Impatient·e·s d’être à Halloween ? Pour patienter en profitant d’une ambiance digne des plus grands films d’horreur des 80’s, rendez-vous à Lyon les 21 et 22 octobre pour la deuxième édition du Synthzilla !

C’est quoi le Synthzilla ? Oh sweet summer child… Le Synthzilla, c’est un festival autour du genre synthwave* créé en 2015 par l’association Kaiju Masqué, présidée par Pauline. Il se compose d’un évènement autour du jeu vidéo et d’une soirée de lives.

Surnommée “the Duchess of Synthwave” par certains des artistes, c’est Pauline qui a créé le festival de toute pièce ! En effet la scène synthwave, bien qu’ayant un public passionné, est très peu représentée en France ce qui explique sans doute l’engouement soulevé par la première édition du festival, gratifiée d’un sold out.

Mais laissons la Duchesse en parler elle-même !

 

Bonjour ! Tu te présenterais en quelques mots ?

Bonjour ! Alors très rapidement, je suis Pauline, j’ai 26 ans et je suis une ancienne journaliste spécialisée dans le jeu vidéo. Je suis aussi du genre fangirl ultime, j’aime le rose, les paillettes et Satan. Je suis féministe, queer et je milite du côté bodyposi de la Force !
Je suis aussi la maman du Synthzilla Festival, le premier festival français (on m’a même dit européen mais bon, je ne veux pas m’emballer) dédié à la synthwave.

 

Tu nous racontes comment t’es venue l’idée de créer le festival ?

C’est une histoire un peu ridicule. En tant que fangirl, j’ai été amenée à voyager, à traverser des pays pour aller à un concert. Oui, j’assume, c’est le pouvoir de l’amour ! Je suis allée comme ça à Helsinki ou encore dans le fin fond de la campagne suédoise, tout ça pour une heure de show. J’ai aussi vu certains de mes artistes préférés plus de quarante fois… bref, quand j’aime, je ne compte pas mais ça commençait à devenir compliqué financièrement de pouvoir bouger partout.

Un matin de février 2015, je me suis réveillée et je me suis dit : « Si c’est ça, je vais créer un festival ». J’avais en tête des artistes très précis à faire venir, au final je ne les ai pas encore programmé mais je ne démords pas sur la question. Mais voilà, un mois plus tard, j’étais prête à annoncer le festival. Ça a été compliqué car je n’avais jamais organisé d’événement comme ça, ni même jamais été dans une asso…

 

Tu travailles toute seule ?

Je travaille majoritairement seule. J’ai un associé, qui a été principalement un partenaire financier pour l’année passée. Je reçois aussi de l’aide extérieure ponctuelle, je collabore avec des artistes… J’avais un peu de mal à dire « Je fais ça toute seule » à la base, car je ne me trouvais pas légitime en tant que super rookie à pouvoir prétendre faire un tel truc seule, mais… à un moment… la réalité est que je fais le taxi, des sandwichs, maman de substitution pour artistes de 30 ans et +, je distribue des flyers, je fais des contrats, je fais de la comm, je suis décisionnaire sur tout… Bref oui, je travaille seule. Avec les contraintes que ça a.

 

C’est difficile en tant que femme d’organiser ce genre d’événement ?

En tant que femme et en tant que fan, oui. J’ai plusieurs fois entendu l’année passée que d’être une fan m’handicaperait, qu’on ne pouvait pas attendre d’une fangirl qu’elle soit professionnelle (dois-je préciser que ce sont des hommes qui m’ont dit ça ?). On m’a traité d’hystérique, de castratrice, j’ai même entendu des rumeurs comme quoi je couchais avec mes artistes et que c’est comme ça que j’avais constitué mon line-up 2015. On m’a aussi déjà demandé à parler « au producteur » alors que je me présentais comme la directrice de l’événement. J’ai presque envie de dire que c’est la base et que je ne suis pas étonnée. J’ai aussi l’impression qu’on m’attend forcément au tournant : à quel moment je vais déconner, à quel moment un homme musclé viendra sauver le festival etc. Après, je viens du jeu vidéo, j’ai vécu « pire » et franchement ça reste correct par rapport à des témoignages de productrices (plutôt dans le milieu hardcore) que j’ai pu lire. Il y a aussi tous ces mecs avec qui je travaille qui se permettent des familiarités du genre « ma puce », « ma belle » ou qui me font des blagues de cul. J’aime bien les imaginer faire les mêmes à un gros métalleux du coup, histoire de dédramatiser. Ce que j’ai moyennement apprécié, c’est de découvrir que des mecs souhaitaient faire une « succursale » parisienne du festival. J’ai recadré assez vite : 1) c’est mon projet 2) aucun homme ne sera à la tête de ce projet 3) je suis assez open et facile à contacter pour qu’on puisse me proposer des projets. Je sais qu’il y en a que ça emmerde que ça soit une « fille comme ça » (comme quoi d’ailleurs ?) qui ait lancé le festival. La synthwave c’est quand même 99% d’artistes masculins, une esthétique 80’s entre bimbos blondes qu’on étripe et androïdes sexy armées jusqu’aux dents, le public vient du metal, de la scène geek… je sais que j’irrite un peu 😀

Synthzilla

 

Contente de la première édition et des retours ?

Difficile de pas être contente de la 1ère édition car malgré le côté plan B et DIY, on a fait sold-out. Les artistes étaient super contents, le public aussi, ça m’a montré que ce n’était pas en vain, que j’étais capable de réussir un projet comme ça… que de l’amour.

 

Tu racontes un peu les galères d’organisation sur les internettes, est-ce que tu penses faire un Synthzilla #3 ?

Joker ! Aucune idée. On verra comment se passe la 2e édition. On me pose beaucoup de questions sur la suite, mais j’aimerais rester concentrée sur la 2e. Si la 2e est foirée, il n’y a pas de 3e, ça veut dire que je fais un prêt pour éponger le tout, bref c’est pas rien.

 

C’est quoi la pire galère qu’il te soit arrivé sur le festival ?

Qu’on nous ait défoncé la voiture de location qu’on avait. C’était Halloween, c’était surement drôle, ça m’a coûté ultra cher.

 

Et ton meilleur moment ?

J’ai pas « un » meilleur moment, y en a plusieurs. Mais j’avoue que quand Carpenter Brut est monté sur scène l’année passée, j’ai été super émue car c’est un de mes groupes préférés. Là en septembre, j’ai aussi été très émue d’apprendre qu’entre eux, les artistes se disaient du bien de mon travail.

 

Pour finir, c’est quoi LE morceau ultime de synthwave selon toi ?

LE PERV DE CARPENTER BRUT. Et je maudis quiconque dira le contraire.

Festival créé par une fan pour les fans, le Synthzilla nous promet encore de grands moments pour sa seconde édition ! La soirée principale se déroulera à Bron le 22 octobre avec une line-up impressionnante. Il reste encore quelques places sur la billetterie en ligne, profitez-en !

*La synthwave c’est quoi ? De la musique électronique rétro-futuriste qui puise son inspiration dans la new wave et la culture du cinéma d’horreur des années 80 (les films de John Carpenter sont très souvent cités comme inspirations, tant pour leur bande originale que pour l’esthétique visuelle). Elle mélange synthés 80’s et batterie et guitares metal pour donner une musique qui a fait le succès de jeux vidéos comme Hotline Miami.