Je vois souvent cette phrase sur les divers réseaux sociaux, de Tumblr à Twitter : « Consent is sexy ». Le consentement est sexy. Et je la comprends. Je vois d’où elle vient. Mais, personnellement, elle m’énerve tout autant.

Sincèrement, je comprends parfaitement l’intention qui se cache derrière. C’est essayer de bien inclure le consentement dans l’acte sexuel, en faire une étape qui s’homogénéise dans le tout, et qu’on arrête de voir ça comme une peccadille qui ruine l’acte sexuel, quelque chose pour les rabats-jouistes (Néologisme, © Eris, ne pas voler), pour lequel les vraies personnes n’ont pas le temps, de peur de perdre telle turgescence ou telle moiteur.

Mais cette vision des choses est assez dangereuse. De base, il faut se rappeler qu’il y a des dizaines de choses dans l’acte sexuel qui peuvent ne pas être sexy, mais qui SONT nécessaires.

L’arrêt abrupt qu’oblige la mise en place du préservatif peut parfois signer la fin de l’acte en faisant retomber la tension. Certain.e.s arrivent à rendre ce moment sexy, en l’utilisant pour faire monter la tension. Mais ce n’est pas une obligation, ou facile. La fin des festivités est un « risque » potentiel à prendre. Car cette pause est nécessaire ; il est préférable de la faire plutôt que de se mettre en danger. Dans le BDSM, quand on emploie des liens, on garde toujours des ciseaux ou une autre lame à côté. Est-ce que c’est sexy ? Non. Mais je ne sais pas vous, je trouve encore moins sexy de devoir amener maon partenaire à l’hôpital pour une hypoxie ou asphyxie quelconque.

Il en est de même pour le consentement. Vous arrivez à le rendre sexy ? C’est une bonne chose, mais ce n’est pas souvent possible. Après tout c’est quelque chose qui nécessite une certaine connaissance et maîtrise de l’acte sexuel, ce qui n’est donc pas vraiment à la portée de personnes néophytes. Pour ces personnes ne sachant pas encore gérer totalement la situation, cela leur ajouterait une pression supplémentaire dont elles se passeraient bien.

Et reléguer le consentement à une notion sexy en réduit l’importance.

C’est parti pour des Métaphores Moisies de Mx Eris™ : La lingerie, c’est sexy. Les suçons, pour certaines personnes, c’est sexy. Pour d’autres, les partenaires avec des oreilles de chat qui vous menottent ou se font menotter au lit (ne me jugez pas), c’est sexy. La notion de sexy dépend des personnes. C’est une option qu’on coche au fur et à mesure de notre expérience sexuelle et qu’on utilise, ou pas. Coucher dans un placard ménager d’un restaurant Flunch c’est du sexe pas sexy, mais c’est quand même du sexe.

Mais coucher sans consentement, c’est pas « juste du sexe pas sexy ». C’est un viol.

Mais coucher sans consentement, c’est pas « juste du sexe pas sexy ». C’est un viol.
Même dans un «scénario de viol » en tant que jeu érotique BDSM, le consentement reste présent et nécessaire.

Et si la personne utilise son safeword, ou arrête de donner son consentement, il se passe quoi ? Saon partenaire devrait continuer parce que la manière de retirer le consentement n’était pas assez sexy ? Ce que toutes les situations précédentes ont en commun, c’est que de toute façon si l’on ignore la situation et que l’on continue, l’acte sexuel finira par cesser, soit parce que cela devient un viol, soit parce que lae partenaire est blessé·e, ou plus en état de continuer. Donc autant faire ça bien dès le début.

alors à quoi bon vouloir faire du consentement quelque chose d’intrinsèquement sexy?

Le consentement n’existe pas seulement pendant l’acte sexuel, il se discute aussi en dehors ; quand on décide d’un safeword, ou qu’on planifie un acte dans un futur prochain ou lointain. Le consentement ou son absence peut souvent s’affirmer au sein d’une conversation qui est plus contractuelle qu’érotique (mais un contrat qui n’est valable qu’à un instant T) !). alors à quoi bon vouloir faire du consentement quelque chose d’intrinsèquement sexy?

Le consentement n’est pas fait pour nous exciter, pour amplifier notre désir comme le ferait un fantasme ou un accessoire. Il peut être donné de manière sensuelle, mais il n’est pas un ajout au sexe. Il est nécessaire, indispensable, et sans lui, le sexe n’est pas du sexe.