Arborant un grand sourire et un t-shirt “Fuck your patriarchal bullshit”, Eiram est læ créateurice de Self-ish, un open mic non-mixte parisien. La scène ouverte a lieu tous les premiers mardi du mois, et a tellement de succès que lors de sa septième édition, les places ont dû être limitées à 200 personnes. Du coup on s’est dit qu’on allait leur faire encore plus de pub.

Comment ton projet d’open mic non-mixte est-il né ?

J’ai beaucoup fréquenté les scènes ouvertes anglophones, au sein desquelles j’ai été témoin de sexisme et de misogynie. Surtout que la majorité des scènes ouvertes que j’ai fréquenté sont gérées par des cismec blancs et hétéros : ils n’ont donc souvent pas conscience des systèmes d’oppression, mais en plus les perpétuent de manière délibérée. Ils sentent qu’ils ont le pouvoir en tant qu’organisateurs et en profitent, j’en ai moi-même été victime.Et j’en ai eu marre. C’est de là qu’est venue mon envie de créer Self-Ish.

 

Tout le monde peut participer à Self-Ish ?

Tout le monde, sauf les mecs cis. Les performances, elles, sont les plus variées possible. La volonté de Self-Ish c’est d’être ouvert au maximum, dans la limite du respect des autres. Après, on est pas responsable de ce que disent les personnes qui montent sur scène ; on a une charte qui dit qu’on n’accepte pas les propos racistes, homophobes, putophobes etc. Si vous avez des comportements autres, il faut savoir faire face aux réactions du public.

Un·e participant·e à Self-ish, sur scène.

Un·e participant·e à Self-ish, sur scène.

 

Le public est quand même très bienveillant !

C’est notre mot d’ordre. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles les gens aiment Self-Ish, car par rapport au public de beaucoup de scènes ouvertes, surtout mixtes, on est quand même super ouvert·e·s. Je pense aussi que c’est pour ça que beaucoup de personnes prennent la parole, souvent pour la première fois.

 

Quelle est ta plus belle histoire de Self-Ish ?

C’est une femme de 18 ans qui s’appelle Hélène, elle est montée sur scène pour la première fois il y a deux mois. Dans son slam elle a mentionné Self-Ish, en disant que voir le projet et les personnes qui montaient sur scène l’avaient inspirée à prendre la parole, elle aussi. Elle disait aussi qu’elle se cherchait un petit peu, par rapport à son identité, et qu’exprimer ses craintes à haute voix l’aidait. D’entendre que ça avait eu un réel impact positif sur quelqu’un, d’autant plus si jeune, ça a vraiment été une des plus grandes récompenses de ma vie.

 

À quoi ressemble l’avenir de Self-Ish ?

On a prévu de s’associer avec un groupe qui s’appelle Madame Rap et qui promeut les femmes qui rappent, afin d’en voir plus sur scène. On prévoit aussi d’en organiser dans plusieurs villes de France plutôt qu’à Paris seulement. Et aussi, la dernière bonne nouvelle, des gens en Angleterre seraient intéressé·e·s par une collaboration !

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