Le temps pluvieux est arrivé, les températures ont baissé : c’est un bon temps pour lire tranquillement sous un plaid avec une boisson chaude ! Et ce mois-ci, nous nous sommes plongé·e·s dans les séries littéraires avec le thème « Sagas de Septembre » !

VOUS AVEZ LU QUOI CHEZ SIMONÆ ?

Pour ma part, j’ai rerere(…)relu le premier tome du Clan des Otori de Lian Hearn, une saga en cinq tomes que j’ai découverte au collège et qui se déroule dans un monde fortement inspiré du Japon médiéval.

On suit le parcours de Tomasu qui, après avoir assisté au massacre de son village, jure de se venger du terrible Araï qui a commandité cette action. Il est recueilli par Shigeru Otori, un jeune chef de clan admirable mais peu respecté de ses pairs qui le dénigrent, et prend le nom de Takeo. Parallèlement, nous suivons Kaede, une jeune fille de quinze ans promise à Shigeru après avoir passé son enfance en tant qu’otage chez un autre chef de clan. Takeo et Kaede font connaissance et tombent éperdument amoureuxes l’un de l’autre. Mais aucun d’entre eux ne peut laisser l’amour prendre le dessus sur leur destins respectifs. L’adolescent cherche toujours vengeance et justice pour sa famille disparue tout en prenant garde à ne pas tacher l’éclat du clan Otori. De son côté, Kaede doit apprendre comment vivre dans un monde d’homme assoiffés de pouvoir.

Autant dire tout de suite que ce n’est pas toujours très joyeux : il y a des passages violents, les personnages font face à des avenirs sombres et ne sont pas maître·sse·s de leur destin. J’avais beaucoup aimé ce livre dans ma jeunesse grâce à ce côté très adulte dans les thèmes et dans l’écriture. J’éprouvais de l’appréhension à l’idée de relire ce tome 1 une fois adulte, car je me rappelais de personnages féminins assez passifs et surtout de deux scènes d’agressions sexuelles. Il y a effectivement des scènes de tentative de viol très explicites comme dans mon souvenir, mais en revanche les personnages féminins sont très bons. Kaede, Dame Maruyama ou Shizuka sont conscientes de leur sort peu enviable dans ce monde d’hommes mais possèdent chacune de grandes qualités et notamment une admirable force de caractère.

Les personnages masculins ne sont pas en reste niveau développement et personnalité. L’univers fortement inspiré du Japon médiéval est très bien décrit et se retrouve même sur les couvertures de certaines éditions – dont la mienne – et donne un superbe arrière-plan aux actions, sentiments et dilemmes de différents personnages. On peut reprocher au Clan des Otori d’avoir des personnages très… dramatiques, ce qui peut donner à penser par exemple que le coup de foudre entre Kaede et Takeo est trop puissant pour être crédible (l’adolescente en tombe malade, quand même).

Si vous aimez les histoires très romanesques, les personnages féminins forts et l’esthétique japonisante et/ou l’univers du Japon médiéval, foncez ! Mais gardez à l’esprit que Le Clan des Otori comporte pas mal de passages violents.

CW sur ce tome : meurtre, amputation, noyade, séquestration, torture, persécution religieuse, tentative de viol (je ne risque pas de vous donner super envie de le lire avec tous ces CW, je le réalise bien).

De son côté, Paprika s’est intéressée à la BD Sky Doll :

Cette saga de SF, à première vue, ne reflète pas vraiment l’idée que nous nous faisons d’une bonne BD à la rédac : fan service (plans sexualisant à outrance le corps), corps féminisés idéalisés et surdécoupés, Sky Doll ressemble a priori plus à un récit érotique avec du space opera pour toile de fond qu’autre chose. Mais tout l’intérêt de cette BD est l’utilisation de ces éléments graphiques pour critiquer la perception du corps féminin dans une dystopie religieuse déchirée. Le duo italien à l’origine des 4 tomes sortis à ce jour, Barbara Canepa et Alessandro Barbucci, travaille tant par l’image que par le scénario à retranscrire une société vérolée et ultra sexiste dans laquelle Noa, une androïde consciente, rêve et souhaite se libérer de sa condition d’esclave, mais dépend pour vivre d’un intermédiaire humain pour la remonter à l’aide d’une clé toutes les 33 heures. Pour éviter tout spoil, disons que la série prend au fil des tomes un aspect plus mystique que futuriste, plus fantaisiste que SF, mais qu’elle n’en perd pas moins ses qualités. Saga à part dans le monde de la SF dessinée, c’est une incontournable du genre qui dérange et questionne saon lecteurice.

Petiteminipizza s’est (re)plongée dans une des nombreuses sagas de Robin Hobb :

Ce mois-ci, j’ai relu (ou plutôt dévoré) Les Cités des Anciens de Robin Hobb. Cette série de 8 livres (dans l’édition francaise) nous conte l’histoire de dragons, d’humains et d’Anciens (espèce plus ou moins hybride entre les humains et les dragons) dans un monde où ces espèces sont censées avoir disparu depuis des temps très lointains. On y suit notamment des personnages féminins très bien écrits, quelques intrigues politiques et commerciales et surtout une aventure le long d’un fleuve rude et acide. J’apprécie par exemple le fait de voir chez les différents personnages l’influence des règles (patriarcales) intériorisées et les relations homosexuelles (gays plus particulièrement) un peu moins stigmatisées que dans notre société. On y parle aussi de discriminations proportionnelles à l’intensité des différences morphologiques, donc d’une stigmatisation institutionnalisée qui n’est pas sans rappeler le racisme.
Attention, CW sur ces livres : mention de viol, description graphique de morts violentes, description de relations abusives.

ET EN OCTOBRE, ON LIT QUOI DE BEAU ?

Ce mois-ci, nous nous penchons sur le thème « Bioctober ». Nous allons donc lire des biographies ou autobiographies. Exceptionnellement, il n’y a pas que des autrices dans la liste proposée, mais les œuvres qui y sont proposées concernent toutes des figures féminines. Et vous remarquerez que la traditionnelle « liste non-exhaustive » est cette fois-ci plutôt longue : en effet, le thème des (auto)biographies est très large et comme on dit, « mieux vaut trop que pas assez ».

C’est sur cette très longue liste de recommandations que je vous quitte. Alors bonnes læctures et rendez-vous le mois prochain !