L’été arrive, le soleil revient, la chaleur aussi… Et donc pour faire face à cette hausse des températures, le corps nous offre un magnifique moyen de nous garder au frais : la transpiration !
Nous transpirons tou·te·s, c’est un fait. C’est un mécanisme naturel et indispensable au corps. Toutefois, la transpiration peut paraître incommodante sur plusieurs aspects : l’odeur, la sensation d’être humide quand il fait chaud… Aujourd’hui, je vous propose un petit guide afin de mieux la connaître et donc mieux vivre avec.

La transpiration : un mécanisme double.

La transpiration est issue d’une glande appelée glande sudoripare exocrine et eccrine. Cela signifie grosso modo qu’elle est divisée en deux parties : une partie sécrétrice et une partie excrétrice qui va libérer le produit sécrété. Cette glande va produire la sueur qui va être excrétée par les pores, présents sur l’ensemble de la peau. Il s’agit à 99 % d’eau (et un peu de sodium, d’où son goût un peu salé). Cette sueur est également totalement inodore. Eh oui !

Pourquoi sentons-nous mauvais lorsqu’on transpire ?

L’odeur particulièrement désagréable que nous émanons lorsque nous transpirons est dûe à une autre glande sudoripare, apocrine. Son mode de fonctionnement est un peu différent de la glande eccrine, le produit qu’elle va sécréter sera un liquide visqueux composé majoritairement d’acide gras et d’eau. Elles sont localisées uniquement sous les aisselles et au niveau des parties génitales. Elles sont reliées aux poils, et la sueur apocrine est excrétée par l’orifice du poil. Tout comme sa cousine eccrine, elle va sécréter une sueur, en moindre quantité cependant. La particularité de celle-ci est qu’elle va devenir malodorante au contact des bactéries présentes sur la peau.
Cette glande s’active à la puberté et va s’épuiser avec le temps, c’est pour cela que les enfants et les personnes âgées ne sentent pas la transpiration. Elle est activée grâce aux hormones.
Cette glande ne sert techniquement plus beaucoup à l’être humain, puisque notre odorat est peu développé par rapport à d’autres espèces animales qui s’en servent pour s’identifier entre eux.

À quoi ça sert ?

Chaque mécanisme du corps n’est pas là par hasard, la transpiration a une utilité. En premier lieu, suer aide à la thermorégulation du corps, afin que celui-ci ne s’échauffe pas. C’est pour cela que quand il va faire chaud, ou pendant un effort, le corps va transpirer, afin d’éviter une surchauffe. Ensuite, elle va permettre de maintenir l’hydratation des couches superficielles de la peau, et donc éviter que celle-ci s’assèche en maintenant son pH, et par conséquent éviter la prolifération de bactéries (mycoses, etc…). La transpiration est donc essentielle.

Réguler une transpiration gênante : comment faire ?

Si votre transpiration vous gêne d’une quelconque manière, il existe des produits afin d’altérer le mécanisme.

Les déodorants : pour masquer l’odeur (et parfois absorber la « moiteur »)

L’odeur de votre transpiration vous gêne et vous souhaitez ne plus en être incommodé·e ? Un déodorant tout simple fera l’affaire, son rôle est juste de remplacer l’odeur de la sueur par une autre plus agréable. Si le produit contient des poudres (comme le bicarbonate de soude), la transpiration sera un peu absorbée et vous vous sentirez moins humide.

L’anti-transpirant : pour arrêter la transpiration

L’anti-transpirant a une action plus importante que le déodorant : pendant une durée déterminée, il va empêcher le mécanisme d’écoulement de la sueur. Le plus souvent, il a aussi une action déodorante et camoufle l’odeur de la sueur.

Vous pouvez aussi trouver – plus rarement – la fonction « détranspirant ». Il s’agit d’un mot signifiant que les glandes sudoripares vont être au repos forcé pendant une période plus longue que la normale, grâce à des ingrédients plus costauds comme certains alcools, et d’un sel d’aluminium très spécifique (le chlorure d’aluminium hexahydraté) uniquement utilisé dans des traitements de la transpiration excessive.

Quelques conseils et informations importantes à savoir :

Les sels d’aluminium : Il s’agit de la substance active des anti-transpirants qui est souvent décriée et accusée de causer des cancers du sein. Il est effectivement conseillé de s’en méfier, car les sels vont créer un « bouchon » dans le canal excréteur et empêcher la sueur d’être évacuée correctement. Malheureusement ce bouchon empêche d’autres mécanismes d’agir, pouvant altérer l’état général de la peau (assèchement, prolifération de mauvaises bactéries…) ; il est donc recommandé de les utiliser avec précaution et modération. Pour en savoir plus, voici un document complet sur les risques liés à l’utilisation des sels d’aluminium.

La durée d’usage recommandée : Vous vous êtes déjà demandé pourquoi il y avait la mention « 24/48/96 h » mise en avant sur les déodorants/anti-transpirants ? « On ne se lave pas pendant 4 jours c’est ça ? » Eh bien non. Les sels d’aluminium vont venir boucher les canaux des pores servant à écouler la sueur. La durée indiquée est le temps que les sels d’aluminium partent des canaux et ne fassent plus leur action de « bouchon ». Il est donc conseillé de ne pas appliquer du produit à nouveau pendant le laps de temps indiqué. Vous pouvez même vous laver, ça n’altèrera pas l’effet.

La pierre d’alun : Vous pensez peut-être que la pierre d’alun est le moyen le plus safe de se désodoriser les aisselles ? QUE NENNI. La pierre d’alun est en fait composé à 100 % de… sels d’aluminium. Eh bien oui alun = aluminium. Il s’agit d’une concentration beaucoup trop importante d’aluminium et donc très peu recommandé pour la peau.

Produits que je conseille :

L’huile de coco : qui a des propriétés adoucissantes et déodorantes, trouvables un peu partout. Elle a une bonne odeur, cependant elle n’a aucun effet sur l’absorption de la sueur (mais elle a plein d’autres fonctions !).

Le bicarbonate de soude : pareil à l’huile de coco, c’est un produit couteau-suisse, qui va pouvoir donner une action déodorante, absorber l’excès de sueur, et réguler le pH de la peau. Cependant, il peut être agressif pour les peaux sensibles (peaux qui vont réagir très rapidement).

Le déodorant Schmidt’s :

Il y a quelques mois, j’ai pu tester ce déodorant en miniature, reçu dans une box beauté. Étant parfaitement satisfaite de ce déodorant, je vais vous faire une petite liste de pourquoi je le recommande :

– il est vegan et cruelty-free : pas besoin d’expliquer, un déo éthique est forcément un bon point ;

– sa composition est 100 % naturelle : pas de produits chimiques, que du naturel : on retrouve par exemple des huiles végétales qui vont en plus maintenir le pH de la peau, ou des poudres qui vont absorber un peu l’excès de sueur. Toutefois, il n’est pas certifié bio, à mon grand regret ;

– plusieurs parfums disponibles : parfums 100 % naturels, donc normalement pas de risques d’allergies. Mais si vous êtes trop inquièt·e·s, il existe une version sans parfum, donc inodore ;

– rapport qualité/prix : la miniature (ou format voyage) m’a duré environ 4 mois à m’en appliquer presque quotidiennement. Le grand format est 3 fois plus grand, je suppose qu’il dure très longtemps ;

– disponibles pour peaux sensibles : des versions sans bicarbonate de soude sont proposées, elles sont juste un peu plus chers malheureusement.
Pour une sudation excessive (aussi appelée hyperhidrose) :

Etiaxil : il s’agit d’un médicament trouvable en pharmacies et parapharmacies exclusivement fait pour les gens vivant avec une sudation anormalement excessive. Il doit vous être recommandé par un·e médecin/pharmacien·ne/dermatologue. Pour que le produit fonctionne bien, il faut que vous suiviez les indications à la lettre, n’importe quoi pourrait altérer le fonctionnement et donc le produit ne servirait à rien. Disclaimer : comme il s’agit d’un médicament, il est probablement testé sur les animaux, mes recherches n’ont pas été concluantes sur le sujet, donc je ne vous garantis pas qu’il soit cruelty-free.
Il existe d’autres méthodes plus radicales pour se débarrasser d’une hyperhidrose, comme l’injection de botox ou la chirurgie (ablation des glandes). Toutefois, elles ne sont recommandées qu’en cas d’hyperhidrose extrême et pathologique, qui est réellement gênante pour le quotidien (mains tellement moites qu’elles empêchent d’attraper certains objets, inconfort vis-à-vis des vêtements dès le matin…).

J’espère que ce petit guide vous aura été utile et vous aura appris des choses. N’oubliez pas que la sueur ce n’est pas sale et qu’elle fait partie intégrante du fonctionnement de notre corps !