtoient des modèles amateurices et professionnel·le·s. Le voyeurisme est gratuit mais on peut donner des pourboires aux modèles, sous formes de jetons achetés sur le site et convertibles en argent réel pour cellui qui le reçoit.
Bienvenue dans l’univers de la sexcam’ !

J’ai testé la cam’, ça m’est venu comme ça, j’ai lu quelques témoignages, en ai demandé quelques uns et un jour je me suis inscrite sur un site. Le but au départ était de voir comment ça se passe, n’en ayant jamais maté avant. Mais après une dizaine de minutes il s’est avéré que tester était sans doute plus enrichissant.
Je check ma tenue, je décide que ça va et que de toute façon j’ai pas envie de me contraindre pour la cam. On aime comme ça ou on mate pas, je le teste pour moi. En plus j’ai un boxer qui me fait un cul d’enfer.
J’avais déjà abandonné quelques a priori sur la cam grâce à mes lectures mais ça s’est vraiment bien passé. Pas très à l’aise au départ, le chat me met en confiance, une nana propose d’être ma modératrice, elle me guide en même temps sur les us et coutumes du site.
J’ai recommencé dans la semaine, et la semaine suivante aussi.

Durant tout le collège j’ai été « la moche » : quand j’ai eu un copain, ma vie sexuelle était loin d’être satisfaisante puisque je n’en étais pas maîtresse. J’ai commencé à me masturber à la fin de cette relation et ça a été une petite rébellion. Mais je n’étais pas pour autant bien avec mon corps.
Faire bander et faire mouiller et qu’on me le dise m’a procuré l’excitation que je recherchais mais m’a aussi fait beaucoup de bien par rapport à mon estime de moi. J’ai les cheveux colorés et ne suis pas épilée, ni sous les aisselles, ni aux jambes, ni nulle part. Quand j’ai allumé ma caméra, je ne l’avais pas du tout en tête, mais les remarques là dessus n’ont pas tardées à fuser. Et surprise : elles étaient plutôt positives ! Ça détonnait par rapport au reste du site et ça a été apprécié, pas par tout le monde, mais celleux qui n’aimaient pas ont pu aller voir ailleurs.
Avec maints compliments et quelques pourboires, j’ai su que mon corps pouvait être beau, pouvait être sexy, pouvait être excitant. Ça a été ma vraie victoire contre tous les hommes qui m’ont empêchée d’aimer mon corps. Alors qu’avant je pouvais juste feindre de n’en avoir rien à faire, aujourd’hui je sais qu’ils ont tort et que mon corps peut plaire.

Je m’attendais à me sentir objectivée par ces regards, mais l’ambiance est agréable et respectueuse. Le plus dur à gérer c’est toutes les demandes de skype et de rencontres « réelles » dans les messages directs, rarement trop insistantes. Le cadre est sexuel sans ambiguïté, on est sur un site de cam. À part un petit passage où j’ai eu l’impression, vite passée, d’avoir fait une grosse bêtise, tout s’est bien passé et le gain de confiance et de considération pour mon corps a été considérable, à un moment où j’en avais bien besoin.

Considérer que le regard des autres ne nous atteint pas est un peu idéaliste. Pour ne pas en sentir le poids il faut énormément de confiance en soi… sur laquelle nos relations aux autres et leurs remarques jouent beaucoup ; s’exposer aux regards en maîtrisant la situation, en réduisant les risques, peut renforcer sa confiance en son corps et sa capacité à plaire. D’autant plus que sur les sites de sexcam, les voyeureuses sont nombreux·ses, là pour se faire plaisir et ont la possibilité de changer de room à tout moment. Celleux qui resteront seront donc plutôt positifs !

Ne vous jetez pas sur votre lit, caméra allumée dès la fin de la lecture de cet article, faire un show en webcam demande quand même d’avoir assez peu de pudeur puisque le but est de se masturber devant des centaines de personnes et beaucoup d’autres média existent pour se convaincre de la valeur de notre corps… S’exhiber peut entraîner des sentiments de culpabilité et avoir un impact négatif sur notre estime personnelle.

Si tout de même vous voulez vous lancer, quelqu’en soit la raison, assurez-vous d’en avoir réellement envie, sur un plan sexuel mais aussi éthique. L’envie de le faire pour soi se voit dans le show et le rend plus naturel, mais vous permet aussi d’être plus à l’aise et de vous faire plaisir !
Regardez comment se déroulent les exhibitions sur le site où vous allez, chacun a un peu son ambiance et ses habitudes. Définissez un ou plusieurs objectifs, un nombre de jetons reçus à atteindre pour passer à l’étape suivante, les voyeureuses sauront quoi attendre et vous fixez aussi des limites à ce que vous ferez. Vous pouvez les mettre un par un en fonction de comment vous vous sentez dans votre show.
Pour la première fois, je vous conseille de trouver un objet, un foulard, une laisse, une chaîne, du maquillage… pour vous occuper les mains et teaser un peu. Discutez avec le tchat, à l’écrit ou à l’oral, prenez votre temps avant de démarrer, ne proposez rien que vous n’ayez envie de faire, n’accédez aux requêtes des voyeureuses que si elles vous conviennent, en fixant ou non un nombre de jetons à donner en fonction de ce qui est demandé.
Au niveau préparation, il vaut mieux prévoir une à deux heures libres, c’est le temps moyen d’une exhibition sur la plupart des sites. Vérifiez avant de rendre la webcam visible que vous voulez bien montrer tout ce qui se trouve dans le champ de la caméra.
Avoir sous la main tous les objets que vous êtes susceptible d’utiliser pendant le show permet plus de fluidité. Le moment le plus gênant pour ma part est souvent le nettoyage après le show ; avoir de quoi protéger et nettoyer dans la pièce rend le moment un peu moins désagréable.