Alors qu’aujourd’hui près d’une personne sur quatre dans le monde est en surpoids (source), les choses ne semblent pas changer, ni en France ni ailleurs.
Et si, au lieu de forcer les gens à maigrir, on essayait de modifier petit à petit notre société?

Être en surpoids ne signifie pas être en mauvaise santé. Plutôt que de gaver les petit·e·s d’injonctions à la minceur dès la plus tendre enfance, peut-être devrions nous tenter de faire en sorte qu’iels apprennent à vivre bien, qu’importe leur corpulence. Si cela doit passer par faire des tables d’examens plus larges, des chaises sans accoudoirs ou des tensiomètres qui ne font pas garrot au passage, est-ce si grave ?
Expliquer à la population qu’il ne faut pas manger trop gras, trop sucré, trop salé ne semble pas efficace. Il faudrait enfin s’occuper du problème à la racine et vraiment interdire aux entreprises agroalimentaires de faire de la nourriture toxique à bas prix.

Les pauvres sont la tranche de la population la plus touchée par l’obésité. En France, près d’un adulte sur deux (48,4 %) touché par l’obésité vit au sein d’un foyer aux revenus inférieurs à 1 200 euros, contre 7 % de ceux qui ont un revenu mensuel supérieur à 5 300 euros (source). Il serait temps pour le gouvernement d’inverser la tendance et pour les entreprises de proposer de la nourriture saine moins chère que la junk food.

En attendant que quelque chose soit enfin fait pour enrayer ce que les “experts” appellent une épidémie, les personnes que représentent ces chiffres tentent de survivre dans une société qui leur fait comprendre tous les jours qu’elle ne veut pas d’elleux.

Aujourd’hui sur Internet se développent les mouvements body positive et plus particulièrement le fat positive. De plus en plus de personnes en surpoids ou obèses osent se montrer. Ne plus avoir honte, poster des photos de son corps afin d’encourager d’autres personnes à s’accepter, c’est le fil rouge de ce mouvement. On ne parle plus ici des mannequins dites “grande taille” qui restent dans les standards de beauté occidentale (ventre plat, grosse poitrine et gros postérieur), mais de grosses personnes. Double menton, ventre qui tombe, cuisses qui se chevauchent, tout ce qui leur est demandé de cacher au quotidien s’affiche sur internet. Iels sont gros·ses, c’est un fait. Alors soit iels se morfondent parce que c’est ce qu’on attend des gros·ses (et choisir cette solution est loin d’être répréhensible, être en capacité de lutter tous les jours n’est pas donné à tout le monde), soit iels se battent. C’est ce que choisissent de faire beaucoup de gros·ses aujourd’hui, et ça fait du bien.

Nous avons choisi ici de partager quelques profils Instagram qui illustrent pour nous parfaitement le mouvement Fat Positive :

Jessa Jordan, prof de Yoga à ses heures

Tessenie Mowatt, modèle photo

Shawna, créatrice de la boutique en ligne ChubbyCartWheels

Jewelz, modèle photo

Pervvy Panda, militante fatpositive

Une photo publiée par @pervvypanda le

Darling I know militante fatpositive et makeup artiste

Mulsmulss bloggeuse fatpositive

Gaëlle Prudencio bloggeuse fatpositive à l’origine du challenge #frenchcurves

Nina Flageul modèle et photographe

Métaux Lourds, modèle fatpo aux cheveux blerts (bleu-verts quoi)

Olga militante bodypositive.

Essayer de s’aimer tel·le que l’on est n’est pas chose aisée, mais ces quelques femmes grosses mettent du baume au cœur et des coups de pied dans le derrière de la société.

Il est grand temps de cesser de culpabiliser les gros·ses et d’enfin mettre les industriels face à leurs responsabilités. On ne peut pas reprocher à la population d’être en surpoids lorsque acheter un plat de lasagnes surgelées revient moins cher qu’un kilo de brocolis…