En ce doux mois de juin, nous nous penchons sur la littérature jeunesse ! On vous propose des romans et des bandes dessinées aux thèmes variés, de l’enfance à l’adolescence. Et n’oublions pas que les livres destinés aux plus jeunes sont aussi appréciables pour les adultes !

Tara Duncan, Les sortceliers de Sophie Audouin-Mamikonian

Wanderingfowl : Ce mois-ci, j’ai décidé de me lancer dans un petit voyage temporel, relisant le premier tome d’une saga qui m’avait beaucoup marquée il y a une petite dizaine d’années : Tara Duncan. De nouveaux tomes sont encore publiés chaque année, il est maintenant question de ses enfants, mais j’ai beaucoup aimé retourner en arrière, au tout début. Tara, pour vous résumer, c’était ma copine fictive, la personne que j’aurais adoré être parce qu’elle est sacrément badass et parce qu’il lui arrive un tas d’aventures trépidantes.
Et aujourd’hui, donc ? Au-delà de la nostalgie, je trouve que l’univers est toujours aussi passionnant. Splatchounes, balbounes et autres draco-tyrannosaures ne vous disent sans doute rien si vous ne connaissez pas le monde des sortcelier·es, mais c’est ce qui est plaisant : l’immersion dans un monde complètement inconnu et pourtant articulé au nôtre, puisque Tara a été élevée sur Terre.
 

Wings (tome 1) d’Aprilynne Pike

Wanderingfowl : Poursuivant ma démarche de relecture version madeleine de Proust, je me suis à nouveau penchée sur le premier tome de Wings. L’intrigue est un peu prévisible et légèrement décevante, avec le recul : Laurel découvre qu’elle est une fée et doit se battre contre des méchants tout en développant un intérêt pour deux personnages masculins. Le questionnement, qui est celui de l’identité et de l’adolescence, reste tout de même intéressant et, dans mon souvenir, les tomes suivants développent une suite plus riche.

Nouveaux contes de fées de la Comtesse de Ségur

Wanderingfowl : Saviez-vous que la comtesse de Ségur s’était intéressée au monde des contes de fées ? Ce fut un intérêt plutôt court, faute de succès, mais le résultat est là : elle a brièvement été conteuse. Et je dois dire que j’ai été plutôt déçue. D’abord, par les enchaînements de péripéties un peu trop expéditifs par moments. Et malheureusement, ces « nouveaux » contes n’échappent pas à certains écueils dans lesquels sombrent les autres… La princesse belle, bonne et un peu cruche, surtout, m’a irritée parce que c’est une figure très récurrente. Autre point de crispation, les idées très problématiques : la minceur comme seul idéal de beauté, et surtout, surtout les violences conjugales pour « corriger » une femme au mauvais tempérament et l’adoucir. Au milieu de morales assez naïves et simplistes, ces idées passent pour légères, comme le reste et… c’est dérangeant. À prendre avec de très grosses pincettes et à éviter pour de jeunes enfants, donc. À noter qu’on trouve des mentions de violences conjugales dans le troisième conte.

 

Les cités des Anciens de Robin Hobb

Petiteminipizza : Robin Hobb est depuis toujours l’un·e de mes auteurices de fantasy préféré·es. Son univers, celui de L’Assassin royal, est vaste et propice au voyage mental.
La saga Les Cités des Anciens prend place après celle des Aventuriers de la mer.
Des dragon·nes sont censé·es naître et faire revivre la splendeur de leur race, mais celleux qui voient le jour ne sont en aucun cas les majestueux êtres tant attendus : iels sont malformé·es et ne peuvent pas voler !
Cette saga passionnante nous montre les travers des sociétés humaines décrites, les discriminations et autres oppressions systémiques subies notamment par certain·es habitant·es du Désert des Pluies à cause de leur apparence reptilienne. On y suit de nombreux personnages, riches et non figés, ce qui est appréciable.
Je la recommande fortement à tout·e amateurice de fantasy ! (Il peut être préférable de lire Les Aventuriers de la mer avant, Les Cités des Anciens contient quelques spoilers.)
Attention toutefois, on y trouve des descriptions de meurtres, de torture, de viol, d’esclavagisme et de relations toxiques et des mentions de guerre et d’infanticide.
 

Comme un million de papillons noirs de Laura Nsafou (scénario) et Barbara Brun (dessin)

Petiteminipizza : Cet album destiné aux 3-9 ans est une petite perle de douceur et d’amour de soi. L’autrice, Laura Nsafou, est une militante afroféministe (son blog), et le livre a été publié chez Bilibok en premier lieu. Malheureusement, cette maison d’édition a depuis disparu, mais Comme un million de papillons noirs ressortira en septembre aux éditions Cambourakis.

La jeune héroïne subit des moqueries de ses camarades de classe quant à ses cheveux crépus, qu’elle apprend à aimer au cours du livre. Le dessin est absolument sublime et on appréciera les différentes coiffures présentées ! Vous pourrez trouver ici une interview de l’autrice qui parle notamment de la question de la représentation.
Je ne peux que conseiller cet ouvrage à tou·tes, de tous âges, noir·es ou non !
 

Divergente (tome 1) de Veronica Roth

Petiteminipizza : J’avais entendu parler il y a quelques années de cette série de livres, et je ne sais pas vraiment pourquoi, je n’y avais pas particulièrement prêté attention. Aussi, je n’avais pas d’attentes, et ce livre fut une agréable surprise, même s’il ne fait pas partie de mes coups de cœur !
L’histoire prend place dans un monde futuristo-dystopique, dans une ville où il existe 5 factions qui se partagent les tâches mais pas totalement les responsabilités. Cette situation est mal vécue par certaines personnes qui vont tenter de prendre le pouvoir.
L’héroïne est attachante, sans être parfaite ; les relations amoureuses sont présentes, comme souvent, mais bien intégrées dans l’histoire principale.
Sur ce, je vais aller me procurer le tome 2 !
Attention toutefois, ce livre contient des descriptions d’agression et d’agression sexuelle, de meurtre, de piqûres, de scènes de guerre et des mentions de suicide.

 

Mulatako (tome 1, Immersion) de Reine Dibussi

Maëlys : J’ai découvert Mulatako par hasard sur Internet et j’ai tout de suite accroché à l’univers de Reine Dibussi. Au début du mois, j’ai eu la chance de croiser son autrice à Lyon BD, et l’album a été un de mes plus gros coups de cœur du festival.

L’histoire se déroule dans un monde sous-marin, le Ndimsi, là où vivent les Miengu. Ce peuple est issu de la mythologie camerounaise sawa, que l’autrice a transposé dans un monde de science-fiction.
Autrefois, les Miengu vivaient à la surface de la Terre avec les autres esprits, mais suite à une mutation, leurs corps se sont mis à secréter une substance qui s’est révélée toxique pour l’atmosphère et l’écosystème. Les Miengu ont donc été exilés dans les profondeurs marines, quelqu’un·es ont pu rester sur Terre étant immunisé·es contre cette mutation, iels ont donné naissance à l’espèce humaine.
Dans Immersion, nous suivons Jéméa, une jeune Jengu (le singulier de Miengu), qui prépare son initiation. Elle et ses ami·es sont à la Pamba, l’école des jeunes Miengu. Si ses mauvais résultats sont sa principale préoccupation, cela va vite changer, le Haut Conseil jengu prenant la décision d’exterminer les siens…
L’histoire est passionnante, même si on reste beaucoup sur notre faim à la fin du tome 1 ! L’univers graphique de Reine Dibussi est très beau, coloré et inventif, mêlant futurisme et tenues traditionnelles camerounaises. Les personnages sont variés et attachants et tout est écrit en écriture non sexiste !
Je vous recommande donc fortement de vous le procurer, et d’être prêt·es à faire de même pour le tome 2 qui sortira en 2019.
 

Aubépine (tome 1, Le Génie saligaud) de Karensac (idée originale, dessin) et Thom Pico (scénario)

Maëlys : Aubépine est une jeune fille désespérée car ses parents ont décidé de partir vivre à la montagne. Sa maman est une grande scientifique missionnée sur la Grande Migration, un passage annuel des oiseaux dans la région, qui détruit tout sur son passage. Grâce au robot qu’elle développe, elle espère rendre cet évènement plus paisible pour tout le monde. Cependant, pour Aubépine, c’est l’horreur. La ville lui manque terriblement, et, de son point de vue, la campagne n’a rien à lui offrir. Elle changera vite d’avis, en explorant les alentours et en rencontrant notamment une grand-mère qui lui offrira Pelade, un chien extrêmement mignon ! Mais tout ne se passera pas comme prévu quand elle tombera sur le génie saligaud…
Aubépine n’a pour l’instant qu’un seul tome de paru, mais la série s’annonce tout à fait géniale ! Cette petite héroïne est débrouillarde, superactive, intelligente et rusée ! C’est typiquement un personnage avec lequel j’aurai aimé grandir. Et si Aubépine est forte, Karensac et Thom Pico n’en oublie pas notamment sa fragilité, en explorant comment certains déracinements peuvent être vécus lorsqu’on est enfant.
Un livre à mettre entre toutes les mains, des petits et des plus grands !

 

Et en juillet, on lit quoi ?

Pour le début de l’été et à l’occasion du Festival d’Avignon, nous vous proposons de lire des pièces de théâtre au cours du mois de juillet. Sélection non exhaustive :

À bientôt pour de nouvelles læctures !