Netflix est connu par tou·te·s les amateurices de bingewatching pour ses séries originales à succès. Mais dans les recoins de son catalogue français se cachent aussi des pépites souvent ignorées : les documentaires. Il n’est pas forcément facile d’identifier ceux qui valent le détour, alors à la rédaction nous vous proposons une petite sélection – non-exhaustive – de documentaires qui nous ont marqué·e·s sur des sujets très variés. Parce que oui, Netflix est aussi une bonne source pour s’instruire.

Audrie & Daisy


Particulièrement touchée par ce documentaire, Aleeshay a décidé de lui dédier un article complet.

Blackfish

 

Elvire :

Tout commence en 2010 avec la mort d’un dresseur, mangé par une orque au centre de SeaWorld à Orlando. Cela a déclenché un scandale et une réflexion sur le traitement et l’exploitation de ses animaux par ce centre animalier. Le documentaire inclut des témoignages d’ancien·ne·s dresseureuses de SeaWorld. Iels décrivent les conditions de “vie”, les sévices infligés aux orques. C’est un documentaire qui est très choquant, surtout si la cause animale vous touche particulièrement.

Black men, white skin

Nous n’avons pas trouvé de bande annonce.

 

Elvire :

Nous suivons une équipe de médecins espagnols qui, une fois par an, se rend en Tanzanie pour opérer et faire des consultations aux Africain·e·s touchés par l’albinisme. Iels sont malheureusement victimes de nombreuses oppressions : soit iels sont mi·se·s à l’écart par la population et vivent dans une extrême pauvreté, soit iels sont, au contraire, recherché·e·s pour des parties de leurs corps. En effet, il y a une légende dans certains pays africains selon laquelle les membres ou parties de corps d’albinos portent chance. Iels sont donc traqués et tués.

Je ne conseillerais pas ce documentaire à tout le monde : il y a des images assez graphiques de maladies de peau qui n’ont pas reçu les soins adéquats (des plaies infectées, des excroissances). Il faut donc avoir le cœur bien accroché. Il y a une deuxième mise en garde : les médecins n’étant pas des magiciens, iels ne peuvent pas aider tout le monde et il y a peut-être des situations ou des décisions qui pourront vous choquer.

Chef’s table

 

Luna :

Si vous aimez la bonne cuisine et êtes curieux·se, Chef’s table est fait pour vous. Les 12 épisodes, répartis en 2 saisons, vous permettront de découvrir des chefs venu·e·s de Slovénie, d’Inde, de Nouvelle-Zélande ou encore du Brésil.

J’aurai 3 reproches à faire à cette série, que j’aime pourtant beaucoup :

  • Il n’y a que 3 femmes sur 12 chefs
  • Il n’y a que 2 chefs racisé·e·s sur les 12
  • Tous les chefs sont en Europe, en Asie, en Amérique du Sud ou du Nord ou en Océanie. C’est marrant, il me semblait qu’il y avait un immense continent, quelque part au sud de l’Europe ? Peut-être que les gens ne mangent pas, là-bas…

Si vous aimez, sachez qu’il existe aussi Chef’s Table France, avec 4 épisodes (dont un sur une femme).

Codegirl

 

Aleeshay:

Des adolescentes participent à un concours réservé aux jeunes filles. Elles doivent, en équipe, créer une application dans sa totalité, du code jusqu’au logo. Durant ce documentaire, nous suivons différentes équipes dans le monde entier, jusqu’à la grande finale où l’équipe gagnante remporte $10 000 pour finaliser son application.

Deprogrammed

 

Aleeshay :

Ted Patrick a été le premier à mettre en place la technique de “déprogrammation” pour aider les adeptes de sectes à revenir dans le monde commun dans les années 1970 aux US. Cette technique faisait appel à des méthodes controversées car traumatisantes et interdites par la loi (enlèvement, séquestration…), mais était réellement efficace. Se posait donc la question de la morale. Jusqu’où sommes nous prêt·e·s à aller pour libérer les victimes ?

Jesus Camp

 

Aleeshay:

Les adeptes du mouvement évangéliste représentent 25 % de la population américaine d’après ce qu’avance la principale protagoniste de ce documentaire. Elle semble penser que c’est insuffisant et s’est donné pour mission d’endoctriner les enfants dès que possible. Durant toute la vidéo on suit le fonctionnement du camp et il est franchement difficile de garder son sang-froid devant de pareils discours.

Making a murderer

 

Carmen :

La série documentaire polémique de l’hiver 2015. Steven Avery est libéré après 18 ans de prison pour une agression sexuelle dont il a été reconnu innocent. Deux ans après, il est accusé à nouveau, cette fois du meurtre d’une femme. La série suit l’enquête de police et la famille de Steven Avery, et met en évidence des problèmes des deux côtés.

Très approfondie parce que le format de série autorise de longues heures d’analyse (10 en tout), mais aussi parce que Steven Avery et sa famille ont été suivis par les réalisatrices pendant 10 ans. Elle a convaincu des millions d’Américains de l’innocence d’Avery et conforté des millions d’autres dans leur conviction qu’il est coupable des crimes dont on l’accuse. À la fois passionnant et frustrant, ce show plonge le spectateur en immersion et le laisse tirer ses propres conclusions, qu’elles soient tranchées ou nuancées.

Miss representation

 

Charly :

Un documentaire sur la représentation (ratée) des femmes dans les médias et son impact.
C’est très bien rythmé entre les statistiques, les témoignages de lycéennes et les interviews d’expert·e·s. Et surtout, après ce documentaire, plus personne n’osera vous dire que la représentation dans les média “ce n’est pas prioritaire” dans la lutte contre le sexisme et les autres oppressions.

Le 13e

 

Aleeshay :

Documentaire sur la criminalisation des Afro-américains. Alors que l’esclavage semble être derrière nous, ce docu met en lumière la méthode moderne des blanc·he·s pour conserver leur ascendant sur la communauté afro-descendante : l’incarcération de masse.

Love me

 

Elvire :

Ce documentaire aborde le sujet de la recherche de l’amour et d’une épouse via les agences matrimoniales. Il veut lancer le débat sur les “mail order brides” (les épouses commandées par e-mail) et surtout sur les personnes qui profitent de la détresse, la naïveté ou les bas instincts des gens. Ici, ce sont des hommes cis américains et australiens qui cherchent l’amour. Ils sont mis en relation avec des femmes ukrainiennes et russes via le site internet “Foreign Affair” et “Elena’s Model”. Certains sont touchants, d’autres moins. Mais ce qui est le plus révoltant, c’est l’argent engrangé par le site à coup de $10 par message. Pour le reste, je vous laisse vous faire votre propre avis.

The Propaganda Games

 

Elvire :

Ce documentaire nous emmène dans le pays le plus fermé du monde, la Corée du Nord. Au début, tout semble idyllique. Puis la voix-off nous plonge dans la dureté de la vie pour les Nord-Coréens. Vous ne verrez pas les images de famines, de tortures. En effet, le réalisateur n’avait pas l’autorisation de quitter son hôtel seul, il était toujours accompagné de guides nord-coréens approuvés par le régime. Mais la voix off sera là pour les évoquer et les rappeler, grâce aux commentaires vous pourrez commencer à comprendre la vie dans l’un des pays les plus liberticide au monde. Tout le long du documentaire, nous sommes accompagné·e·s par Alejandro, le seul étranger travaillant pour le régime nord-coréen. C’est un communiste convaincu qui, déçu par le régime cubain, a préféré se rendre en Corée du Nord. Il y travaille maintenant en tant que représentant des relations internationales.

La dichotomie entre les images et la voix off est saisissante. Le documentaire porte bien son nom car c’est une heure et demie de propagande. On entend même Alejandro, un Espagnol, expliquer aux Coréens que le monde les envie et admire leur pays.

She’s beautiful when she’s angry

 

Luna :

Retour sur les origines des mouvements féministes aux États-Unis dans les années 1960. Elles sont fières, elles sont en colère et elles ont décidé de ne plus se laisser faire.

J’ai hésité à le regarder à cause du titre ; je ne regrette absolument pas d’avoir été curieuse. C’est le meilleur documentaire que j’ai vu de l’année, et j’en regarde beaucoup !

Sour Grape

Elvire :

Si le vin vous intéresse, peut-être que ce documentaire est fait pour vous. Il nous plonge dans l’univers des collectionneurs de vins, de très grands vins et surtout de l’un d’entre eux : Rudy Kurniawan. Cet homme s’est fait passer pour un grand collectionneur et connaisseur en vin (d’après les personnes qui témoignent, son palais était l’un des plus précis qu’iels avaient rencontrés). Il a monté une grande arnaque, faisant passer des vins moyens pour des grands crus se vendant à plus de $5 000 grâce à son assurance et son charisme.

T-Rex

 

Aleeshay:

Claressa Shields est une ado de 17 ans. Afro-américaine originaire de Flinn, Michigan et boxeuse depuis ses 11 ans, elle parvient petit à petit à se construire une carrière jusqu’aux JO de 2012, les premiers à accueillir la boxe féminine.

Tricked

 

Aleeshay :

Le trafic sexuel est malheureusement une pratique très répandue et elle risque de le rester tant qu’elle sera aussi fructueuse. Ce documentaire donne la parole aux prostituées, aux macs et aux clients et nous permet de suivre quelques interpellations de clients et différentes interviews d’agents de la brigade des mœurs.

Twinster

 

Elvire :

C’est l’histoire de Sam, une Américaine née à Busan en Corée qui a été adoptée. Elle est actrice et commence à avoir une petite notoriété. Un soir, elle est contactée par une certaine Anaïs Bordier, qui a grandi en France, vit à Londres, a Sam en photo de profil et a la même date d’anniversaire. Une fan ? Anaïs lui écrit un message en lui disant qu’elles se ressemblent énormément, qu’elle est aussi adoptée et qu’elle est née à Busan, en Corée, le même jour qu’elle… Je vous laisse découvrir la suite.

What happened Miss Simone?

 

Luna :

C’est profondément injuste que Nina Simone soit (re)connue par une bonne partie des gens uniquement pour sa musique, alors qu’elle a lutté toute sa vie pour les droits des Noir·e·s, contre le racisme et le colorisme. Et ce documentaire est là pour que plus personne ne l’oublie.

Nous espérons vous avoir donné envie de visionner ces documentaires.

Et nous n’avons pas oublié les plus petites bourses : le 1er mois d’abonnement sur Netflix est gratuit et sans engagement. Avec le hiatus des vacances d’hiver des séries US, c’est le moment parfait pour vous offrir un mois de documentaires et de divertissements pour pallier leur absence.

N’hésitez pas à nous recommander d’autres documentaires présents sur Netflix (ou ailleurs !) pour étoffer notre liste.