Bienvenue à Poudlard, l’école des sorci… Enfin je veux dire, bienvenue dans ce petit cours d’initiation au tarot divinatoire *non non restez, c’est pas ce que vous croivez !* Si vous aviez besoin d’une bonne excuse pour ne pas sortir ce soir, Simonæ vous couvre, et vous propose un article dense comme un cale-porte sur cet art méconnu. C’est le moment de mettre en marche la bouilloire, car, parole de vieille sorcière, rien de tel que de parler tarot autour d’un thé… Alors installez-vous confortablement : c’est parti !

Femme pratiquant le tarot divinatoire.

PRÉAMBULE

*ton dramatique* « Mon petit… Le Sinistros est sur vous ! »

Parler de tarot “divinatoire”, c’est un peu mal nommer les choses, car en réalité ce qui est important dans cet article c’est de surtout faire la distinction avec le tarot “à jouer”. Pour remettre les choses à leur juste place, nous allons donc commencer par parler cartomancie.

Ce qu’on appelle « cartomancie » (néologisme récent formé à partir des mots « cartes » et de la terminaison -mancie du grec ancien μαντεία, « divination »), renvoie communément à une méthode ou pratique divinatoire utilisant les cartes comme support pour prédire l’avenir. A la suite de cette définition, cellui qui n’a pas l’image d’une vieille diseuse de bonne aventure à breloques et châle étincelants tirant d’une poche invisible un jeu aux coins élimés, serait d’un pragmatisme et d’une rationalité à toute épreuve : qu’iel nous jette donc la première pierre. Mais que se cache-t-il derrière le fameux « tarot divinatoire » ?

La divination (« l ’une des branches les plus imprécises de la magie » selon la très estimée Professeure McGonagall) semble venir se proposer pour permettre de répondre à deux préoccupations majeures : qui va mourir cette année ? Glace à la banane ou gâteau à la fraise ? (Pardon).

D’abord, donc, la question de l’identité (qui sera-t-on dans le futur, par rapport à qui nous sommes aujourd’hui). Et ensuite, la question des actions (que fera-t-on dans le futur, que se passera-t-il). La divination, c’est donc une sorte d’anticipation de la rétrospection – ce moment où, une fois dans cet avenir, il sera possible d’analyser les signes avant-coureurs présents dans le passé, et de les reconnaître comme tels. Il s’agit de « deviner » (devin), mais aussi d’introduire la participation des consultant·e·s à cette construction narrative. Car oui, le tarot est un outil narratif, et cet article entend expliquer comment, en quoi, et surtout, pourquoi c’est bien. Le lien entre tarot et narratologie (science de la narration) n’est que rarement exploré, pourtant la puissance du tarot comme forme de récit à part entière est très développée : en étudiant les techniques et les structures narratives mises en œuvre dans son système, on tirera les cartes d’abord « pour en tirer parti, pour tirer son épingle du jeu et non des plans sur la comète, pour se connaître soi et son potentiel via des symboles » complexes, polysémiques et variés. Explications :

La cartomancie consiste typiquement en un déchiffrement de signes ou d’indices, semés dans les cartes, et dont l’interprétation finale constitue une trame narrative, laquelle est conditionnée par un tirage (la manière de sortir les cartes, de les disposer, et de les « lire »). Du point de vue narratif, la divination correspondrait à un énoncé de type « pronostic ». Au contraire d’un diagnostic, nous sommes dépourvu·e·s de théorie complexe préalable nous aidant à identifier les indices en tant que tels. C’est pourquoi la cartomancie en particulier s’apparente à une sorte de chasse au trésor, sans que l’on connaisse les tenants et aboutissants. Le tirage fait alors office d’entonnoir : il trie les cartes en amont, ce qui réduit les possibilités et potentialités en extrayant de l’ensemble du tarot un nombre défini de cartes, et donc d’éléments, qui seront lu·e·s, déchiffré·e·s, interprété·e·s, les autres lames (cartes) étant écartées. Ce sont ces lames qui feront sens, et qu’il importera de comprendre pour faire émerger une signification.

Il existe plusieurs jeux avec lequel il est possible de pratiquer la cartomancie : les cartes à jouer classiques, les cartes Lenormand, les oracles, et les tarots. Chacun possède ses particularités et ses spécificités propres, mais cet article propose de se pencher plus particulièrement sur la question du tarot.

OUTIL DE DIVINATION VS DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Le tarot est un jeu de cartes composé de 78 lames (réparties en 22 arcanes majeurs, 56 arcanes mineurs) dont les origines sont pour le moins mystérieuses [1]. Bien que l’on ne puisse actuellement que se perdre en conjectures et hypothèses sur l’utilité initiale du jeu, on sait qu’il n’a acquis de véritable fonction divinatoire qu’au XVIIIème siècle, et que de nombreux psychologues et psychanalystes, parmi lesquels Carl Jung, ont reconnu au XXème siècle ses bienfaits thérapeutiques, notamment en ce qui relève de l’expression de l’inconscient. La composante ésotérique, voire occulte, associée plus communément au tarot, est pourtant bien plus connue que sa capacité à susciter l’intérêt des psychologues et psychanalystes [2]. Qui dit tarot dit en effet spontanément « tarot divinatoire » et non pas forcément « outil pédagogique et thérapeutique ». Pourtant, les witches de Simonæ espèrent pouvoir montrer ici qu’en plus d’être utilisé pour « prédire » l’avenir (et encore, pas dans le sens où on l’entend généralement), le tarot est surtout un formidable outil pour trouver les chiffres gagnants du loto de connaissance de soi et de développement personnel – bien que les deux tendances ne soient pas incompatibles. En fait, la frontière qui semble les séparer de prime abord paraît particulièrement mince et délicate à établir, en raison du fait que les deux basent leur champ d’action sur l’inconscient.

Contrairement aux idées reçues, celleux qui font usage du tarot divinatoire savent tout que la réponse aux questions que nous nous posons se trouve en grande partie déjà « en nous », de manière intuitive, et non aux mains de forces cosmiques indéfinissables ou de divinités quelconques – le tarot puisant dans une iconographie et symbolique à la fois chrétienne et païenne, avec des références tour à tour kabbalistiques, astrologiques, ésotériques et numérologiques. « Lire » les cartes, c’est un peu comme analyser une œuvre d’art dont le motif dominant serait… votre propre vie (rien que ça, mais oui). C’est la raison pour laquelle on ne part pas de zéro face au tarot : la manière dont il va nous permettre de narrativiser notre situation et notre avenir dépend d’abord de nous-mêmes, de nos impressions et de nos antécédents. À cet égard, il n’y a donc pas de « Destiiiin » figé, ni de Fatalité Immuable et Irréversible, en bref : pas de déterminisme fondamental sur lequel il nous est impossible d’infléchir. Bien au contraire, rien n’est gravé dans le marbre et le tarot semble plutôt nous dire : « Voici la situation, influencée par telles composantes, nuancée de tels attributs, due à tels phénomènes. Et voici ce qui se passera probablement si cette dynamique particulière se poursuit. Et voici une autre ouverture possible. Et voici un bon conseil. » (Ça c’est quand le tarot est sympa, dans la vraie vie et avec un jeu « brut de décoffrage », ça donne plutôt quelque chose comme « Non ton ex ne va pas rappeler ce soir et tu avais bien raison de larguer ce connard, maintenant va te coucher, il est minuit et tu as bien trop bu ! »)

Sous cet angle, il semble que le tarot ne nous révèle guère que ce que nous « savons » déjà – ce dont nous avons l’intuition ou la pré-conscience –, opérant ainsi une formulation concrète des intuitions personnelles et permettant l’émergence du refoulé. Voilà qui impacte sérieusement l’image d’un·e cartomancien·ne en possession d’un « don » dont læ consultant·e serait dépourvu·e, et qui consent à le mettre à son service moyennant contrepartie sonnante et trébuchante (dling, dling) ! Il est donc important d’établir une bonne fois pour toutes que le tarot n’est pas un instrument « magique » en soi, réservé à quelques initié·e·s élu·e·s, mais bel et bien un outil, certes complexe, mais surtout étonnamment précis et raffiné, que tout le monde peut utiliser en ce but. Car les potentialités proposées par le tarot sont incroyablement riches.

Le tarot pourrait bien avoir été créé en partie pour répondre au besoin que l’être humain a, en tant qu’animal narratif, de narrativiser le réel, la vie, afin de la rendre intelligible – étant entendu que le récit est l’une des catégories de sens mises en œuvre pour tenter de comprendre le monde. Cette vision du tarot comme outil narratif, et comme permettant l’émergence d’intuitions inconscientes, n’est pas sans rappeler, comme on l’aura peut-être remarqué, la psychanalyse, qui se propose d’étudier les symptômes de læ consultant·e (actes, pensées, paroles) pour parvenir aux mécanismes inconscients de refoulement ayant occasionné un « déterminisme psychique » qui permettrait de les expliquer, en « racontant » les liens de causalité qui lient les deux bords. Les deux méthodes ont donc en commun de partir du manifeste (conscient) pour parvenir au caché (inconscient), de la surface pour atteindre les profondeurs. Il s’agit de faire remonter, émerger, tantôt des réponses, tantôt des explications plausibles, en suivant un système de signes (des indices). Plus encore que des indices, l’une de nos assertions ici est que le tarot est un langage à part entière, qui  laisse place à l’interprétation en jouant sur les signifiants et signifiés.

Femme pratiquant la divination à l’aide d’une boule cristal.

On commence à mieux comprendre comment le tarot « divinatoire » a pu se dépouiller progressivement de son aura mystique pour devenir un outil thérapeutique à part entière, utilisé d’abord et avant tout comme tel par de nombreux·ses praticien·ne·s. Il est indéniable quoi qu’il en soit qu’il représente un précieux support de projections. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que cette « sagesse » attachée au tarot divinatoire, cette intelligence due en grande partie à sa complexité, va en réalité bien au-delà du mysticisme qu’on lui attribue généralement, puisque le tarot procède d’une charge symbolique pour le moins impressionnante, et est doté d’une puissance évocatrice dense. Comme un « livre de la vie », il est censé rendre compte, en 78 lames, de tout ce qui affecte l’existence humaine – rien de moins. Son message irait à l’essentiel et s’adapterait ainsi à chaque utilisateurice, en tout temps, toute époque, tout lieu, toute culture, et à toutes circonstances ; le contenu du message prenant une forme diverse à chaque consultation.

Cette opportunité de mettre en lumière l’expérience humaine, de déchiffrer ses signes, et par là même d’anticiper potentiellement l’avenir (qui n’a donc plus une forme figée, car le tarot insiste sur le fait que l’avenir ne se lit pas indépendamment de cellui qu’il concerne et de tout ce qui læ touche), repose donc sur l’une de ses attributions, et non des moindres, qui est sa faculté de raconter des histoires. Non pas au sens figuré ironique de l’expression, mais bien au sens littéral, grâce à son système extrêmement riche dont nous allons détailler les composantes. À cette capacité s’ajoute également, pour cause d’aura mystérieuse que l’on mettra sur le compte de sa réputation ésotérique, sa propension à intriguer. N’en déplaise à ses détracteurices et aux sceptiques, le tarot a une capacité narrative indéniable qui provient de son habileté même à représenter le réel, le figurer dans son ensemble, faits psychiques et faits physiques compris, du fait de son système symbolique tout à la fois archétypal et allégorique.

Nancy Huston, dans L’espèce fabulatrice, écrit : « Nous seuls percevons notre existence sur terre comme une trajectoire dotée de sens (…), un arc, une courbe allant de la naissance à la mort (…), avec un début, des péripéties et une fin, en d’autres termes, un récit ». Elle pose la notion de récit, et d’intrigue, comme un invariant de l’être humain, et va jusqu’à la présenter comme notre modalité principale de description et de compréhension du monde. L’intrigue, c’est ce qui nous pousse à vouloir connaître la fin, la suite : c’est un vrai principe dynamique qui peut donc s’appliquer totalement au tarot. C’est aussi parce que nous souhaitons connaître « la suite » que nous avons recours à des procédés divinatoires, ce qui rend la question de l’incidence perceptive et affective centrale. Dans le tarot, la notion d’intrigue, le lien qu’elle a avec l’enquête, et la problématique de l’intentionnalité et de l’accès au sens, sont des aspects primordiaux.

Raconter des histoires, le tarot sait le faire. Mais c’est surtout autour de lui que se racontent des histoires, toutes plus abracadabrantes les unes que les autres ! Comme tout objet lié à l’occulte et prétendument « magique », donc doté d’un pouvoir inexplicable, le tarot est bâti sur diverses légendes qui ont forgé sa réputation mystérieuse, ce que l’on appellerait en narratologie le teasing : ce qui éveille la curiosité au préalable. Il existe ainsi multitude de petites anecdotes et croyances liées au tarot, qui semblent relever de l’intrigant au sens de mystérieux / hors du commun, et qui excite donc effectivement la curiosité et l’intérêt : de simples petites histoires gravitant autour du tarot, et qui aident sans nul doute à asseoir sa réputation occulte et son aura de mysticisme. Le site Secrets du Tarot en présente certaines:

Il existerait d’abord un différend sur la manière d’acquérir un jeu de tarot : certain.e.s soutiennent qu’il ne faut pas acheter soi-même son tarot… Suivant cette logique, on ne devrait pouvoir acquérir un jeu que de deux seules manières, c’est-à-dire en le volant ou en le recevant en cadeau. Cela viendrait de l’antique idéologie des initié·e·s, qui voudrait que l’apprenti·e se doit de recevoir son outil de la main d’un·e initié·e ou de saon maître·sse.

Une anecdote porte sur la manière de ranger ses cartes : le Fou sera emprisonné entre le Jugement et le Monde. Pourquoi ? Parce qu’il est reconnu pour brouiller les pistes, et créer des interférences dans le paquet quand les arcanes « dorment » (ne sont pas utilisés). Le Fou, comme une entité réelle, “n’aimerait pas beaucoup suivre les horaires ou avoir à attendre son tour”… Il est donc de bon ton de contenir son enthousiasme entre deux cartes qui agissent comme des gardiennes. Selon les croyances, on peut aussi le glisser entre l’Impératrice et l’Empereur, la Papesse et le Hiérophante, ou le Soleil et la Lune, pour éviter qu’il ne sème le désordre – et pour le consacrer selon des influences diverses.

Une autre croyance encore semble considérer que le tarot serait donc doté d’une énergie propre qui le rendrait presque vivant : par imprégnation, et du fait de son usage, le tarot serait influencé par les énergies de celleux qui le manipulent (saon détenteurice en tête), et nécessiterait donc d’être « nettoyé » spirituellement après chaque utilisation. Diverses méthodes magiques existent pour ce faire : pierres, fumées d’encens… Dans l’idéal, et afin de le préserver, il faudrait conserver le tarot à l’abri des regards, dans un foulard de soie noire, puis dans une boîte en bois (mais d’autres sources préconisent une étoffe violette).

Un rituel complexe d’appropriation, appelé rituel d’ouverture et de consécration du tarot, existe également, qui peut même déboucher jusqu’au rituel bien particulier de « l’accord des arcanes », au cours duquel l’utilisateurice du tarot se voit parrainé·e par plusieurs arcanes majeurs qui vont ainsi lui donner l’autorisation de pratiquer cet art divinatoire.

Tout cela est, on en conviendra, bien cérémonieux. Chez Simonæ, nous pensons que le tarot n’a d’autre pouvoir que celui qu’on lui prête. Après tout, ce n’est rien d’autre que des dessins sur du papier glacé. Alors si vous voulez un tarot, diantre, offrez-le-vous ! Et par pitié, ne vous sentez pas forcé·e de remettre les cartes dans l’ordre après chaque utilisation, ni d’emprisonner le Fou. Nous autres sommes bien plus friand·e·s de petites anecdotes inoffensives, celles qui parsèment encore l’aura du tarot d’un fourmillement de ramifications intrigantes, fascinantes, sur les pratiques qui lui sont liées, et de comment l’on peut se les approprier. Ainsi, si une carte tombe tandis que vous les brassez et mélangez : ne la négligez pas, il s’agit d’un message immédiat qui demande une lecture et interprétation dont l’échéance s’inscrit dans l’ici et maintenant, une prédiction, un conseil, une directive à prendre immédiatement (la dernière en date me disait sobrement : « meuf, t’as besoin de te faire ken »). Et si une carte ressort souvent dans vos tirages, en particulier parmi les arcanes majeurs, vous pouvez considérer que cette carte est vous, celle qui vous représente, celle qui vous symbolise, vous intégrant ainsi vous-mêmes dans le « système tarot », afin de boucler la boucle (on parle ainsi de Signifier ou Significator en anglais – votre humble servante étant la Daughter of Wands ou Valet de Bâtons).

LA STRUCTURE INTERNE DU TAROT

D’un point de vue strictement occidental, il existe globalement deux grands types de tarot : le Tarot de Marseille à l’iconographie médiévale pour le versant européen, et le Rider Waite-Smith Tarot pour le monde anglophone. Le second possède la particularité d’avoir ses arcanes mineurs illustrés, contrairement au premier, qui ne fait figurer que des bâtons, coupes, en accord avec le nombre de la carte. Tous les tarots en circulation se basent sur l’un ou l’autre.

Le tarot compte comme on l’a dit 78 cartes au total, cartes que l’on appelle dans le jargon des « arcanes », lesquelles se divisent en deux types : les cartes dites « arcanes majeurs » et les cartes dites « arcanes mineurs », par ordre d’importance.

Chacune de ces deux familles possède un rôle particulier au sein du « système tarot » qui ne peut être interverti, mais elles fonctionnent à la fois de manière complémentaire et indépendante, ce qui fait qu’en taromancie, il est possible d’utiliser pour la lecture aussi bien l’ensemble des lames qu’une partie. Il n’y a en effet pas de règles spécifiques ni édictées quant à l’usage du tarot : charge donc à l’utilisateurice d’élaborer ses propres préférences et méthodes, ses propres procédés, appliqués à l’usage qu’iel veut en faire – le choix des cartes utilisées influant évidemment sur le résultat. Beaucoup de praticien·ne·s ne s’en tiennent d’ailleurs qu’aux arcanes majeurs pour faciliter la lecture, quoi qu’iels se privent ainsi d’une partie de la profondeur interprétative du tarot, d’abord conçu, rappelons-le, comme un tout (ou du moins on le suppose).

À chaque type de carte son système symbolique propre, et son histoire particulière. Il est donc à noter que la symbolique profonde attachée aux arcanes majeurs et mineurs se maintient dans les variantes historiques et modernes du tarot, mais qu’à cet égard, la signature artistique des créateurices qui conçoivent un jeu joue un rôle particulier, redirigeant l’interprétation personnelle et influant naturellement sur la composante narrative des cartes. C’est la raison pour laquelle il est important de bien choisir son jeu, la seule règle étant : soyez sûr·e·s qu’il vous plaise ! N’écoutez pas celleux qui vous recommanderont des tarots « pour débutant·e·s ». Le meilleur tarot pour vous est celui avec lequel vous aurez envie de passer de longues heures pour apprendre le moindre de ses secrets. Les affinités peuvent en effet être largement induites par le style du dessin, et il n’est pas grave de se tromper : si votre premier jeu ne vous dit rien, le suivant sera peut-être le bon !

Le sens de chaque carte n’est jamais complètement figé. Les interprétations diffèrent, et ainsi donc les histoires racontées par les cartes aussi. Elles dépendent grandement de l’esprit de qui les consulte et de la signification qu’iel apporte ellui-même aux éléments qui les composent. Cette virtualité, cette potentialité, est la grande force de ce médium, où l’absence de définition fixe ne constitue donc pas en soi un problème, mais un atout [3] (« atout » haha, tu l’as ?).

 

Femme lisant dans un jeu de tarot.

Les arcanes mineurs

Il y a 56 lames ou arcanes mineurs, qui reprennent pour leur part peu ou prou les figures des jeux de cartes à jouer, c’est-à-dire quatre séries de 14 lames ayant pour couleurs les Deniers ou Pentacles, les Épées, les Bâtons, et les Coupes ou Calices (que l’on tient pour les ancêtres respectivement des Carreaux, des Pics, des Trèfles, et des Cœurs de nos jeux de cartes à jouer classiques). Les arcanes mineurs représentent plus concrètement les situations de la vie quotidienne et ses affects, quand les majeurs représentent des archétypes et des grandes tendances dominantes.

À l’intérieur de chaque série se trouvent quatre cartes de cour, que l’on appelle aussi les « figures » ou « honneurs » : le Roi, la Reine (ou encore la Dame, tout simplement), le Chevalier et enfin le Valet ou Page. Iels représentent les personnages tels qu’iels interviennent dans les situations : ainsi le Roi de Bâtons par exemple renverrait censément, selon la signification qui lui est généralement attribuée, à une personne passionnée et dynamique qui n’a pas peur de l’adversité, quelqu’un·e d’énergique et ambitieux·se, confiant·e, un brin despote mais toujours chaleureux·se, idéalement roux·sse ou blond·e. Sachez que de nombreuses démarches remettent en question le système classiste, hiérarchique, sexiste, cis-sexiste et hétéronormatif du Tarot, notamment en renommant les cartes de cour de sorte à se déprendre des stéréotypes de genre. Pour plus d’informations sur comment « queerer » votre tarot, voir par exemple cette chronique (en anglais).

Derrière les cartes de cour suivent ensuite dix chiffres de l’As au 10. La numérologie joue ici un rôle prépondérant dans l’orientation de leur signification.

Les suites qui composent les arcanes mineurs sont chacune associées à l’un des quatre éléments (air, eau, terre, feu), et en endossent par conséquent la charge symbolique. Les professionnel·le·s du tarot s’accordent généralement sur la répartition des suites en fonction de ces éléments, à l’exception des Épées et des Bâtons qui parfois s’intervertissent. Voici les correspondances les plus généralement admises :

Les Coupes ou Calices

Puisque les coupes servent à transporter l’eau, elles lui sont naturellement associées. Les coupes gouvernent ce qui concerne les émotions humaines, les sentiments, et plus particulièrement les relations (amour, amitié, famille…), et sont fortement rattachées aux notions d’intuition, de rêve et d’idéalisme.

Les Bâtons

Le bois est nécessaire à l’existence du feu : il en faut pour en construire et l’alimenter ensuite, voilà pourquoi les bâtons sont associés à cet élément. Le feu est latent dans le bois. Les bâtons concernent donc la partie fougueuse de l’esprit, l’imagination, la passion et la sexualité, l’énergie, la créativité et l’étincelle de génie.

NB :  À l’instar d’une épée, un bâton s’il est manié comme une arme peut déplacer l’air, ce qui rend logique également l’association des bâtons à l’élément air.

Les Epées

Les épées fendent l’air et le déplacent en se mouvant : elles sont donc associées à cet élément. Évoquant naturellement les conflits, la douleur et l’affrontement, elles sont utilisées pour aider à parler de tout ce qui concerne ce domaine perceptif : les afflictions, les luttes, les souffrances, mais aussi les défis et les challenges. Reliées à l’élément air, les Épées concernent également la réflexion, l’intellect, et le domaine rationnel et cérébral de la pensée (ne dit-on pas que les mots sont des armes ? « affûter son esprit », « avoir une logique incisive », « joute verbale » ?).

NB : Les épées sont également le produit de la forge, à laquelle le feu est nécessaire : voilà pourquoi, dans certaines traditions, les épées sont associées plutôt au feu.

Les Deniers ou Pentacles

Les deniers étaient une monnaie courante : ils concernent donc la richesse et les biens matériels concrets, fortement ancrés dans la terre, santé, travail et argent en tête. Les deniers ou pentacles recouvrent également les affaires, le monde professionnel, la société, et les succès matériels des humains. Ils concernent tout ce qui a trait aux contingences matérielles.

Ainsi, comme on peut le voir, les arcanes mineurs ont également leur propre système d’intrigue et même leur propre tension narrative, puisqu’il y a là une fois de plus tous les éléments d’un récit : une trame ou couleur narrative particulière (les suites et leur signification propre), des personnages (les cartes de cour) et des situations (les cartes numériques).

L’illustration ci-dessous propose un résumé pertinent de la signification des arcanes mineurs, tout en donnant une idée, par combinaison, de la signification de chaque lame. Nous l’avons reproduit avec son copyright conformément au souhait de sa créatrice Siùloir Aisling :

 

Tableau explicatif des mots clés d’interprétation des arcanes mineurs.

Les arcanes majeurs

Les lames ou arcanes majeures sont au nombre de 22, ou pour être plus précise, de 21 + 1, cette dernière carte étant la carte dépourvue de nombre (ou bien accréditée du nombre 0): la carte du Fou. L’iconographie est propre à chaque lame et leur symbolique est plus dense, plus chargée de sens que les arcanes mineurs, mais par conséquent plus lourde aussi et plus difficile à interpréter. En revanche, et parce qu’elles sont connues pour représenter des archétypes, elles offrent librement à chacun la capacité de se les approprier. Elles figurent aussi bien des personnages, que des vertus ou encore des astres. Elles sont la valeur ajoutée du tarot, ce qui le distingue d’un banal jeu de cartes. Ce sont elles qui exercent la plus grande fascination sur les auteurices, des occultistes aux philosophes, en passant par les professionnel·le·s du milieu psy.

Ces cartes racontent déjà, par la chronologique numérale qui leur est attribuée, une histoire ordonnée : celle du Fou (qui représente læ consultant·e, et, plus généralement, toute personne jeune à l’aube de sa vie) et de son parcours initiatique ou rite d’apprentissage. Le Fou se déplace à travers les lames, les unes après les autres: iel expérimente ainsi leurs significations et leurs enseignements respectifs et ce faisant explore toutes les potentialités, expériences et rencontres humaines possibles, jusqu’à atteindre une sorte de sagesse. C’est pour cela que le Fou est à la fois au commencement et à la fin de l’histoire, ceci pour figurer aussi le caractère cyclique de la vie qui se crée et se recrée. Le Fou ressemblerait donc à un inconscient qui se déplace et traverse toutes les étapes de la vie.

On trouve ainsi, par ordre d’apparition dans le jeu :

  • 0. Le Mât (appelé aussi « le Fou », et qui est à la fois la première et la dernière lame du jeu : la complexité commence déjà à se manifester)
  • I. Le Bateleur (parfois appelé aussi « le Magicien » dans les jeux les plus modernes, particulièrement les jeux anglo-saxons)
  • II. La Papesse (parfois « la Grande Prêtresse » dans sa version non chrétienne)
  • III. L’Impératrice
  • IV. L’Empereur
  • V. Le Pape (parfois « le Hiérophante » dans sa version non chrétienne)
  • VI. Les Amoureux
  • VII. Le Chariot
  • VIII. La Force
  • IX. L’Hermite
  • X. La Roue-de-Fortune
  • XI. La Justice
  • XII. Le Pendu
  • XIII. L’Arcane-Sans-Nom (de plus en plus nommée « La Mort »)
  • XIV. La Tempérance
  • XV. Le Diable
  • XVI. La Maison-Dieu (on peut parfois la retrouver sous l’appellation « la Tour » dans sa version non chrétienne)
  • XVII. L’Étoile
  • XVIII. La Lune
  • XIX. Le Soleil
  • XX. Le Jugement
  • XXI. Le Monde

SIGNIFICATION ET INTERPRÉTATION DES CARTES

Si l’intrigue consiste aussi à reproduire sur un plan esthétique les histoires qui nous arrivent, le tarot ne fait certainement pas exception à la règle. La signification et l’interprétation même des cartes, dépend de cette intrigue initiale impulsée par l’idée du « voyage du Fou ». Elle est majoritairement métaphorique, rarement littérale. Le visuel des cartes accentue grandement l’une ou l’autre des caractéristiques de chacune, en mettant l’accent sur plusieurs symboles en particulier.

Il est intéressant de noter qu’il n’existe pas de source officielle et définitive quant à la signification des cartes, mais qu’une signification cohérente semble pourtant se retrouver d’un ouvrage à l’autre, d’un blog à un autre, sans pour autant que l’on puisse en déterminer l’origine. Il en résulte une souplesse grâce à laquelle nous comprenons mieux comment, pourvu que l’on respecte cette « essence » propre à chacune des cartes, il serait possible de s’approprier le tarot et de se fier à son intuition (ou inconscient) grâce aux images mêmes des cartes, comme un écrivain s’approprie la langue dans laquelle il travaille.

La tension narrative du tarot est toute entière contenue dans la signification des cartes qui le composent, qui en détermine la réception par læ consultant·e et infléchit sur le déroulement du récit construit ensuite par le tirage. Les potentialités de chaque carte sont multiples, regroupées sous forme de mots-clés, mais c’est le tirage lui-même qui présentera véritablement une directive ou fil conducteur spécifique qui induira un sens.

Afin de démystifier encore l’aura fataliste du tarot, il est important de préciser qu’aucune carte n’est, de manière inhérente et irrévocable, parfaitement positive ou parfaitement négative : elles sont toujours à nuancer par et pour elles-mêmes, car pourvues des défauts de leurs propres qualités, et inversement. Elles sont à relativiser d’ores et déjà individuellement. C’est là ce qui rend également le tarot si complexe et intriguant : bien qu’archétypal, il n’est pas binaire, bien que symbolique, il n’est pas schématique, et bien que spécifique, il n’est pas caricatural. Cependant, beaucoup de praticien·ne·s, pour simplifier la lecture, intègrent les cartes à l’endroit et à l’envers dans leurs tirages et les lisent selon le sens dans lequel elles sortent, endroit (positif) ou envers (négatif), sans s’inquiéter du pendant de chacune. Là encore, les procédés et méthodes diffèrent, et aucun n’est plus juste que l’autre puisqu’il s’agit de trouver pour chaque tirage celui qui conviendra (à lae praticien·ne, aux circonstances, etc). En outre, chaque carte signifie ce qu’elle représente à la fois de manière littérale et figurée, concrète et symbolique : ainsi, la carte de la Mort, ou l’Arcane-Sans-nom, par exemple, peut tantôt signifier une mort physique, ou une perte effective réelle (quoi que cela soit très rare), et tantôt la fin nécessaire d’un cycle (avec le deuil à faire que cela suppose), qui porte l’idée sous-jacente d’un renouveau, du début d’une nouvelle dynamique.

De plus, et pour rajouter d’avantage encore à la complexité et à la profondeur du tarot, chaque carte sortie s’interprète toujours d’abord seule, puis en fonction des autres cartes sorties à côté d’elle dans un tirage, par combinaison, puis avec l’ensemble, toutes mises en regard des unes par rapport aux autres, dans un système quasi métonymique : le tout révèle la partie et la partie révèle le tout. C’est cette interprétation qui correspond évidemment le plus à la narrativité du tarot, les arcanes en elles-mêmes étant plus directement des personnages ou des vertus en attente d’un récit ou s’intégrer.

Avant tout tirage, læ consultant·e peut choisir de poser ou non une question selon qu’iel désire obtenir une réponse précise au sujet d’un ou plusieurs aspects de sa vie, ou une lecture globale qui laisse aux cartes le soin de lui révéler ce qu’elles jugent bon. Il existe donc une multitude de tirages pour une multitude de propos différents, et puisque c’est à cet instant que certaines cartes sont extraites de l’ensemble du jeu pour servir d’indices, c’est là qu’un teasing supplémentaire se manifeste : cela crée naturellement une tension au moment de choisir les cartes. Le nombre de cartes, la manière dont elles sont extraites, l’ordre dans lequel elles sont tirées, puis la disposition, sont autant de paramètres qui encadrent les conditions d’effectivité et de possibilité de la narration qu’elles induiront.

On commence donc par mélanger les cartes, ou les faire mélanger par læ consultant·e. Il existe diverses techniques pour ce faire (les battre, les faire glisser, les couper), la bonne technique étant celle que vous préférez employer. Cette étape est symboliquement importante puisque l’ordre du tarot est ainsi bouleversé : il s’agit de recréer un chaos, figurant le chaos du monde, qui sera ensuite réorganisé sous une certaine forme, définie par le tirage lui-même. C’est également une métaphore de la nécessité pour l’être humain de rendre intelligible le monde qui l’entoure, d’expliquer le chaos. Puis on coupe le paquet (le nombre de coupes étant au choix du tarologue), avant de reformer une pile, que l’on étale ensuite sur la table. La carte de coupe peut être lue : elle peut indiquer, au choix, un indice sur l’état d’esprit de la personne qui consulte, une influence majeure dans le tirage, ou tout au contraire ce dont le tirage ne parle pas, ou ce que la personne qui consulte refuse de reconnaître.

Les utilisateurices du tarot le savent : il peut être parfois très difficile d’utiliser les cartes pour soi-même si l’on est en quête d’objectivité. Nous sommes alors tenté·e·s d’interpréter les cartes de la manière qui nous est la plus agréable, quitte à adoucir le poids de leur symbolique. Mais d’un point de vue littéraire et technique, le tarot perçu comme un outil narratif, s’il perd de son aura magique, gagne en maniabilité et en proximité [4]. Ainsi, un peu à la manière dont Bettelheim parlait des contes de fées, le tarot « ne traumatise pas ses jeunes lecteurs, il répond de manière irréfutable à leurs angoisses et les informe des épreuves à venir et des efforts à accomplir. Il offre une chance supplémentaire de mieux comprendre et se comprendre au sein de ce monde complexe ». En effet, le tarot peut être compris comme un support permettant de raconter des histoires, car sa composante intrigante et narrative, trop peu souvent démontrée, est pourtant véritablement prégnante, voire dominante ; au point de pouvoir conditionner tout un usage qui en est fait (usage psychologique, thérapeutique). C’est notre conviction que le tarot est d’abord et avant tout un outil de développement personnel. Le tarot permet la représentation de récits, de situations et d’actions, tout en étant tributaire lui-même de ce phénomène qui nous pousse à chercher entre les symboles de ses lames des indices qui révèleraient l’intrigue, la trame de notre propre vie d’une part, et ce vers quoi elle tend à l’avenir, d’autre part. Le tarot n’est autre que l’une des formes grâce auxquelles l’être humain a recours à la narrativité comme méthode intelligible de compréhension, d’appréhension, et d’explication du monde qui l’entoure. À cet égard, l’idée de vérité pourrait même n’apparaître que comme secondaire : ce qui compte n’est pas d’obtenir une réponse définitive, mais de proposer des chemins divers menant à des hypothèses des expériences variées. Ce qui compte, c’est, en somme, l’histoire (mais comme c’est beau !).

Quelques conseils pour se lancer

(autrement appelés « TL;DR ton-article-à-rallonge»)

  • Sous ses dehors sérieux, le tarot est ludique. Mais sous ses dehors ludiques, le tarot est profond (haha). C’est ce qui le rend si intéressant !
  • N’ayez pas peur des croyances qui circulent autour du tarot: il ne faut pas un don spécial pour le lire, juste du temps et de la patience, et le meilleur moyen de se procurer un jeu est encore de se l’acheter. Promis, juré, la vieille sorcière que je suis vous garantie une sécurité totale.
  • Trouvez vos propres codes, votre propre pratique. Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » manière de faire, il n’y a que celle qui vous convient. Point.
  • Pour les élèves du fond qui n’écoutaient pas : absolument tout le monde peut tirer les cartes. Tout ce qu’il vous faut, c’est un jeu, et l’envie de vous amuser avec.
  • Choisissez un jeu non pas en fonction d’une quelconque « recommandation pour débutant·e·s », mais de vos goûts à vous : faites en sorte que l’artwork vous plaise, et le reste suivra !
  • Le secret pour vite se familiariser avec les cartes ? Laissez tomber les livres (et c’est un rat de bibliothèque qui vous le dit). Concentrez-vous uniquement sur vos cartes. Que vous évoquent-elles ? Attrapez-les par la peau du dos et étalez-les devant vous : mais oui, c’est ça, semez le bazar dans votre jeu, rompez l’ordre, ne soyez pas timides ! Faites des piles: « celle-là je l’aime, celle-là je l’aime pas, celle-là je la comprends pas du tout, celle-là me fait peur, celle-là est limpide ».
  • Tirez une carte par jour et voyez comment sa signification reflète votre situation quotidienne, votre journée, ou votre état d’esprit.
  • Interviewez votre tarot pour briser la glace dès son arrivée !
  • Pratiquez en groupe, entre soeurcières ou en soirée avec des potes : c’est le must pour décomplexer son approche (Simonæ recommande le drunk tarot à 100%) (mais soyez raisonnables quand même)
  • Tenez un journal : notez vos idées, vos tirages, ce que les cartes vous inspirent. Le but n’est pas de faire un grimoire enluminé, doré à la feuille d’or et entièrement calligraphié à la plume d’oie, mais de garder une trace : personne ne le lira sauf vous, alors privilégiez l’utile à l’esthétique !
  • Enfin, prenez toujours vos tirages et ce qui s’y dit avec un grain de sel <3
Dans « J’peux pas, j’ai tarot (2) », Simonæ vous proposera de découvrir les jeux préférés des witches de la rédaction, ainsi que quelques idées de tirages pour passer rapidement à la pratique ! A bientôt pour de nouvelles aventures <3

Ressources web

Little Red Tarot (EN)

La chronique de Beth Maiden “The Fool’s Journey” pour Autostraddle (EN)

Secrets du Tarot (FR)

Jack of Wands (EN)

Aeclectic Tarot Forum (fermé, mais toujours consultable – EN)

 

Livres (mais interdiction d’y toucher avant d’avoir apprivoisé ses cartes soi-même)

CYNOVA M., Kitchen Table Tarot, Llwellyn, 2017 (EN)

HUSON P., The Devil’s Picturebooz, Universe, 2003 (EN)

PICKLE O., She is sitting in the night, Metonymy Press, 2015 (EN)

POLLACK Rachel, La Bible du Tarot, AdA, 2010 (FR)

      Seventy-Eight Degrees of Wisdom, Weiser Book, 2009 (EN)

[1] Qu’on nous pardonne de ne pas nous étendre sur les nombreuses théories produites à ce sujet, qui représenteraient à elles-seules un dossier d’étude à part entière. Les plus vieux exemplaires historiques du tarot en notre possession datent du XVème siècle, mais certain·e·s historien·ne·s n’hésitent pas à faire remonter les origines du tarot à l’Antiquité même.[2] Des arthérapeutes et dramathérapeutes, aux spécialités respectives relativement récentes du métier de psychologue (qui se basent respectivement sur les arts et le théâtre pour appuyer une thérapie), utilisent parfois le tarot afin d’aider læ consultant·e à représenter une situation et ses enjeux.[3] Il existe tout de même des interprétations reconnues, que certains excellents ouvrages préconisent – voir nos recommandations en fin d’article.[4] C’est ce que théorisait également Walter Benjamin dans L’œuvre d’art à l’heure de sa reproductibilité technique, au sujet des œuvres d’art uniques face aux œuvres d’art reproductibles : un nouveau rapport à l’œuvre s’effectue par cette « perte de l’aura », qui permet aux spectateurices de s’approprier les œuvres et de s’investir en elle.