Vendredi tout est permis n’est pas une émission récente. Diffusée pour la première fois en décembre 2011, elle est présentée par Arthur, animateur présent dans les médias depuis le début des années 80.

Le concept de VTEP (pour les intimes) ? Une bande de potes qui fait des épreuves bon enfant. On s’amuse, on déconne, on se chambre… mais c’est filmé.

Et le soucis, c’est que les invité-e-s semblent un peu trop oublier ce détail. Ou pire, iels le savent et ne pensent pas que leurs propos vont poser un quelconque problème.
Cette seconde solution me paraît être la plus probable.

Vendredi 30 septembre 2016, les invité·e·s sont (pour changer) (non), en majorité des hommes. 3 humoristes (Kevin Razy, Artus et Titoff), 3 animateurices TV (Carole Rousseau, Christophe Beaugrand et Leïla Ben Khalifa) et un animateur radio (Manu Lévy). S’il y a bien une chose que l’on peut reconnaître concernant Arthur, c’est que ces castings ne manquent pas de diversité, et ça fait pas mal de bien.

Sauf que… dès les premières minutes, je me crispe devant mon écran : Arthur genre Christophe Beaugrand au féminin. La seule raison à ça, c’est que Christophe est gay. Il reprend Arthur aussitôt, mais ça semble passer au dessus de celui-ci…
D’ailleurs plus tard dans l’émission, alors que les invité·e·s doivent se mettre les un·e·s après les autres, Arthur demande à ce qu’ils se mettent en alternance fille-garçon. Encore une fois, il laisse entendre que Christophe est une femme.

“- Avec tout ce qu’on a parlé de cul…
– Vous m’avez formé du coup
-… on a raté”

Evidemment, l’homophobie ordinaire n’est pas la seule illustration des oppressions que l’on peut relever dans cette émission du 30 septembre. Il y a 2 femmes, le sexisme est donc également présent. Leïla Ben Khalifa, mannequin, animatrice, actrice… sert de caution sexy.

On lui demande même pourquoi elle n’est pas venue dans son joli maillot de bain dont elle a partagé une photo sur instagram.

“Une bombasse dans une cage”

Enfin, et surtout, cette émission aura été un festival grossophobe. Entre Artus et Kevin Razy, Arthur et ses compères ont eu de quoi s’en donner à cœur joie.

Lors d’une épreuve de “rodéo”, Artus fait un temps assez exceptionnel (44 secondes! Je serais même incapable de réussir à monter dessus, entre nous). Ça ne plaît pas, il est le premier à passer, les autres disent qu’il a forcément gagné. Et Arthur ouvre sa bouche “Sur la machine du monsieur il y avait marqué “ne pas mettre plusieurs personnes à la fois”…

– “Un autre truc aussi… euh… perd 50 kilos” (Titoff donnant des conseils à Artus pour sa participation à DALS)
– “Vous savez pourquoi je me suis mis entre vous deux (Artus et Kevin, ndlr) ? Parce que quand je me mets au milieu j’ai l’impression d’avoir fait un régime” Arthur

En fait, je dois avouer qu’à partir de ce moment j’ai ensuite été incapable de regarder la suite de l’émission. J’ai tout de même tenu 1h en serrant les dents, mais plus en devant vraiment écouter tout ce qui s’y disait c’était très difficile.

Sous prétexte que ce sont des “ami·e·s”, des humoristes présent·e·s pour s’amuser, iels se permettent de se balancer des horreurs qui contribuent à rendre banals ce genre de discours oppressifs. Alors que, sincèrement, regarder des gens s’amuser, sans en faire des tonnes et vouloir à tous prix paraître encore jeunes et branché·e·s, ça en amuse beaucoup, moi la première.

Arthur, surveille ce que tu transmets aux jeunes, majoritaires devant ton émission. Ce n’est pas parce que tu as un bon point sur la diversité que tu es immunisé et peut raconter des âneries pareilles. Toi, et tes invité·e·s, vous êtes énormément regardé·e·s. Est-ce que tu veux vraiment légitimer encore et toujours de pareils discours? Si c’est le cas, arrête la TV.
En tout cas, j’éteins la mienne.