Salut à tou·te·s ! Le premier mois de l’année touche à sa fin et notre thème de lecture « Janvier Jeunesse » également ! Dans cet article, nous allons revenir sur les lectures de quelques membres de la rédaction, et présenter une liste non-exhaustive d’œuvres correspondant au thème « Féministe Février ».

Précision : nous avons remarqué que des gens se demandaient “Pourquoi #laecture ?”. Non, ce n’est pas pour rendre neutre le mot “lecture”. C’est juste pour pouvoir retrouver les tweets en rapport avec ce club de lecture Simonæ plus facilement (et ne pas les mélanger avec les « Vendredi lecture » par exemple) et pour ne pas faire de hashtag à rallonge comme #clubdelectureSimonae.

 

Alors, ça a donné quoi les débuts du club de læcture ?

Et bien, ça commence pas mal du tout ! Le hashtag #laecture a l’air d’avoir un petit succès et j’ai ainsi pu voir que la plupart des participant·e·s ont choisi de lire Les quatre filles du Docteur March de Louise May Alcott, Le Passeur de Lois Lowry ou encore Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous de Nathalie Stragier ; trois livres proposés dans notre liste de læctures possibles. Il y en a également eu d’autres, que ce soient d’autres ouvrages proposés dans notre liste ou hors de celle-ci.
En tout cas, ce club de læcture commence bien.

 

Vous avez lu quoi chez Simonæ ?

Personnellement, j’ai lu deux livres : Rebelle du désert d’Alwyn Hamilton et le tout dernier Quatre filles et un Jean. Le second livre est en réalité plus axé pour les adultes (jeunes adultes, certes, mais adultes tout de même) et se destine avant tout à celleux qui ont lu les quatre premiers livres dans leur jeunesse et ont maintenant 25/30 ans. Je vais donc vous parler de Rebelle du Désert.

« Amani vit dans une petite ville en plein désert d’un pays appelé le Miraji : la population est pauvre et la jeune fille n’a aucun espoir d’une vie meilleure. Orpheline après la mort de sa mère, elle est confiée à son oncle et ses deux épouses, dont une la martyrise. Mais Amani a un projet secret : retrouver sa tante à la capitale et enfin vivre la vie qu’elle rêve de mener. Lorsqu’elle rencontre et protège un charmant inconnu de l’armée du sultan, sa vie change du tout au tout : elle doit fuir pour protéger sa vie, et renoncer à son plan longtemps échafaudé.

C’est un livre young adult de base : une héroïne banale-mais-pas-trop (elle a les yeux bleus, fait extrêmement rare dans la population miraji) qui rencontre un étrange et bel inconnu et qui part à l’aventure au mépris du danger. Ce qui est intéressant, c’est que l’inspiration pour le Miraji, ses croyances et coutumes, viennent du Moyen-Orient, ce qui se voit sur la couverture américaine. On a des paysages arides, un sultan sur le trône et surtout, surtout, on rencontre des Djinns, des esprits des éléments qui apparaissent aux humains pour les aider … ou les duper. Rebelle du désert s’appuie beaucoup sur l’imagerie des Djinns, et ceux-ci ont une importance particulière dans cette histoire. Mais je ne peux pas vous en dire plus, au risque de vous gâcher votre potentielle lecture…

Je ne peux pas dire que ce livre m’ait fait forte impression, vu qu’il repose sur beaucoup de clichés de la littérature jeunesse/YA. Et je dois avouer qu’au bout d’un moment, toujours voir les mêmes tropes, ça devient ennuyeux. De plus, la couverture française a totalement whitewashé l’héroïne, mais PKJ n’est pas à son coup d’essai dans ce domaine, malheureusement. Cependant, si vous aimez ce type de lecture, lancez-vous ! »

Carmen et Luna ont, quant à elles, lu Les quatre filles du Docteur March :
« Si vous êtes prêt·e·s à vous frotter à la société américaine de la fin du XIXe siècle et son sexisme, si vous voulez passer outre ses leçons de morale pour jeunes filles bien élevées (ou bien les appliquer car certaines sont sympathiques) alors vous découvrirez un petit bijou de littérature jeunesse. Les aventures de Meg, Jo, Beth et Amy sont touchantes, naïves et réalistes. J’ai rigolé, j’ai versé quelques larmes et je n’ai pas pu m’arrêter de lire. J’ai même été agréablement surprise par certaines réflexions intéressantes sur la condition féminine. Après tout, on aurait bien pu appeler ce roman “Le Roman de cinq femmes qui s’en sortent très bien sans hommes”. »

Carmen.

« Pour « Janvier Jeunesse », j’ai décidé de me replonger dans un de mes livres d’enfance favoris, Les quatre filles du Docteur March, que j’ai dû lire une bonne trentaine de fois à l’époque. Je me suis toujours beaucoup identifiée à Jo, ce livre m’a pas mal influencée, et je dois avouer que j’avais un peu peur de poser un regard adulte (et féministe) sur l’histoire et les personnages.

Et… Ça va ! Sur les 6 personnages principaux, 5 sont des femmes, et elles sont également nombreuses dans les personnages secondaires. Tous les personnages sont, sauf erreur de ma part, blancs et cishet et j’ai un peu tiqué sur certains propos, notamment quand les filles veulent être « douces et bonnes » pour être « de vraies petites femmes » pour rendre leur père fier ; mais pour un livre écrit en 1868, on s’en sort franchement très bien. Quand une femme prétend que les filles sont amies avec Laurie uniquement dans le but de l’épouser et mettre la main sur sa fortune, et que c’est habile, Mme March remet les pendules à l’heure : la plupart des propos gênants du livre sont critiqués par les personnages eux-mêmes.
Bref, je vous en recommande vraiment la lecture ! »

Luna

Ma collègue et partenaire de Team Negan Laura s’est elle replongée dans la lecture d’un de ses livres d’enfance, Le Passeur.

« Il y a déjà un bout de temps que j’ai fait la connaissance de ce livre. À l’époque, j’étais encore en primaire (l’équivalent de vos CM2/sixième/cinquième en France, vers 10-12 ans) et je me baladais dans le rayon livre de la grande surface de mon village à la recherche d’un nouvel ouvrage à attaquer. J’ai sélectionné Le Passeur non pas parce que le résumé avait attisé ma curiosité mais parce que je pensais être tombée sur un bouquin traitant de la Seconde Guerre Mondiale et de ces personnes qui aidaient les Juifs à passer les frontières pour échapper aux Nazis. Je me rappelle encore de ma déconvenue lorsque j’ai réalisé que ce n’était vraisemblablement pas le cas. Ma déception surmontée, je me suis laissée emporter. L’histoire se focalise sur un jeune garçon nommé Jonas et sa vie au sein d’une communauté un peu particulière où la guerre, la faim, la maladie et la peur semblent avoir disparu, tout comme les couleurs, la musique et les sentiments. Lors de la cérémonie de sa douzième année, Jonas se voit confier, comme tous les autres enfants du même âge, sa fonction au sein de la communauté : il sera formé pour devenir le nouveau Passeur. Dans cette société qui semble avoir tout oublié de « l’ancien monde », le rôle du Passeur est essentiel, il est le gardien de la mémoire, le sage qui par sa fonction est à la fois respecté et craint. Cette attribution va changer la vie de Jonas lorsqu’il va petit à petit prendre conscience de l’aspect négatif du monde dans lequel il avait jusqu’ici évolué.

Laissez-moi vous dire tout de suite que cette révélation n’a pas eu un impact uniquement sur Jonas mais également sur le poussin que j’étais alors. Le Passeur est le premier de la longue suite de romans dystopiques que j’ai pris plaisir ensuite à dévorer (Fahrenheit 451, 1984 et Le meilleur des mondes, je crie vos noms). J’ai également récemment appris que ce roman était en réalité le premier tome d’une tétralogie comprenant L’élue (sorti en 2001), Messager (2005), et Le Fils (2014). Ceci dit, ce premier tome peut très bien être lu séparément du reste puisqu’apparemment les tomes suivants se détachent de l’histoire initiale. Je ne vous en spoilerai cependant pas la fin en espérant que ces quelques lignes vous auront peut-être décidé à le découvrir si ce n’était pas déjà le cas. »

Et vous ? Qu’avez vous lu, qu’avez vous pensé de vos læctures de Janvier ? N’hésitez pas à nous faire part de vos retours dans les commentaires !

 

C’est quoi le thème pour Février ?

Et bien il s’agit de « Féministe Février » ! Nous vous avons donc concocté une liste encore une fois non-exhaustive de livres de non-fiction et de fiction touchant au féminisme.

Point important : nous avons visé large dans cette sélection puisque le féminisme englobe beaucoup de réalités, de situations, et que les façons d’étudier et de considérer le féminisme ont changé avec le temps. Il y a des autrices et œuvres qui reflètent sans doute des opinions que nous ne partageons pas voire auxquelles nous nous opposons. On ne peut pas garantir qu’elles soient safes à 100% également. Mais ce sont des ouvrages qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à la littérature féministe, qui reviennent souvent dans les bibliographies sur ce thème et qui avaient donc leur place dans cette sélection de Février. Notez également que certains livres peuvent être difficiles à lire, notamment Judith Butler ou Margaret Mead, du fait de leurs références sociologiques et/ou anthropologiques.

Vous remarquerez également que nous avons ajouté quelques BD dans cette liste : s’il y en a peu, c’est parce qu’en Juillet, nous vous proposerons un thème spécial BD et que nous nous voulions pas faire de doublons entre deux thèmes, même s’ils se rejoignent.

La liste est donc :

Non-fiction/Essais

Fiction

BD

Sur ce, je vous souhaite à tou·te·s un bon février et de bonnes lectures ! Je vous retrouve le mois prochain pour de nouveaux retours sur nos læctures et l’annonce du thème de Mars !

Bisous spéculoos-pistache sur vous !